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Les kamikazes britanniques auraient reçu une formation de la part d'un responsable islamiste - La police recherche le cerveau des attentats

N/A ZZZN/A , N/A ZZZN/A   14 juillet 2005  Europe
La police britannique recherchait hier les complices et commanditaires éventuels des quatre kamikazes présumés d'origine pakistanaise, nés et élevés en Grande-Bretagne, qui se seraient fait exploser jeudi dernier dans les transports en commun londoniens, provoquant la mort d'au moins 52 personnes.

Selon des experts en sécurité, ces jeunes gens âgés de 19 à 30 ans ont certainement reçu une formation de la part d'un responsable islamiste. Ces avis laissent penser qu'un spécialiste de la confection de bombes pourrait être en fuite et que d'autres kamikazes prêts à passer à l'acte se trouveraient encore en Grande-Bretagne.

La BBC a annoncé en après-midi que la police britannique recherchait un cinquième suspect dans le cadre de son enquête.

Selon le Times, la police pense avoir identifié le chef des kamikazes. L'homme, un Britannique d'origine pakistanaise, tout comme les autres suspects, serait arrivé dans un port britannique il y a un mois et aurait quitté le pays à la veille des attaques.

Les enquêteurs, toujours selon le Times, étaient hier soir sur la trace d'autres membres possibles de la cellule. Le premier aurait été repéré par la vidéosurveillance de la gare de Luton, où les présumés terroristes se sont retrouvés le 7 juillet au matin, avant les attentats. Les forces de l'ordre craignent que cet homme puisse être un cinquième poseur de bombe toujours en liberté. Deux autres personnes seraient recherchées pour avoir apporté leur soutien logistique à ceux qui transportaient les bombes.

Scotland Yard souhaite enfin retrouver la trace d'un universitaire égyptien, maître de conférences en chimie à l'université de Leeds et dont l'appartement a été perquisitionné mardi dans cette ville. À en croire le quotidien, des explosifs ont été retrouvés dans son logement.

Présent à Bruxelles pour un sommet des ministres de l'Intérieur, le ministre français Nicolas Sarkozy a déclaré qu'une partie de l'équipe responsable des attentats avait été arrêtée au printemps 2004, une information immédiatement démentie par la délégation britannique.

Mais d'après la BBC, au moins deux des présumés kamikazes ont été arrêtés en 2004 et relâchés en échange d'une caution, l'un pour vol à l'étalage, l'autre pour conduite agitée.

Ajoutant aux questions qui se posent maintenant, le magazine allemand Focus a affirmé hier que les autorités britanniques ont abaissé le niveau de sécurité avant les attentats du 7 juillet à Londres en dépit de la réception d'une menace directe d'Oussama ben Laden, chef d'al-Qaïda. L'enregistrement, également envoyé aux services secrets français (DGSE) et à d'autres pays européens, a été authentifié mais n'a jamais été rendu public, précise le magazine.

La DGSE et le MI5 ont partagé leurs informations à propos de cette cassette en mai, assure Focus, mais les autorités britanniques auraient choisi d'abaisser d'un cran en juin son niveau d'alerte, jugeant que la menace n'était plus «sévère générale» — le troisième niveau après «imminent» et «sévère spécifique» — mais seulement «substantielle».

Effroi

La Grande-Bretagne a découvert avec effroi hier dans la presse que quatre jeunes gens, nés et élevés sur son sol, auraient pu commettre de tels attentats. Le Daily Mail a identifié trois des quatre suspects vivant dans le West Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre: Shehzad Tanweer, un diplômé en sciences du sport, âgé de 22 ans et passionné de football et de cricket, Mohammed Sadique Khan, un père de famille de 30 ans, et Hasib Mir Hussain, un jeune homme de 19 ans. Le quatrième poseur de bombe a également été identifié par la police britannique, selon la chaîne de télévision Sky News, qui précise que l'homme viendrait de la région de Leeds.

«C'étaient quatre jeunes Britanniques ordinaires qui habitaient des maisons britanniques ordinaires, qui aimaient le football et les filles [...]. Alors, comment ont-ils pu devenir des kamikazes assassins?», s'interrogeait le Daily Mirror.

Au Pakistan, un responsable des services de renseignement a déclaré que Londres avait demandé des informations sur deux des suspects, Shehzad Tanweer et Hasib Mir Hussain.

Le Conseil musulman de Grande-Bretagne s'est déclaré choqué que des personnes se réclamant de l'islam puissent être à l'origine de ces attaques. «Rien dans l'islam ne pourra jamais justifier les actions infâmes des kamikazes», a déclaré son secrétaire général dans un communiqué.

Tony Blair a annoncé devant la Chambre des communes que la Grande-Bretagne allait «examiner de façon urgente le renforcement des procédures visant à empêcher l'entrée [au pays] de personnes susceptibles d'incitation à la haine ou d'actes contraires au bien public» et à faciliter «leur expulsion».

Le premier ministre a ajouté que les autorités allaient ouvrir un dialogue avec la communauté musulmane britannique et rechercher le soutien d'autres pays, musulmans ou non, dans la lutte contre les causes profondes du terrorisme.

«Des mesures de sécurité seules ne suffiront pas pour nous attaquer au problème», a souligné Blair.






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