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    Grande-Bretagne

    Theresa May veut renforcer ses rangs avant les négociations du Brexit

    19 avril 2017 |Améli Pineda | Europe
    Theresa May, actuelle première ministre conservatrice, a créé la surprise générale moins de trois semaines après avoir lancé la procédure historique de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
    Photo: Alastair Grant Associated Press Theresa May, actuelle première ministre conservatrice, a créé la surprise générale moins de trois semaines après avoir lancé la procédure historique de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

    Pour renforcer sa majorité avant les négociations du Brexit, la première ministre britannique, Theresa May, a appelé mardi à la tenue d’élections législatives anticipées le 8 juin, rompant sa promesse de respecter le scrutin à date fixe prévu en 2020.

     

    L’actuelle première ministre conservatrice a créé la surprise générale moins de trois semaines après avoir lancé la procédure historique de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

     

    Mardi, devant sa résidence officielle du 10, Downing Street, à Londres, Mme May a annoncé qu’elle tentera mercredi d’obtenir l’aval de la Chambre basse du Parlement à la majorité des deux tiers pour devancer les élections législatives de trois ans.

     

    La Chambre des communes pourrait ainsi être dissoute le 2 mai, a précisé le chef du groupe conservateur, David Lidington. Des quotidiens britanniques sont allés jusqu’à qualifier le revirement de Mme May de « bombe politique ».

     

    « Elle fait un changement qui est loin d’être stupide. Elle veut solidifier son parti pour avoir la majorité qui lui permettra de donner au Brexit sa propre définition », souligne Frédéric Mérand, directeur du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM).

     

    Stabilité

     

    Actuellement, le Parti conservateur ne dispose que d’une majorité de 17 sièges à la Chambre des communes.

     

    « Elle doit avoir une voix forte devant le conseil européen et elle vient de montrer que c’est une politicienne stratégique, qui veut non seulement déjouer l’opposition, mais aussi montrer à son propre parti qu’elle a la légitimité de négocier le Brexit », mentionne André Lamoureux, professeur de sciences politiques à l’Université du Québec à Montréal.

     

    En poste depuis moins d’un an, Mme May a pris les rênes de l’exécutif sans être élue en remplaçant l’ancien premier ministre David Cameron, qui a démissionné après la victoire du Brexit, le 23 juin 2016.

     

    Lors de sa déclaration mardi, elle a expliqué que, devant les divisions au Parlement de Westminster qui menacent le succès du Brexit, « organiser ces élections est l’unique moyen d’assurer la stabilité pour les années à venir ».

     

    La majorité de Mme May est trop faible pour manoeuvrer les négociations du Brexit, selon M. Lamoureux. Sans ces élections, Mme May se retrouverait à devoir faire des concessions entre ceux qui veulent un « hard » Brexit et ceux qui préfèrent un divorce en bons termes, explique-t-il.

     

    « C’est aussi une façon pour elle de bâillonner ceux qui la critiquent. Dans les derniers mois, il y a eu plusieurs manifestations dans les rues pour que le Brexit soit bloqué. Ces élections sont pour elle l’occasion de dire à ces gens que la démocratie a parlé », indique M. Lamoureux.

     

    Mme May compte tirer profit de la faiblesse de l’opposition travailliste de Jeremy Corbyn dans les sondages pour asseoir son autorité et conforter sa majorité. Celui-ci a « accueilli favorablement » l’annonce de Mme May, même si son parti est au plus bas dans les sondages.

     

    Deux enquêtes publiées au cours du week-end par les instituts YouGov et ComRes donnent 21 points d’avance aux conservateurs sur le Parti travailliste.

     

    Il faudra toutefois surveiller le Parti libéral démocrate, seul partisan de l’Union européenne, prévient le directeur du CERIUM.

     

    « Elle a des points d’avance sur le Parti travailliste, mais il ne faut pas négliger qu’il peut y avoir un regain de popularité pour les libéraux démocrates », dit-il.

     

    Le dirigeant du Parti libéral démocrate, Tim Farron, a appelé les europhiles à saisir « cette chance pour changer la direction de [leur] pays » et « éviter le désastre d’un Brexit dur » souhaité par Mme May.

     

    Du côté de l’Union européenne, avec laquelle les négociations devraient commencer fin mai, début juin pour un divorce effectif prévu pour mars 2019, le scrutin anticipé « ne change pas les plans », a réagi un porte-parole du président du Conseil européen, Donald Tusk.

     

    L’année 2017 sera ainsi la quatrième année de suite marquée par un vote crucial pour l’avenir du Royaume-Uni, après le référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014, les législatives de 2015 et le référendum sur le Brexit en juin 2016.

     

    La première ministre britannique a appelé mardi à la tenue d’élections législatives anticipées le 8 juin.













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