Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Vél’d’Hiv

    Macron réaffirme la responsabilité de la France

    17 juillet 2017 | Europe
    Sami Acef - Agence France-Presse à Paris
    Cécile Feuillatre - Agence France-Presse
    Le président français, Emmanuel Macron
    Photo: Kamil Zihnioglu Pool Agence France-Presse Le président français, Emmanuel Macron

    Le président Emmanuel Macron a rappelé dimanche toute la responsabilité de la France dans la rafle du Vél’d’Hiv, ayant visé des milliers de Juifs en 1942, dont il soulignait avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, le 75e anniversaire, à Paris.

     

    C’est la première fois qu’un premier ministre israélien participe à cette cérémonie rappelant l’un des épisodes les plus noirs de l’histoire française.

     

    En français, M. Nétanyahou a tenu à saluer l’invitation de M. Macron comme un « geste très, très fort » qui « témoigne de l’amitié ancienne et profonde entre la France et Israël ».

     

    M. Macron a de son côté rappelé être présent « pour que se perpétue le fil tendu en 1995 par Jacques Chirac », premier président de la République à avoir reconnu la responsabilité de la France dans la rafle, une position depuis reprise par ses successeurs. M. Macron s’est inscrit dans cette ligne, soulignant que « c’est bien la France qui organisa la rafle » et que le régime de Vichy, « ce n’était certes pas tous les Français, mais c’était le gouvernement et l’administration de la France ».

     

    Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 Juifs avaient été arrêtés à la demande des nazis et sur ordre du pouvoir français en place. Retenus dans des conditions inhumaines pendant quatre jours, ils furent entassés sur les gradins du Vélodrome d’hiver (démoli en 1959), voué aux courses cyclistes, avant d’être emmenés dans des camps du Loiret. Là, 3000 enfants en bas âge furent brutalement séparés de leurs parents, déportés les premiers vers Auschwitz. Moins d’une centaine de ces raflés — et aucun enfant — survécurent.

     

    Chaleureux avec le chef du gouvernement israélien, qu’il a appelé « cher Bibi », Emmanuel Macron a rappelé l’importance du combat contre l’antisémitisme, hier comme aujourd’hui, et affirmé : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme », qui est la « forme réinventée de l’antisémitisme ».

     

    Une visite critiquée

     

    La venue du chef du gouvernement israélien a suscité des critiques, certains dénonçant une « instrumentalisation » des Juifs français. L’UJFP (Union juive française pour la paix) s’est dite « choquée » qu’un dirigeant israélien soit convié à la commémoration d’un « crime contre l’humanité franco-français ».

     

    Cette visite intervient dans un contexte particulier pour M. Nétanyahou, qui revient pour la première fois à Paris depuis la marche du 11 janvier 2015 après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher. Il effectue ce voyage quelques jours après un regain de tensions à Jérusalem : une attaque anti-israélienne a conduit à la fermeture de l’esplanade des Mosquées. M. Nétanyahou doit également composer avec une affaire de corruption présumée liée à l’achat de sous-marins allemands, qui impliquerait certains de ses proches.

     

    Après la cérémonie du Vél’d’Hiv, les deux dirigeants devaient se retrouver à l’Élysée pour un entretien qui aborderait notamment la Syrie, l’Iran et le conflit israélo-palestinien.

     

    Conflit israélo-palestinien

     

    Dans une note destinée à la presse, l’Élysée estimait samedi que cette rencontre entre les deux dirigeants permettrait de « réaffirmer » la « volonté de sécurité » de la France et de signifier sa « préoccupation » devant la « remise en cause de la solution des deux États », israélien et palestinien.

     

    Emmanuel Macron, qui a reçu récemment à l’Élysée le président palestinien, Mahmoud Abbas, avait réitéré son soutien aux deux États et condamné la colonisation israélienne. Il n’a en revanche pas fait savoir s’il entendait reprendre à son compte l’initiative de son prédécesseur François Hollande, qui prônait une approche multilatérale du conflit et avait organisé en janvier une conférence internationale sur le Proche-Orient, provoquant l’ire d’Israël.

     

    « Nétanyahou est un redoutable animal politique et veut s’assurer que la France n’interviendra pas davantage », analyse Jean-Paul Chagnollaud, spécialiste de la question palestinienne, qui rappelle que Nicolas Sarkozy, puis François Hollande, « ont espéré avoir de bons rapports avec M. Nétanyahou et ont déchanté assez vite ».

     

    Autre point délicat, l’Iran, bête noire d’Israël dans la région, qui a effectué en juin son premier tir de missiles en territoire étranger contre des cibles du groupe État islamique en Syrie.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.