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    Au tour de l’Espagne d’être frappée par le terrorisme

    Deux attentats en Catalogne revendiqués par le groupe EI font au moins 14 morts et une centaine de blessés

    18 août 2017 | Europe
    Isabelle Paré - Avec l’Agence France-Presse
    Sarah R. Champagne
    Policiers, ambulanciers et simples passants se sont empressés de porter secours aux victimes après l’attaque au véhicule-bélier.
    Photo: Oriol Duran Associated Press Policiers, ambulanciers et simples passants se sont empressés de porter secours aux victimes après l’attaque au véhicule-bélier.

    Après Paris, Nice, Londres, Berlin et Manchester, c’était au tour de Barcelone d’être la cible d’attaques terroristes.

     

    Une fourgonnette-bélier a fauché à mort 14 piétons et blessé plus de cent autres personnes dans sa course folle sur la Rambla de la métropole espagnole.

     

    Au beau milieu de la nuit et moins d’une dizaine d’heures après la première attaque, Cambrils vivait aussi l’horreur. Six civils et un policier ont été blessés quand une voiture a foncé sur une promenade de cette station balnéaire située à 120 kilomètres au sud de Barcelone.

     

    La police catalane a rapidement annoncé avoir abattu « quatre terroristes présumés » et blessé un cinquième à Cambrils. Ce cinquième terroriste est mort de ses blessures peu avant 4 h, heure locale, a confirmé le Mossos d’Esquadra.

     

    Cette police de la communauté autonome de Catalogne indiquait aussi considérer l’hypothèse que les deux attaques soient liées.

     

    Le premier acte meurtrier est survenu dans la capitale catalane vers 17 h 15, heure de grande affluence sur la prestigieuse avenue devenue un épicentre touristique. En soirée, la police confirmait détenir deux hommes liés à l’attentat perpétré, mais rapportait que le conducteur du véhicule était toujours en fuite.

    Photo: Josep Lago Agence France-Presse Le véhicule ayant servi à commettre l’attentat a été remorqué par la police.
     

    À Cambrils, une voiture a renversé plusieurs personnes avant de se heurter à une patrouille policière. Une fusillade s’en serait suivie, a rapporté un porte-parole du gouvernement régional. Des démineurs étaient à l’oeuvre pour déterminer si les suspects portaient des ceintures d’explosif, la police ayant émis un avertissement « d’explosions contrôlées ».

     

    Un lourd bilan

     

    Le bilan des victimes de la première attaque à Barcelone n’a cessé de s’aggraver au cours de la journée de jeudi, s’alourdissant d’heure en heure. En soirée, on commençait déjà à mettre un visage sur les victimes de ce nouvel acte de violence extrême, notamment celui de touristes étrangers provenant d’au moins 18 pays et venus découvrir la ville la plus visitée d’Espagne.

     

    L’attaque de Barcelone est la pire à frapper l’Espagne depuis les attentats meurtriers de Madrid qui avait fait quelque 200 morts en 2004. Endeuillées, la Catalogne et l’Espagne sont à leur tour plongées dans le cauchemar vécu ces derniers mois par plusieurs capitales européennes.

     

    Au moment de mettre sous presse, les services médicaux barcelonais dénombraient au moins cent blessés reçus aux urgences des divers hôpitaux et cliniques de la métropole, dont 15 blessés graves, 23 moyens et 42 blessés légers. La Rambla ainsi que les principales voies d’accès à la Plaça de Catalunya et aux stations de métro menant à ce haut lieu touristique ont été évacuées par la police locale et interdites d’accès.

     

    Après avoir vertement dénoncé cet acte de barbarie, décrié par de nombreux chefs d’État en cours de journée, le gouvernement catalan a annoncé la tenue d’un deuil national de trois jours. Une minute de silence en mémoire des victimes sera tenue vendredi à midi sur la Plaça de Catalunya, a insisté la mairesse de Barcelone, Ada Colau.

