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    Catalogne

    «Nous voterons! Nous n’avons pas peur!»

    Frondeur, le camp du «oui» ouvre sa campagne

    15 septembre 2017 | Europe
    Daniel Bosque - Agence France-Presse à Barcelone
    Laurence Boutreux - Agence France-Presse
    La foule était fébrile au lancement de la campagne, à la Tarraco Arena, à Tarragone.
    Photo: Josep Lago Agence France-Presse La foule était fébrile au lancement de la campagne, à la Tarraco Arena, à Tarragone.

    Les séparatistes catalans ont lancé jeudi soir la campagne pour le « oui » à l’indépendance au référendum du 1er octobre en organisant un grand rassemblement jugé « illégal » par les autorités, qui intensifient la pression en vue d’empêcher le déroulement de ce scrutin.

     

    « Nous voterons ! », « Nous n’avons pas peur, nous n’avons pas peur ! », criait la foule de plusieurs milliers de personnes (8000 selon les organisateurs) rassemblée dans les anciennes arènes de la ville de Tarragone, a une centaine de kilomètres au sud-ouest de Barcelone.

     

    Les dirigeants séparatistes, dont Carles Puigdemont, le président régional, se sont ensuite succédé sur la scène pour donner le feu vert à cette campagne atypique, marquée par les menaces judiciaires.

     

    « Bien sûr que nous voterons », a dit Carles Puigdemont après avoir fait part de son « immense émotion ». « Ici, nous sommes des démocrates […]. Dites à tout le monde de ne pas avoir de doutes le 1er octobre, qu’ils votent pour sortir de l’obscurité qui dure depuis trop d’années ! »

     

    Avant le rassemblement, qui a débuté vers 20 h 30, les organisateurs avaient été « prévenus qu’ils étaient dans l’illégalité ». Mais ils l’ont ouvert en ironisant sur le sujet et en se moquant de la police. « Dis donc, tu as déjà participé à un acte illégal toi ? » demandait en pouffant un des présentateurs à un autre.

     

    Les indépendantistes, majoritaires au parlement régional depuis 2015, se donnent deux semaines pour convaincre les Catalans de participer à ce référendum interdit par la Cour constitutionnelle. Ils n’ont pas officiellement fixé de seuil minimum de participation et s’ils l’emportent, ils assurent qu’ils proclameront dans la foulée l’indépendance de la Catalogne, région concentrant 16 % de la population espagnole.

     

    Au début de l’été, un sondage commandé par le gouvernement régional indiquait que 49,4 % des Catalans étaient contre la sécession et 41,06 % pour. Mais plus de 70 % des Catalans aimeraient pouvoir se prononcer par référendum sur leur avenir, pour trancher ce débat qui divise jusque dans les familles.

     

    Rajoy à Barcelone

     

    Les partis opposés à ce référendum appellent cependant leurs sympathisants à ne pas y prendre part, même si, mécaniquement, cela entraînera une victoire du « oui ».

     

    « Ce n’est pas un véritable scrutin, seuls les partisans de l’indépendance vont voter, ils vont gagner et qui sait ce qu’il adviendra ensuite », se lamentait, près des arènes, Josep Enric Sabate, un entrepreneur de 44 ans habitant Tarragone, où les opposants à l’indépendance sont majoritaires.

     

    Le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, se rendra à Barcelone vendredi et a appelé les Catalans à désobéir si on leur demandait d’être assesseurs pour ce vote, « car c’est un acte absolument illégal ».

     

    Depuis la convocation le 6 septembre de ce référendum, le gouvernement et la justice agissent sur tous les fronts pour empêcher le déroulement du scrutin. Le parquet a notamment requis des poursuites contre la commission électorale, composée de séparatistes, qui tente d’organiser le référendum.

     

    Les autorités ont fermé un site Internet géré par l’exécutif catalan faisant la publicité du référendum et interdisent toute publicité sur le scrutin.

     

    Jeudi soir, la télévision régionale n’a pas diffusé en direct l’événement marquant le lancement de la campagne contrairement à ce qu’elle fait habituellement. Auparavant, le procureur général avait ordonné la saisie du matériel électoral.

     

    Mais ces menaces semblent aussi galvaniser le camp du « oui ». 712 des 948 maires catalans veulent participer à l’organisation de la consultation en mettant des locaux à disposition, selon l’Association des municipalités pour l’indépendance (AMI).

     

    Ada Colay, militante de gauche et maire de Barcelone, qui compte 1,6 million d’habitants, est toutefois restée ambiguë. La maire n’a pas directement mis à disposition de locaux mais a affirmé jeudi après-midi sur Twitter que « Barcelone pourra participer le 1er octobresans mettre en danger ses fonctionnaires et ses institutions ».













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