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    Décès de Simone Veil, icône de la lutte pour les droits des femmes

    30 juin 2017 | Charlotte Hill - Agence France-Presse à Paris | Europe
    Simone Veil en 1976
    Photo: Archives Agence France-Presse Simone Veil en 1976

    Grande figure de la vie politique en France, survivante de la Shoah, européenne et féministe convaincue, Simone Veil, qui avait porté la loi légalisant l’avortement dans le pays en 1974, est décédée vendredi à 89 ans.

     

    « Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet », a annoncé à l’AFP l’avocat Jean Veil, fils de cette centriste historique attachée aux valeurs morales et républicaines.

     

    Mme Veil s’était notamment illustrée en faisant voter en 1974 la loi portant son nom sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle était alors ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

     

    Son difficile combat pour faire adopter cette loi — contre une partie de la droite — a fait d’elle, pour longtemps, la personnalité politique la plus populaire de France.

     

    Voyez un extrait de son discours marquant sur l'avortement en 1974.

     
     

    Née le 13 juillet 1927 à Nice et fille d’un architecte, Simone Veil est une rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans. Elle avait rencontré à l’Institut d’études politiques de Paris son futur mari Antoine Veil, décédé lui en 2013.

     

    Elle a été la présidente du premier Parlement européen élu au suffrage universel, et membre du Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.

     

    Son décès a suscité une pluie de réactions unanimes en France, dans la classe politique comme dans la société civile.

     

    « Puisse son exemple inspirer nos compatriotes, qui y trouveront le meilleur de la France », a déclaré le président Emmanuel Macron sur Twitter.
     

     

    Son prédécesseur socialiste, François Hollande, a salué une femme qui « a incarné la dignité, le courage et la droiture ».

     

    « Courage et humanité »

     

    La présidente du Front national, Marine Le Pen, a rendu hommage à « une femme qui aura incontestablement marqué de son empreinte la vie politique française ».

     

    « Nous perdons une des plus grandes femmes de notre temps, un modèle de courage et d’humanité », a renchéri sur Twitter le secrétaire général du parti de droite Les Républicains, Bernard Accoyer.
     

     

    Pour le leader du parti France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, « Mme Veil appartient au meilleur de notre Histoire. Et son nom vivra dans notre gratitude pour toujours ».
     

     

    Antonio Tajani, le président du Parlement européen, a quant à lui estimé que le message de Simone Veil sur « le droit des femmes en Europe » et sur l’antisémitisme restait « vivant ».

     

    Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a salué une femme « déterminée et toujours digne », qui avait choisi, à la fin de sa vie, de consacrer son énergie à la Fondation pour la mémoire de la Shoah créée en 2000.

     

    Le Planning familial français a quant à lui rendu hommage à sa « bagarre » pour le droit à l’avortement, un combat qui « demeure d’une brûlante actualité ».

     

    Après un début de carrière au ministère de la Justice, Mme Veil est la première femme à devenir secrétaire général du Conseil supérieur de la magistrature (1970-1974).

     

    Elle est nommée ministre de la Santé en 1974. Tête de liste du parti centriste française UDF lors des premières élections au Parlement européen au suffrage universel en 1979, elle renonce à siéger au gouvernement pour devenir présidente du Parlement européen (1979-1982). Elle y siégera jusqu’en 1993.

     

    De 1993 à 1995, Mme Veil est ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, dans le gouvernement de droite d’Édouard Balladur, sous la présidence de François Mitterrand.

     

    Avocate du « oui » au référendum de 2005 sur la Constitution européenne, elle écrit en 2007 une autobiographie à succès Une vie dans laquelle cette ennemie de la langue de bois au fort caractère raconte son destin de rescapée des camps, son athéisme, son féminisme.

     

    En 2008, Simone Veil est élue à l’Académie française et, en 2012, élevée à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction honorifique française.













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