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    L’horreur frappe Londres à nouveau

    Un véhicule a foncé sur des piétons dans la nuit de dimanche à lundi

    19 juin 2017 | Annabelle Caillou - Avec l'Agence France-Presse et Associated Press | Europe
    La police londonienne a rapidement été dépêchée sur les lieux de l’incident.
    Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse La police londonienne a rapidement été dépêchée sur les lieux de l’incident.

    Londres a été le théâtre d’un nouveau drame dans la nuit de dimanche à lundi alors qu’un véhicule est entré en collision avec des piétons dans le nord-est de la capitale britannique, faisant un mort et huit blessés, selon les autorités locales qui ont confirmé avoir arrêté un homme sur les lieux.


    La police a chargé son unité antiterroriste de l’enquête, ont indiqué les autorités en milieu de nuit. 
     

    « La police a été appelée juste après 00 h 20 après le signalement qu’un véhicule était entré en collision avec des piétons », a précisé la police métropolitaine de Londres dans un communiqué.


    Une douzaine d'ambulances ont rapidement été envoyées sur le chemin Seven Sisters, près du parc Finsbury, où l’incident qualifié de « majeur » a eu lieu. Un périmètre de sécurité a été érigé tout autour du parc et la rue a été complètement fermée à la circulation.

     


    Mosquée visée ?
     

    L’incident se serait déroulé près d’une mosquée, ont indiqué plusieurs associations musulmanes dont le Conseil musulman du Royaume-Uni (MCB). « Nous avons été informés qu’une camionnette avait percuté des fidèles alors qu’ils quittaient la mosquée de Finsbury Park. Nos prières vont aux victimes », a précisé le MCB sur son compte Twitter.
     

    Harun Khan, à la tête de l'organisation, a ensuite affirmé sur son compte Twitter que le véhicule avait « intentionnellement » foncé sur les fidèles qui quittaient la mosquée.
     

    L’association musulmane de défense des droits de l’homme Cage a quant à elle dénoncé « la hausse rampante de l’islamophobie » et appelé « au calme ».


    En pleine période de ramadan, les musulmans pratiquants se rendent à la mosquée après l’Iftar, la rupture du jeûne à la tombée de la nuit. Une prière a lieu aux alentours de minuit.

     

    La mosquée de Finsbury Park était connue, au début des années 2000, pour être un haut lieu des militants islamistes de Londres qui venaient écouter les prêches enflammés d’Abou Hamza. Ce dernier a été condamné à la prison à perpétuité en janvier 2015 aux États-Unis pour onze chefs d’inculpations liés à une prise d’otages et pour terrorisme.

    Même si la direction de la mosquée a changé depuis, plusieurs lettres de menaces ont été reçues après les attentats à Paris en novembre 2015.

     
    Une scène «horrible»
     

    David Robinson, 41 ans, a raconté à l’Agence France-Presse avoir vu « de nombreuses personnes crier et beaucoup de blessés » lorsqu’il est arrivé devant la mosquée, qui aurait été, selon lui, la principale cible.

     

    Un autre témoin de 19 ans, qui n’a pas voulu décliner son nom, a dit avoir vu une « camionnette blanche avec trois hommes à bord ».

     
    Les autorités n’ont pas indiqué le nombre exact de blessés, mais selon plusieurs témoins sur place ils seraient entre trois et dix. Certains se sont vite tournés vers les réseaux sociaux pour décrire la scène « horrible » qui se déroulait devant leurs yeux. « Horrible de voir des policiers faire des massages cardiaques à des gens allongés par terre en espérant désespérément les sauver », a écrit sur Twitter Cynthia Vanzella.
     

    Une enquête a été ouverte pour déterminer si l'incident est de nature accidentelle ou volontaire. Il est « trop tôt pour dire » si la collision est une attaque terroriste, a précisé un policier sur les ondes de CNN. 

    Évoquant « un événement terrible », la première ministre Theresa May a dit que « ses pensées étaient avec les blessés, leurs proches et les secours sur place ». Le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, s’est quant à lui dit « totalement choqué » par cet événement, sur Twitter.

     

    Multiplication des attaques

     

    Ce nouveau drame est survenu dans un climat déjà très tendu au Royaume-Uni, où trois attentats ont été commis ces trois derniers mois. Deux d’entre eux impliquaient des véhicules ayant foncé sur des piétons.

     

    Le 22 mars, un Britannique de 52 ans, Khalid Masood, converti à l’islam et connu des services de police, avait blessé plusieurs personnes en lançant sa voiture de location sur le trottoir du pont de Westminster dans le centre de Londres, avant de poignarder à mort un policier devant le parlement. En tout, cinq personnes ont perdu la vie.

     

    Exactement deux mois plus tard, le 22 mai, la ville de Manchester était la cible d’un attentat-suicide revendiqué par le groupe armé État islamique. L’attaque, qui s’est déroulée à la sortie d’un concert de la chanteuse américaine Ariana Grande, a fait 22 morts et une centaine de blessés. L’auteur, Salman Abadi, était un Britannique de 22 ans d’origine libyenne.

     

    Loin d’être au bout de ses peines, le pays a subi une autre attaque sur le London Bridge dans la nuit du 3 au 4 juin. Trois assaillants à bord d’une camionnette ont foncé sur la foule et poignardé plusieurs personnes à Borough Market avant d’être abattus par la police. Huit personnes ont trouvé la mort, dont une Canadienne.













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