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    La réforme du travail de Macron fait face à une «forte mobilisation» de la rue

    12 septembre 2017 19h06 | Bertille Ossey-Woisard - Agence France-Presse à Paris | Europe
    Un homme nu a joué de la guitare lors du défilé parisien, mardi, qui a ailleurs été stoppé à plusieurs reprises par des heurts.
    Photo: Christophe Archambault Agence France-Presse Un homme nu a joué de la guitare lors du défilé parisien, mardi, qui a ailleurs été stoppé à plusieurs reprises par des heurts.

    Plus de 220 000 Français, selon le gouvernement, 400 000 selon un syndicat, sont descendus dans la rue mardi, dans toute la France, contre l’assouplissement du Code du travail, réforme emblématique du président Emmanuel Macron qui reste déterminé à appliquer cette promesse de campagne.

     

    Les manifestants étaient 223 000, selon le ministère de l’Intérieur, « plus de 400 000 » dans toute la France, selon Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, syndicat coorganisateur.

     

    « Pour une première, c’est une bonne première », a réagi M. Martinez, se félicitant d’une « très forte » mobilisation.

     

    Reconnaissant une « mobilisation d’un certain niveau », le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a dit « entendre les craintes » et devoir « y apporter des réponses ».

     

    Cette participation est à la hauteur de la première manifestation contre la Loi travail de l’ancien gouvernement socialiste, qui avait réuni, le 9 mars 2016, 450 000 personnes selon la CGT (224 000 selon les autorités).

     

    Le cortège parisien a réuni 60 000 personnes, selon le syndicat, tandis que la police évaluait le nombre des manifestants à 24 000.

    Une «attaque» aux salariés

    « Je suis venue aujourd’hui parce que c’est une attaque sur le Code du travail comme on n’a jamais vu historiquement, jamais vu », enrageait Evelyne Deurilla-Feer, participant au cortège parisien. « Le Code du travail c’est pour protéger les salariés… et qu’est-ce qu’il a fait, Macron ? », se demandait-elle, déguisée en boîte géante de mouchoirs à jeter Kleenex sur laquelle était écrit : « SALARIEX : utilisez, jetez ».

     

    Le défilé parisien a été stoppé à plusieurs reprises par des heurts, et les forces de l’ordre ont répliqué à des jets de projectiles en faisant usage de gaz lacrymogènes et d’un canon à eau. Quelques échauffourées ont également eu lieu à Nantes (ouest).

     

    Sur les pancartes, le président Emmanuel Macron était ciblé pour ses propos dans lesquels il promettait de ne céder « ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ». « Les fainéants sont en marche », pouvait-on lire, ou « Macron, t’es foutu, les fainéants sont dans la rue ».

     

    À Marseille, la préfecture a compté 7500 manifestants, les organisateurs 60 000. Dans le cortège, le leader de La France Insoumise (gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon, a promis de « faire reculer » le président de la République, car « ce pays ne veut pas du monde libéral ».

     

    Un front syndical désuni

     

    La CGT a déjà appelé à une autre mobilisation, le 21 septembre, à la veille de la présentation du projet en Conseil des ministres et deux jours avant celle de La France Insoumise.

     

    Mais le front, en particulier syndical, est désuni. Tandis que la CGT est vent debout contre la loi, les deux autres principaux syndicats, FO et la CFDT, bien que critiques, n’ont pas appelé à manifester.

     

    Cette division interroge sur l’ampleur de la mobilisation contre un président qui a certes chuté dans les sondages, mais fait face à une opposition éparpillée.

     

    Emmanuel Macron, qui était mardi en déplacement dans l’île caribéenne de Saint-Martin frappée la semaine dernière par l’ouragan Irma, a averti qu’il « serait d’une détermination absolue ».

     

    Un premier chantier

     

    Premier gros chantier social du quinquennat Macron, la réforme, inscrite dans son programme électoral, prévoit un plafonnement des indemnités en cas de contentieux, la réduction des délais de recours des salariés ou encore la possibilité de négocier sans syndicat en dessous de 50 salariés, alors que les petites et moyennes entreprises représentent près de la moitié des salariés en France.

     

    L’objectif affiché par le président Macron est de donner plus de flexibilité aux entreprises et de les encourager à embaucher alors que le chômage reste massif. Il touche 9,5 % de la population active, contre une moyenne de 7,8 % en Europe.

     

    Il s’agit également aussi de regagner la confiance de l’Allemagne, qui réclame depuis longtemps des réformes structurelles à Paris.

     

    L’enjeu est d’autant plus important pour M. Macron que l’exécutif envisage d’autres réformes sociales importantes dans les mois à venir : assurance chômage, apprentissage, formation professionnelle et retraites.

     

    Peu avant les manifestations, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a estimé que le pays était « mûr pour inventer une flexisécurité à la française ». « Nous tiendrons », a quant à lui promis le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.













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