L'Irak à Londres
Le pire des scénarios s'est avéré: les auteurs des attentats de Londres étaient des kamikazes nés en Grande-Bretagne, éduqués dans ce pays, fanatisés et manipulés par des personnes étrangères. Qui plus est, le lien avec l'Irak est de plus en plus évident.
Le Royaume-Uni est à la fois saisi et inquiet. L'Europe l'est tout autant. En effet, c'est la première fois dans l'histoire récente du continent que certains de ses ressortissants acceptent de se suicider tout en prenant soin de laisser sur le lieu du carnage qu'ils ont provoqué un indice particulier. Lequel? Leurs cartes d'identité. Pour les experts en terrorisme islamiste, il ne fait aucun doute qu'en agissant ainsi, les auteurs de ces attentats et leurs commanditaires ont voulu communiquer le message suivant: d'autres nationaux sont prêts à nous imiter.
Ainsi se confirment les appréhensions détaillées dans un rapport confidentiel remis aux plus hautes autorités britanniques il y a un an. Dans ce document intitulé Relations with the Muslim Community, qui accorde une place prépondérante, en nombre de pages, aux jeunes musulmans, on précisait que le réseau al-Qaïda poursuivait une campagne active de recrutement de candidats au suicide. Les signataires de cette étude allaient jusqu'à affirmer qu'au moins 3000 détenteurs de la citoyenneté anglaise, pouvant donc circuler en toute tranquillité dans les 25 pays membres de l'Union européenne, étaient allés s'entraîner dans les camps de Ben Laden. On avançait même que le nombre de terroristes potentiels vivant à Londres, Leeds, Manchester ou Liverpool avoisinait les 16 000.
On soutenait également, voire surtout, que l'intervention militaire en Irak était le sergent recruteur par excellence de candidats au djihad. À ce propos, il faut rappeler et souligner que dans un mémo rédigé par le Joint Intelligence Committee, on prévenait le 10 Downing Street que le déclenchement de la guerre se traduirait inévitablement par une augmentation prononcée de la menace terroriste et non par sa réduction.
À la lumière des événements survenus la semaine dernière, on constate que les craintes formulées il y a trois ans par les partisans de la guerre au terrorisme mais adversaires de l'offensive en Irak sont devenues — hélas! — des réalités. Brent Scowcroft avait été le premier à tirer la sonnette d'alarme; James Baker y a donné suite avant que le duo Chirac-Villepin n'y fasse écho. La thèse de Scowcroft? Le gouvernement américain doit concentrer forces et énergies dans le combat contre le terrorisme; toute guerre à l'Irak se solderait par une désastreuse confusion des objectifs en plus de convaincre des milliers de musulmans à rejoindre al-Qaïda et autres.
Faut-il rappeler que Scowcroft n'était ni un illuminé ni un gauchiste mais bien ce général américain qui fut le patron du Conseil national de sécurité sous l'administration de Bush père? Faut-il rappeler que Baker est cet Américain qui fut le secrétaire d'État de la même administration? Les partisans de l'intervention en Irak, qui, au fond, se sont faits les militants du choc des civilisations, devraient méditer là-dessus. Peut-être qu'après coup, ils comprendront le principe de réalité et abandonneront dans le caniveau les thèses farfelues de Robert Kagan, William Kristol et consorts. Car...
Car les explosifs utilisés pour saigner des civils britanniques étaient... militaires! Après analyse, les policiers ont découvert que les bombes choisies avaient été préparées par des spécialistes ayant acquis leur savoir-faire dans l'armée. Plusieurs avancent même l'hypothèse que le matériel transporté dans les sacs à dos des kamikazes provenait de... l'Irak, ce pays où, comme chacun sait, fleurit la démocratie.
Le bizarre, si on ose dire, se conjuguant au pluriel dans cette histoire, on mentionnera que dans un article du quotidien Le Monde publié une semaine avant le carnage, il était indiqué que les juges antiterroristes ainsi que les policiers avaient décidé de hausser la cote d'alerte parce qu'ils avaient la quasi-certitude qu'un attentat aurait lieu sur le territoire de l'Union. Pas seulement la France, mais bien l'Union. Pendant ce temps, le gouvernement britannique abaissait la cote en question au niveau le plus bas depuis le 11 septembre 2001. Le moins que l'on puisse dire, c'est que quelqu'un au royaume de sa majesté est un irresponsable.
