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    Grève générale en Grèce contre l’austérité

    Des milliers de manifestants réunis sur la place Syntagma, à Athènes

    18 mai 2017 | Hélène Colliopoulou - Agence France-Presse à Athènes | Europe
    De nombreux syndicats grecs, dont celui des policiers qui a mené un coup d’éclat lors de la manifestation, mercredi, mettent en cause le gouvernement d’Alexis Tsipras pour la mise en place de politiques de rigueur.
    Photo: Angelos Tzortzinis Agence France-Presse De nombreux syndicats grecs, dont celui des policiers qui a mené un coup d’éclat lors de la manifestation, mercredi, mettent en cause le gouvernement d’Alexis Tsipras pour la mise en place de politiques de rigueur.

    Des milliers de personnes ont manifesté mercredi à Athènes et une grève générale était observée à travers la Grèce contre de nouvelles mesures d’austérité dictées par les créanciers du pays, que le parlement doit voter jeudi soir.

     

    Près de 12 000 personnes, dont plus de 8000 du syndicat proche des communistes PAME, selon la police, se sont rassemblées en fin de matinée dans le centre d’Athènes pour dénoncer les nouvelles coupes dans les retraites et les hausses d’impôts prévues entre 2018 et 2021, dans le cadre du budget de moyen terme débattu depuis lundi au parlement.

     

    La police a dû utiliser des gaz lacrymogènes sur la place Syntagma en début d’après-midi, contre des jeunes qui jetaient des cocktails Molotov.

     

    Des mesures de rigueur avaient été déjà adoptées l’année dernière par le gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras, pour la période courant jusqu’à la fin du plan d’aide actuel, juillet 2018.

    Photo: Aris Messinis Agence France-Presse Près de 12 000 personnes se sont rassemblées en fin de matinée dans le centre d’Athènes, selon les autorités.
     

    Parmi les actions les plus spectaculaires, le syndicat grec des policiers a déployé une banderole sur la colline de Lycabette à Athènes, questionnant en grec et en allemand : « Combien vaut la vie d’un policier, M. Tsipras ? Combien vaut la vie d’un policier, Frau Merkel ? ».

     

    Alexis Tsipras, chef du parti de gauche Syriza et au pouvoir depuis janvier 2015 est mis en cause par les syndicats pour avoir poursuivi la politique de rigueur de ses prédécesseurs de droite et du Pasok (socialiste), qui depuis l’éclosion de la crise de la dette en 2010 « se sont soumis aux diktats des créanciers », selon la centrale du public ADEDY.

     

    Pour sa part, Berlin est considéré par les syndicats grecs comme à l’origine de la rigueur en Europe.

     

    « Nous souhaitons envoyer un message au gouvernement, à l’Union européenne et au Fonds monétaire international, nous n’allons pas les laisser dépecer nos vies », a lancé aux médias Alekos Perrakis, du syndicat proche des communistes, PAME.

     

    Plusieurs perturbations

     

    À Thessalonique, deuxième ville grecque, 6000 personnes manifestaient également, selon la police.

     

    Observée à l’appel de l’ADEDY et de la centrale du privé GSEE, la grève de mercredi affecte surtout les transports : métro, bus, tramway à Athènes sont perturbés pendant toute la journée.

     

    Les liaisons maritimes vers les îles sont perturbées depuis mardi, les marins observant une grève de 48 heures.

     

    De nombreux vols, surtout intérieurs, ont été annulés tandis que les vols internationaux ont dû reprogrammer leurs horaires en raison d’un arrêt de travail des aiguilleurs du ciel.

     

    Les écoles sont fermées et les hôpitaux fonctionnent avec un personnel d’astreinte.

     

    Le projet de loi que contestent les grévistes porte sur de nouvelles économies de l’ordre de 4,9 milliards d’euros, réclamées par les créanciers pour après le plan actuel, en échange d’une tranche de prêts d’environ 7 milliards d’euros du plan actuel. Cette somme permettra à la Grèce de rembourser à la BCE une échéance concernant un plan précédent.

     

    Ce nouveau train d’austérité arrive alors que, malgré les prévisions de la Commission européenne d’une croissance de 2,1 % en 2017, le pays peine toujours à sortir de la récession : le PIB s’est contracté de 0,5 % sur un an au premier trimestre, après une croissance zéro en 2016.

     

    Privé des marchés d’emprunt depuis 2010 à l’exception d’un bref essai en 2014, le gouvernement espère cependant être en mesure d’y retourner d’ici fin 2017.

     

    Athènes s’attend surtout à ce que l’adoption de ces mesures permette d’ouvrir la discussion sur l’allégement de la dette publique, à 179 % du PIB, lors de la réunion cruciale des ministres des Finances de la zone euro le 22 mai.













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