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    Manifestations contre l’incarcération de deux dirigeants indépendantistes catalans

    18 octobre 2017 | Europe
    Jacques Klopp - Agence France-Presse respectivement à Madrid et à Barcelone
    Marianne Barriaux - Agence France-Presse
    Des manifestations brandissent des pancartes en faveur de la «liberté» lors d'un rassemblement éclairé à la chandelle, mardi soir, à Barcelone.
    Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Des manifestations brandissent des pancartes en faveur de la «liberté» lors d'un rassemblement éclairé à la chandelle, mardi soir, à Barcelone.

    Barcelone et Madrid — Des milliers de Catalans sont descendus dans la rue mardi pour protester contre la mise en détention de deux importants responsables indépendantistes inculpés de sédition, alors que la crise entre Madrid et les séparatistes est de plus en plus aiguë.

     

    En début de soirée, des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées sur l’une des plus grandes intersections de la ville armées de bougies et criant « Llibertat, Llibertat, Llibertat ». Elles étaient 200 000 selon la police municipale.

     

    « Les corrompus sont toujours libres et des personnes qui organisent des manifestations civilisées, pacifiques, on les met en prison », s’indignait Maria Miracle, une manifestante de 77 ans. « Ils veulent nous effrayer pour que l’on arrête de penser à l’indépendance, mais ils obtiennent tout le contraire », disait aussi Elias Houariz, un pâtissier de 22 ans.

     

    À midi, des milliers d’employés avaient déjà quitté sous un ciel bleu leur poste de travail pour observer quelques minutes de silence et réclamer « la libération des prisonniers politiques ». Le président séparatiste catalan Carles Puigdemont et la maire de Barcelone Ada Colau ont fait de même.

     

    Ces manifestations surviennent alors que le délai accordé par Madrid à Carles Puigdemont pour qu’il renonce officiellement à ses desseins séparatistes s’épuise : il a jusqu’à jeudi à 10 h (8 h GMT). S’il ne recule pas, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy pourrait suspendre totalement ou partiellement l’autonomie de la Catalogne, au risque d’agiter encore la rue.

     

    Les deux responsables indépendantistes incarcérés lundi soir sont Jordi Cuixart et Jordi Sanchez. Ils dirigent les deux principales associations indépendantistes de Catalogne, Omnium Cultural et l’Assemblée nationale catalane (ANC), à l’énorme capacité de mobilisation.

     

    Toujours sur le front judiciaire, la Cour constitutionnelle espagnole a définitivement annulé, a posteriori, la loi catalane organisant le référendum. Dans son arrêt, elle souligne qu’il n’existe pas un « droit à l’autodétermination » pour les « peuples d’Espagne ». Carles Puigdemont laisse toujours planer la possibilité d’une déclaration unilatérale d’indépendance, alors que M. Rajoy refuse tout dialogue tant que les séparatistes ne lèveront pas cette menace.

     

    Les événements secouent même la planète foot. Mardi, un important appel d’offres sur les droits de télédiffusion du Championnat d’Espagne à l’international a été différé d’environ deux semaines en raison de l’inquiétude suscitée par une possible exclusion du FC Barcelone en cas de déclaration d’indépendance.













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