Mais c'est vrai: on avait oublié que la démocratie était en train de fleurir partout. Du Proche au Moyen-Orient. Bref, que l'avenir s'annonce radieux. Lamentable!
Le Royaume-Uni est à la fois saisi et inquiet. L'Europe l'est tout autant. En effet, c'est la première fois dans l'histoire récente du continent que certains de ses ressortissants acceptent de se suicider tout en prenant soin de laisser sur le lieu du carnage qu'ils ont provoqué un indice particulier. Lequel? Leurs cartes d'identité. Pour les experts en terrorisme islamiste, il ne fait aucun doute qu'en agissant ainsi, les auteurs de ces attentats et leurs commanditaires ont voulu communiquer le message suivant: d'autres nationaux sont prêts à nous imiter.
Ainsi se confirment les appréhensions détaillées dans un rapport confidentiel remis aux plus hautes autorités britanniques il y a un an. Dans ce document intitulé Relations with the Muslim Community, qui accorde une place prépondérante, en nombre de pages, aux jeunes musulmans, on précisait que le réseau al-Qaïda poursuivait une campagne active de recrutement de candidats au suicide. Les signataires de cette étude allaient jusqu'à affirmer qu'au moins 3000 détenteurs de la citoyenneté anglaise, pouvant donc circuler en toute tranquillité dans les 25 pays membres de l'Union européenne, étaient allés s'entraîner dans les camps de Ben Laden. On avançait même que le nombre de terroristes potentiels vivant à Londres, Leeds, Manchester ou Liverpool avoisinait les 16 000.
On soutenait également, voire surtout, que l'intervention militaire en Irak était le sergent recruteur par excellence de candidats au djihad. À ce propos, il faut rappeler et souligner que dans un mémo rédigé par le Joint Intelligence Committee, on prévenait le 10 Downing Street que le déclenchement de la guerre se traduirait inévitablement par une augmentation prononcée de la menace terroriste et non par sa réduction.
À la lumière des événements survenus la semaine dernière, on constate que les craintes formulées il y a trois ans par les partisans de la guerre au terrorisme mais adversaires de l'offensive en Irak sont devenues — hélas! — des réalités. Brent Scowcroft avait été le premier à tirer la sonnette d'alarme; James Baker y a donné suite avant que le duo Chirac-Villepin n'y fasse écho. La thèse de Scowcroft? Le gouvernement américain doit concentrer forces et énergies dans le combat contre le terrorisme; toute guerre à l'Irak se solderait par une désastreuse confusion des objectifs en plus de convaincre des milliers de musulmans à rejoindre al-Qaïda et autres.
Faut-il rappeler que Scowcroft n'était ni un illuminé ni un gauchiste mais bien ce général américain qui fut le patron du Conseil national de sécurité sous l'administration de Bush père? Faut-il rappeler que Baker est cet Américain qui fut le secrétaire d'État de la même administration? Les partisans de l'intervention en Irak, qui, au fond, se sont faits les militants du choc des civilisations, devraient méditer là-dessus. Peut-être qu'après coup, ils comprendront le principe de réalité et abandonneront dans le caniveau les thèses farfelues de Robert Kagan, William Kristol et consorts. Car...
Car les explosifs utilisés pour saigner des civils britanniques étaient... militaires! Après analyse, les policiers ont découvert que les bombes choisies avaient été préparées par des spécialistes ayant acquis leur savoir-faire dans l'armée. Plusieurs avancent même l'hypothèse que le matériel transporté dans les sacs à dos des kamikazes provenait de... l'Irak, ce pays où, comme chacun sait, fleurit la démocratie.
Le bizarre, si on ose dire, se conjuguant au pluriel dans cette histoire, on mentionnera que dans un article du quotidien Le Monde publié une semaine avant le carnage, il était indiqué que les juges antiterroristes ainsi que les policiers avaient décidé de hausser la cote d'alerte parce qu'ils avaient la quasi-certitude qu'un attentat aurait lieu sur le territoire de l'Union. Pas seulement la France, mais bien l'Union. Pendant ce temps, le gouvernement britannique abaissait la cote en question au niveau le plus bas depuis le 11 septembre 2001. Le moins que l'on puisse dire, c'est que quelqu'un au royaume de sa majesté est un irresponsable.
Mais c'est vrai: on avait oublié que la démocratie était en train de fleurir partout. Du Proche au Moyen-Orient. Bref, que l'avenir s'annonce radieux. Lamentable!
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