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    En Allemagne, Merkel et les sociaux-démocrates se rapprochent peu à peu

    27 novembre 2017 15h19 | Damien Stroka - Agence France-Presse à Berlin | Europe
    Le chef du parti social-démocrate (SPD) allemand, Martin Schulz, en conférence de presse lundi
    Photo: Tobias Schwarz Agence France-Presse Le chef du parti social-démocrate (SPD) allemand, Martin Schulz, en conférence de presse lundi

    Le camp conservateur d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates se dirigent lentement mais sûrement vers des pourparlers « sérieux » en vue de former un gouvernement pour sortir l’Allemagne de la crise et répondre à l’impatience grandissante du reste de l’Europe.

     

    « Nous sommes prêts à engager des discussions avec le SPD », a déclaré lundi la chancelière allemande après avoir obtenu le feu vert officiel de son parti démocrate-chrétien CDU en vue de proposer des pourparlers au parti social-démocrate (SPD). Elle a déjà gouverné à deux reprises avec lui (2005-2009, puis 2013-2017).

     

    Après l’échec de ses négociations avec les libéraux du FDP et les écologistes, cette alliance est la seule qu’il lui reste pour former une majorité à la chambre des députés issue des législatives du 24 septembre. Celles-ci n’ont pas permis de dégager une majorité claire.

     

    À l’issue d’une réunion de la direction de son parti, Mme Merkel a promis des pourparlers « sérieux » et « loyaux » qui doivent tendre au « succès ».

     
    Si le président [social-démocrate Frank-Walter Steinmeier] nous prie jeudi de mener des négociations, alors je crois que je dirai oui.
    Le chef du parti social-démocrate (SPD) allemand, Martin Schulz
     

    « Il y a maintenant une proposition de pourparlers » sur la table, a-t-elle ajouté. Elle doit rencontrer jeudi pour la première fois sur ce sujet le chef du SPD, Martin Schulz, dans le bureau du président Frank-Walter Steinmeier, qui joue le rôle de médiateur.

     

    Le SPD se fait forcer la main

     

    Martin Schulz a pendant longtemps refusé toute idée d’une poursuite de l’alliance avec les conservateurs au gouvernement et opté pour une cure d’opposition de son mouvement à la suite d’une cuisante défaite aux élections de septembre.

     

    Mais face à la crise politique inédite que traverse le pays, il a dû céder sous la pression de plusieurs responsables de son mouvement et surtout du chef de l’État, lui-même social-démocrate.

     

    « Si le président nous prie jeudi de mener des négociations, alors je crois que je dirai oui », a indiqué lundi M. Schulz lors d’une conférence de presse.

     

    « Les événements des dernières semaines nous ont tous surpris », a ajouté M. Schulz pour expliquer sa volte-face, qui le fragilise avant un congrès de son parti la semaine prochaine.

     

    Le contexte européen et les inquiétudes que font naître le vide politique en Allemagne jouent un rôle d’aiguillon dans le pays.

     

    « Il y a en Europe de grandes attentes à des questions urgentes », a argumenté Angela Merkel pour justifier la nécessité d’avancer vers un gouvernement « stable ».

     

    Les Européens attendent que Berlin « se positionne » sur les propositions du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ou du chef de l’État français, Emmanuel Macron, sur la relance du projet européen, a-t-elle dit.

     

    M. Macron a en particulier proposé des réformes de la zone euro, avec la création d’un ministre des Finances et d’un budget, idées très controversées en Allemagne. Si les conservateurs d’Angela Merkel sont sceptiques sur un budget, les sociaux-démocrates y sont eux favorables.

     

    La situation en Allemagne inquiète le reste de l'Europe

     

    L’UE s’inquiète de manière générale d’un blocage de la vie politique allemande à l’heure où elle a déjà fort à faire avec les négociations compliquées du Brexit.

     

    « Il est bon, je crois, que l’Allemagne soit en capacité d’agir », a ajouté Mme Merkel.

     

    « Il est clair qu’actuellement, toute l’Europe regarde vers l’Allemagne », lui a fait écho Martin Schulz. Il a confié avoir même reçu un SMS du premier ministre grec Alexis Tsipras, toujours aux prises avec la crise de la dette, l’exhortant au compromis avec Mme Merkel.

     

    Reste que l’Allemagne et ses partenaires vont devoir s’armer de patience : selon la vice-présidente de la CDU Julia Klöckner, les pourparlers sur un possible gouvernement, si une décision est prise en ce sens, ne devraient débuter que « début 2018 ».

     

    Et l’affaire du glyphosate est venue compliquer lundi la donne. L’Union européenne a autorisé pour cinq ans de plus cet herbicide controversé, grâce notamment à un vote favorable du représentant allemand, le ministre conservateur de l’Agriculture Christian Schmidt.

     

    Sa collègue ministre de l’Environnement, Barbara Hendricks, une sociale-démocrate opposée à ce produit, l’a aussitôt accusé d’avoir « rompu » un accord entre eux prévoyant que l’Allemagne s’abstienne lors du vote.













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