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    Controverse en Allemagne après un tweet anti-réfugiés

    2 janvier 2018 10h14 |Agence France-Presse | Europe
    La responsable du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) Beatrix von Storch
    Photo: John Macdougall Agence France-Presse La responsable du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) Beatrix von Storch

    Berlin — Une polémique a éclaté mardi en Allemagne après le retrait forcé des réseaux sociaux, en vertu d’une nouvelle loi, d’un message anti-réfugiés de l’extrême droite à l’occasion du Nouvel An.

     

    Un porte-parole de la police de Cologne, visée par le message et qui a porté plainte, a estimé que l’auteur du tweet, la responsable du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) Beatrix von Storch, s’était potentiellement rendue coupable d’« incitation à la haine ».

     

    Le parquet de la ville a indiqué en parallèle avoir été saisi de plusieurs centaines d’autres plaintes sur le même sujet provenant de particuliers.

     

    Dans un message diffusé sur ses comptes Twitter et Facebook après le Nouvel An, la députée avait dénoncé le fait que la police de Cologne ait publié ses messages de prudence et d’information à la population locale également en arabe.

     

    « Que diable se passe-t-il dans ce pays ? Pourquoi la police publie-t-elle désormais ses messages officiels en arabe ? », s’est emportée Beatrix von Storch.

     

    « S’adresse-t-elle par ce biais aux hordes d’hommes barbares, musulmans et violeurs pour chercher à les amadouer ? », a-t-elle ajouté. Une référence explicite aux agressions sexuelles dont avaient été victimes de nombreuses femmes à Cologne lors du Réveillon de la Saint-Sylvestre 2016 de la part de jeunes migrants, une affaire qui avait scandalisé le pays.

     

    Tant Twitter que Facebook ont retiré le message des comptes de l’élue AfD, en vertu d’une nouvelle législation en Allemagne visant à sanctionner plus durement les prises de position considérées comme incitant à la haine sur les réseaux sociaux.

     

    Entrée en vigueur au 1er janvier, cette loi oblige les plateformes comme Facebook, Twitter ou YouTube à supprimer le plus souvent dans un délai de 24 heures les messages au contenu pénalement punissables, sous peine de fortes amendes.

     

    Le co-président de l’AfD, Alexander Gauland, a dénoncé une législation « liberticide ». « Ces méthodes dignes de la Stasi me rappellent la RDA », a-t-il dit mardi, en référence à l’ancienne police politique du régime communiste.

     

    L’AfD a enchaîné les succès électoraux en Allemagne depuis l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015, en provenance notamment de Syrie.

     

    Par ailleurs, l’Ordre des médecins en Allemagne a rejeté mardi des appels de plusieurs responsables politiques visant à introduire des examens médicaux obligatoires pour les jeunes demandeurs d’asile afin de vérifier leur âge, en cas de doute, et éviter les fraudes.

     

    « Si l’on pratiquait cela sur chaque réfugié cela constituerait une atteinte à la dignité humaine », a réagi le président de l’Ordre, dans le quotidien Süddeutsche Zeitung. « Des radios sans ordonnance médicale constituent une atteinte à l’intégrité physique des personnes », a-t-il ajouté.

     

    Le débat a été lancé suite au décès la semaine dernière d’une adolescente de 15 ans, mortellement poignardée par un réfugié afghan du même âge dans une droguerie à Kandel en Rhénanie-Palatinat, dans le sud-ouest du pays.

     

    L’auteur des faits était son ancien petit ami selon les médias allemands. Et le père de la victime a estimé que son âge était nettement plus élevé que celui figurant sur son état civil. Le droit d’asile offre une protection plus aisée pour les mineurs.

     

    Plusieurs responsables politiques, en particulier de la famille politique de la chancelière Angela Merkel, ont réclamé dans la foulée l’introduction de tels tests « pour tous les réfugiés qui arrivent » et dont l’âge revendiqué suscite des doutes.













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