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    Royaume-Uni

    May réclame un «mandat clair» pour faire le «grand voyage» du Brexit

    19 mai 2017 | Alice Ritchie - Agence France-Presse à Halifax, Royaume-Uni | Europe
    La première ministre britannique, Theresa May
    Photo: Stefan Rousseau Associated Press La première ministre britannique, Theresa May

    Theresa May a demandé jeudi aux Britanniques de « renforcer » sa main en vue des négociations du Brexit lors des législatives du 8 juin, promettant de limiter l’immigration non européenne, puis celle en provenance de l’UE.

     

    « Venez me rejoindre au moment où je me bats pour le Royaume-Uni », a lancé, combative, la première ministre britannique lors de la présentation à Halifax en Angleterre, dans une circonscription détenue par les travaillistes depuis 30 ans, du programme du Parti conservateur pour les élections.

     

    Au moment où le pays embarque pour le « grand voyage » du Brexit, la chef du gouvernement conservateur a insisté sur l’importance d’avoir un « mandat clair » afin d’arracher « le meilleur accord possible » lors des négociations de sortie de l’Union européenne.

     

    Au pouvoir depuis 2010, les Tories caracolent en tête des sondages à trois semaines de ce scrutin anticipé après lequel on devrait entrer dans le vif du sujet des négociations sur le Brexit.

     

    Une étude Ipsos-Mori, réalisée auprès d’un échantillon de 1053 Britanniques et publiée jeudi, suggère cependant une forte progression du Labour depuis la publication de son programme résolument à gauche : le parti de Jeremy Corbyn gagne huit points pour grimper à 34 % des intentions de vote, mais reste toutefois distancé par les Tories, à 49 %.

     

    Les autres partis sont relégués au rang de faire-valoir, avec les libéraux-démocrates (europhiles) à 7 % et le parti europhobe Ukip à seulement 2 %, alors qu’il était la troisième force politique du pays à l’issue des législatives de 2015 avec 12,6 % des voix.

     

    Limiter le solde migratoire

     

    Les conservateurs, en plaçant la question de l’immigration au coeur de leur programme, ont privé l’Ukip de son principal argument de campagne. Et Mme May ne s’est pas privée jeudi de répéter l’objectif de ramener le solde migratoire net à moins de 100 000 personnes par an, contre 273 000 en 2016, une promesse que les Tories peinent à remplir depuis des années. Évoquant la « pression sur les bas salaires et les services publics », Mme May compte d’abord faire baisser le nombre des arrivées en dehors de l’UE avec une augmentation de la taxe patronale pour employer ces immigrés.

     

    Après la sortie de l’UE et du marché unique dans moins de deux ans, le Royaume-Uni voudra ensuite sous les conservateurs commencer à limiter le nombre d’immigrés européens, ce qui lui est impossible pour l’instant en raison du principe de libre circulation.

     

    Cet objectif, réaffirmé alors que le pays affiche son taux de chômage le plus bas depuis 1975, à 4,6 %, essuie cependant les critiques, y compris au sein des rangs conservateurs.

     

    Le quotidien The Evening Standard, dont l’ancien ministre conservateur des Finances George Osborne est le nouveau rédacteur en chef, évoque ainsi une décision « analphabète sur le plan économique ».

     

    La contribution des riches

     

    Mme May risque aussi de mécontenter son électorat en refusant d’exclure une augmentation de l’impôt sur le revenu. Son programme compte en outre augmenter la contribution des plus riches pour financer les aides sociales aux personnes âgées et promet d’augmenter les subventions au système de santé public du NHS.

     

    Interrogée sur cette approche contrastant avec celle de l’ancienne première ministre Margaret Thatcher, Theresa May a assuré : « C’est du conservatisme pur sucre. »« Margaret Thatcher était une conservatrice, je suis une conservatrice et c’est un programme conservateur », a-t-elle dû affirmer.

     

    « Malgré les paroles réconfortantes de Theresa May, elle dirige un parti qui a créé une économie pipée qui ne marche que pour les super-riches », a commenté Jeremy Corbyn.

     













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