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    La cyberattaque tourne à la polémique électorale au Royaume-Uni

    15 mai 2017 | Alice Ritchie - Agence France-Presse à Londres | Europe
    Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse

    La cyberattaque mondiale qui a fait plus de 200 000 victimes continuait de semer le chaos lundi dans le service public de santé britannique (NHS), soulevant des critiques contre le gouvernement conservateur à quelques semaines de législatives anticipées.

     

    Des centaines de rendez-vous ont été annulés, des opérations et traitements anti-cancer retardés depuis vendredi après-midi lorsque des médecins paniqués se sont rendus compte que leurs ordinateurs ne répondaient plus, victimes d’un logiciel malveillant.

     

    Au total, ce sont un tiers des hôpitaux et cliniques d’Angleterre ainsi que nombre des 8000 cabinets médicaux du pays qui ont été affectés par ce logiciel, qui exploite une faille dans les systèmes d’exploitation Windows du géant américain Microsoft.

     

    Un désordre dont se sont emparés les partis d’opposition à la première ministre Theresa May, à l’approche des législatives du 8 juin pour lesquelles son parti part largement favori.

     

    Le Parti travailliste, principale formation d’opposition, a dénoncé la négligence des Tories et la cure d’austérité imposée par Mme May et son prédécesseur David Cameron au NHS, une institution dont les Britanniques sont particulièrement fiers, mais perpétuellement au bord du gouffre financier.

     

    « Les coupes budgétaires opérées par les Tories ont conduit à rendre les services aux patients vulnérables aux cyberattaques », a dénoncé le chef du Labour Jeremy Corbyn lors d’un congrès d’infirmières à Liverpool lundi matin.

     
    Bien sûr, il y a un élément de défaillance technique. Mais c’est une très petite part du problème. [...] Les responsables informatiques sont sous-financés et débordés.
    Saif Abed, ex-médecin britannique devenu spécialiste informatique
     

    Selon le Labour, qui fait de la défense du NHS l’un de ses principaux chevaux de bataille dans la campagne et promet des milliards d’investissements supplémentaires, les signaux d’alarme n’ont pourtant pas manqué avec des attaques enregistrées par 79 services du NHS depuis juin 2015.

     

    L’enjeu de la cybersécurité

     

    Le Parti libéral-démocrate a lui dénoncé la décision prise en 2015 de ne pas renouveler l’accord de soutien technique avec Microsoft concernant le système Windows XP, particulièrement vulnérable à la cyberattaque, estimant que cela avait laissé le pays « sans défense ».

     

    En déplacement de campagne dans l’Oxfordshire lundi, Theresa May a répliqué en affirmant que son gouvernement avait consacré 1,9 milliard de livres (3,34 milliards de dollars canadiens) l’an dernier à la cybersécurité.

     

    « Nous prenons le sujet de la cybersécurité au sérieux », a-t-elle dit, tentant de désamorcer la polémique en soulignant que le NHS n’avait pas été la seule victime des pirates informatiques qui s’en sont pris à quelque 200 000 entités à travers 150 pays dans le monde.

     

    Son porte-parole a lui affirmé que le budget informatique annuel du NHS était de 4,2 milliards de livres (7,32 milliards de dollars canadiens), complétés par une enveloppe de 50 millions de livres (87,9 millions de dollars canadiens) dédiée à la cybersécurité.

     

    Mais le National Audit Office, organe indépendant chargé du contrôle de l’utilisation des fonds publics, avait mis en garde en novembre que le NHS était obligé de réorienter une partie de ces fonds à la gestion quotidienne des services face au déficit de financement récurrent dont il souffre.

     

    Alors que l’usage de Microsoft XP est en cause, le porte-parole de Theresa May a affirmé que ce système n’était plus utilisé que par 4,7 % des organismes du NHS, contre quelque 18 % fin 2015.

     

    Mais Kingsley Manning, un ancien responsable de NHS Digital, service qui gère l’informatique du NHS, a affirmé samedi sur la BBC que plusieurs centaines de milliers d’ordinateurs du NHS utilisaient encore Windows XP.

     

    Pour Saif Abed, ex-médecin devenu spécialiste informatique dans le domaine médical, cette attaque devait servir de signal d’alarme.

     

    « Bien sûr, il y a un élément de défaillance technique. Mais c’est une très petite part du problème », a dit à l’AFP celui qui a travaillé par le passé pour le NHS.

     

    « Les responsables informatiques sont sous-financés et débordés », a-t-il ajouté, estimant que la cybersécurité n’était pas la priorité affichée.













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