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    Après Barcelone, au tour de Madrid

    10 octobre 2017 22h42 | Daniel Bosque - Agence France-Presse à Madrid | Europe
    Un homme marche avec son drapeau aux couleurs de l'indépendance catalane dans les rues de Barcelone, mardi.
    Photo: Pau Barrena Agence France-Presse Un homme marche avec son drapeau aux couleurs de l'indépendance catalane dans les rues de Barcelone, mardi.

    Le gouvernement espagnol se réunit en urgence mercredi pour décider d’une réponse à la signature par les dirigeants indépendantistes en Catalogne d’une très redoutée déclaration d’indépendance unilatérale, signée mais « suspendue » dans l’attente d’un dialogue avec Madrid.

     

    Le Conseil des ministres, présidé par le conservateur Mariano Rajoy et prévu à 9 h (heure locale), décidera quelles mesures prendre au lendemain d’une séance parlementaire confuse au parlement catalan.

     

    Face aux pressions de toutes parts, y compris européennes, le président séparatiste de la région, Carles Puigdemont, a promis de transformer la Catalogne en « République » indépendante, tout en défendant une suspension du processus pour trouver une « solution négociée » avec Madrid.

     

    Il a estimé que sa région vivait un « moment historique », s’appuyant sur la victoire du « Oui » à l’indépendance à 90,19 % des voix, lors du référendum d’autodétermination — interdit et contesté — du 1er octobre.

     

    Ce scrutin, invérifiable faute de commission électorale, a ouvert la crise politique la plus grave en Espagne depuis son retour à la démocratie en 1977, divisant aussi profondément les habitants cette région riche où vivent 16 % des Espagnols.

     

    En vertu des résultats, M. Puigdemont a estimé que la Catalogne devait désormais « devenir un État indépendant sous forme de République ».

     

    Les applaudissements ont fusé dans son camp, tandis qu’à l’extérieur, des indépendantistes venus écouter le discours sur un écran géant s’étreignaient.

     

    Mais, quelques minutes plus tard, il a proposé au Parlement de suspendre « les effets de la déclaration d’indépendance […] afin d’entamer un dialogue, sans lequel il est impossible de parvenir à une solution négociée ».

     

    Une nouvelle douche froide a suivi pour ceux qui espéraient l’apaisement : l’annonce de la signature, en dehors de l’hémicycle, d’une « déclaration d’indépendance » par tous les élus indépendantistes, majoritaires.

     

    « Nous constituons la République catalane comme État indépendant et souverain, de droit, démocratique et social », lit-on dans ce texte.

     

    « Mais le président la suspend en appelant au dialogue », a tenu à compléter un porte-parole du gouvernement catalan, interrogé par l’AFP.

     

    Le débat se poursuit

     

    « C’est le discours de quelqu’un qui ne sait pas où il est, ni où il va, ni où il veut aller », a tranché en fin de soirée la vice-présidente du gouvernement conservateur, Soraya Saenz de Santamaria, indignée, avant d’annoncer un Conseil des ministres extraordinaire. M. Rajoy devrait ensuite s’exprimer devant le Congrès.

     

    Dans son édition de mercredi, le quotidien El Pais, le plus lu du pays, évoque un « piège », estimant que l’exécutif catalan ne cherche à négocier rien d’autre que l’indépendance et a prévu dans l’intervalle de « déstabiliser économiquement et politiquement » l’Espagne.

     

    C’est une « farce », titre le conservateur El Mundo, tandis que le quotidien catalan La Vanguardia préfère insister sur une tentative « d’apaiser la tension ».

     

    La maire de Barcelone, Ada Colau, a elle salué sur twitter l’opportunité laissée au « dialogue et [à] la médiation », estimant que « la balle est désormais dans le camp de M. Rajoy ».

     

    « Nous tentons de décoder », avouait de son côté à l’AFP Pablo Simon, un professeur de sciences politiques. Mais la solution négociée s’annonce difficile.

     

    Une « déclaration implicite d’indépendance [...] n’est pas admissible », a d’ailleurs déclaré dans une première réaction le gouvernement conservateur espagnol.

     

    Mariano Rajoy avait laissé entendre qu’en cas de déclaration d’indépendance, quelle qu’elle soit, immédiate ou différée, il pourrait suspendre l’autonomie de la région, une mesure sans précédent depuis 1934.

     

    Elle choquerait d’autant plus que c’est justement autour du débat sur les compétences de la Catalogne, meurtrie de l’annulation en 2010 par la justice d’un statut lui conférant de très larges pouvoirs, que s’est nouée la crise.













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