     

    Le groupe armé État islamique a revendiqué la responsabilité de l’attentat, en affirmant que ses « soldats » l’avaient perpétré. Carles Puigdemont, le président de la Generalitat — le gouvernement catalan –, a confirmé en soirée que deux suspects liés à l’attentat, un arrêté à Ripoll et l’autre à Alcanar, étaient sous écrous.

     

    Quelques heures après l’attaque, la police régionale a indiqué que des agents avaient tué par balle un homme au volant d’une voiture ayant heurté deux policiers près d’un barrage routier, en périphérie de Barcelone. Cet incident n’aurait toutefois aucun lien avec l’attentat.

     

    L’un des deux hommes arrêtés, identifié comme le locateur de la fourgonnette, serait Driss Oukabir, citoyen d’origine marocaine détenant un statut de résident en Espagne. Ce résident de la ville catalane de Ripoll, âgé de 28 ans et né à Aghbala au Maroc, était déjà sous la surveillance des policiers. Une seconde fourgonnette louée, retracée à 60 km au nord de Barcelone, pourrait aussi être liée aux attaques perpétrées jeudi.

    Une quatrième personne a également été arrêtée vendredi matin.

     

    Une ville sous alerte maximale

     

    C’est en fin d’après-midi jeudi que la camionnette blanche a foncé à toute allure dans la vaste zone piétonne de La Rambla, sur des piétons traversant la voie à un feu de circulation à la hauteur de la Plaça de Catalunya. Le véhicule a poursuivi son parcours, zigzaguant et heurtant des dizaines de promeneurs avant de s’arrêter, 600 mètres plus loin, près du fameux marché de la Boqueria. Après avoir percuté un kiosque, le fourgon meurtrier s’est arrêté à quelques mètres d’une célèbre mosaïque réalisée par l’artiste catalan Juan Miro, symbolisant le cosmos et la pureté de l’enfance.

     

    Le mode opératoire rappelle celui des attentats perpétrés à Londres et à Berlin cette année, ainsi qu’à Nice l’an dernier.

     

    Durant toute la soirée, des centaines de travailleurs et de clients des nombreux commerces et restaurants situés dans le vaste périmètre de sécurité érigé autour de la Rambla et de la Plaça de Catalunya ont été sommés de rester barricadés à l’intérieur des immeubles.

     

    « On ne sait pas ce qui passe. Les informations varient de minute en minute. On ne sait pas combien de temps on devra rester là, et si d’autres suspects courent toujours », a témoigné au Devoir, jeudi, Anna, une résidente de Barcelone, employée d’un commerce de location de vélos situé dans la zone évacuée, où ses collègues étaient toujours retranchés. Tard vers minuit, les autorités policières ont finalement autorisé les touristes et les travailleurs reclus dans ces commerces à traverser la zone évacuée pour regagner leurs hôtels et leurs domiciles. Toutefois, des postes de contrôle policiers ont été instaurés sur les principales voies d’accès à Barcelone.

     

    Entre stupeur et incrédulité, la vie suivait toutefois son cours dans le reste de cette ville associée à la fête et à la joie de vivre, a commenté Anna. « Dans le reste de la ville, les gens sont sur les terrasses », dit-elle.

     

    Solidarité

     

    En fin de soirée, le président de l’État espagnol, Mariano Rajoy, et une délégation de son gouvernement se sont réunis à Barcelone avec les forces de sécurité catalanes. Au nom de tous les citoyens espagnols, le président Rajoy a dit partager le deuil et exprimé sa solidarité envers les Barcelonais, réaffirmant sa volonté ferme de « vaincre ceux qui veulent nous enlever nos valeurs et notre mode de vie ». Les drapeaux espagnols seront mis en berne pour trois jours sur tous les bâtiments publics espagnols et les navires de la Marine. Les fameuses fêtes soulignant le bicentenaire de la fiesta du quartier de Gracia ont aussi été annulées.

     

    Le World Trade Center a revêtu les couleurs du drapeau espagnol à la tombée du jour et la Tour Eiffel s’est éteinte à minuit, en hommage aux victimes de l’attentat de Barcelone.













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