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    Macron et Le Pen en duel à Paris avant le sprint final

    15 avril 2017 | Jérémy Marot - Agence France-Presse à Paris | Europe
    François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon
    Photo: Joel Sagel / Eric Feferberg / Agence France-Presse François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon

    Favoris des sondages mais en position précaire, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se répondront lundi à quelques heures d’intervalle par rassemblements interposés à Paris, lançant une dernière semaine décisive avant le premier tour de l’élection présidentielle française.

     

    Alors que les différentes enquêtes d’opinion montrent un resserrement des positions en tête doublé d’une grande indécision de l’électorat, la gestion du sprint final sera cruciale jusqu’à vendredi minuit, fin officielle de la campagne.

     

    En stagnation, voire en léger recul, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, talonnés par le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et le conservateur François Fillon, veulent recréer une dynamique.

     

    Emmanuel Macron a tenu lundi son plus grand rassemblement de campagne dans une enceinte sportive parisienne. « Dimanche, nous allons gagner, et ce sera le début d’une nouvelle France », a lancé le leader d’En Marche ! devant près de 20 000 personnes. Il en a profité pour brocarder ses adversaires sans les nommer, ironisant sur le choix entre « Thatcher ou Trotsky, Fidel Castro ou Maurras », un théoricien de l’extrême droite française qui vit dans la défaite de 1940 face aux nazis une « divine surprise ».

    M. Macron a défendu une France « ouverte, confiante et conquérante » à laquelle qui il veut « rendre son optimisme » en plaidant pour « l’accession aux responsabilités d’une génération nouvelle ».

    Il s’était lancé le matin dans une opération « transparence », en prévision, a-t-il dit, de « fausses informations » qui pourraient sortir à son sujet. Et l’ancien ministre de démentir avoir reçu un héritage de plusieurs millions d’euros d’un ami décédé à l’automne dernier, et de détailler ses gains et ses dépenses durant la période 2009-2014. Il a dit avoir dépensé « environ 700 000 euros de vie courante » au cours de la période.

     

    Ce « message de rassemblement » sonne comme une réponse à Marine Le Pen qui a prononcé un de ses discours les plus durs samedis à Perpignan, le visant particulièrement.

     

    « Avec M. Macron, ce sera l’islamisme en marche, le communautarisme en marche ! », a notamment lancé la candidate Front National qui anime un rassemblement lundi soir à Paris.

     

    Sa réunion pourrait être perturbée par des collectifs qui projettent plusieurs « actions ». Samedi environ 400 personnes ont manifesté à proximité de la salle de 6000 places où elle est attendue.

     

    Elle a aussi prévu un grand rassemblement mercredi à Marseille, où des contre-manifestations sont également prévues.

     

    Face à la récente poussée de Jean-Luc Mélenchon et de François Fillon, désormais installés dans un carré de tête, la patronne du FN espère retrouver de l’élan sur les cinq derniers jours.

     

    Derrière, le candidat de la droite François Fillon croit toujours à une victoire « qui surprendra tout le microcosme ».

     

    Occuper le terrain

     

    Il a réuni lundi après-midi ses soutiens à Nice, où il a promis « la sécurité partout et pour tous ». « La campagne a été rude. Mes opposants de tous bords n’ont cherché qu’une seule chose : m’abattre plutôt que débattre », a-t-il lancé. Mais « je les ai surpris une fois lors de la primaire, nous les surprendrons une seconde fois lors de l’élection présidentielle ».

    Assommé fin janvier par les révélations d’emplois fictifs présumés visant notamment sa femme Penelope, inculpé pour détournements de fonds publics, M. Fillon a mis deux mois à s’extraire un peu de ces affaires.

    Sa campagne a été fortement perturbée et ses sorties sur le terrain se sont raréfiées, jusqu’à ce qu’il multiplie les rassemblements depuis une semaine.

    Décidé à troubler la bataille pour le second tour, Jean-Luc Mélenchon qui s’est hissé au coude-à-coude avec lui dans les derniers sondages, lui a promis « une veste électorale cousue main », en référence à une affaire de costumes de luxe offerts par un avocat à la réputation sulfureuse.

    Lundi, le tribun de la gauche radicale a vogué sur une péniche aux abords de Paris. « C’est cette semaine que tout va se jouer », a-t-il dit avant d’avertir ses foules que « peut-être il nous manquera une poignée de voix ». Il compte à nouveau créer l’événement mardi, avec un rassemblement à Dijon répliqué par hologramme dans six villes.

    Quant au candidat du parti socialiste Benoît Hamon, décroché du carré de tête, il comptera sur un rassemblement à Toulouse mardi et un rassemblement « festif et très politique » mercredi place de la République à Paris pour tenter de déjouer les pronostics.













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