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    Le tourisme risque de souffrir des attentats, disent des experts d’un champ d’études de plus

    16 novembre 2015 |François Desjardins | Europe
    Des soldats gardaient l’Arc de triomphe, haut lieu touristique, dimanche à Paris. La ville pourrait connaître une saison tranquille.
    Photo: Amr Nabil Associated Press Des soldats gardaient l’Arc de triomphe, haut lieu touristique, dimanche à Paris. La ville pourrait connaître une saison tranquille.


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    Au-delà des effets pernicieux sur la psychologie collective, il semble peu probable que l’attaque terroriste à Paris aura des conséquences profondes sur l’économie française, mais elle est susceptible, à tout le moins, de miner le tourisme pendant un certain temps, estiment plusieurs experts américains consultés par Le Devoir.

     

    L’analyse des impacts causés par des attentats est un champ d’études qui a pris de l’expansion aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001, reposant autant sur l’étude du financement occulte du terrorisme que ses effets, notamment sur la confiance du public, le tourisme, les échanges transnationaux, les dépenses de sécurité et la réglementation.

     

    « Jusqu’à ce que les Parisiens et les touristes se sentent plus en sécurité, nous pouvons nous attendre à ce que les gens s’y plaisent moins, avec une réduction frappante du tourisme, du magasinage et de la restauration, surtout chez les touristes », estime Eli Berman, qui a grandi à Ottawa et enseigne l’économie à l’Université de la Californie à San Diego. « L’expérience israélienne nous enseigne qu’une partie de l’activité peut basculer vers Internet, ou vers des endroits où la sécurité est très évidente. Les marchés publics et les cafés vont souffrir. »

     

    En dépit d’une hyperactivité touristique qui fait l’envie d’autres pays, l’économie française, sixième au monde, n’est pas perçue comme la plus dynamique du continent. Elle a vraisemblablement enregistré une croissance de 1,1 % en 2015, croit l’OCDE. Les dépenses touristiques comptent pour plus de 7 % du PIB, selon le gouvernement français.

     

    Cela dit, la mesure précise d’un drame demeure difficile. Les conséquences économiques du 11-Septembre étaient immenses en termes absolus (27,2 milliards d’impact direct), ont rappelé en 2005 deux chercheurs dont les travaux ont été publiés par le Fonds monétaire international (FMI), mais elles étaient minuscules en comparaison de l’économie américaine dans son ensemble (0,25 % du PIB annuel). « Les récents attentats ont affecté l’économie nationale et l’économie mondiale », ont écrit R. Barry Johnston and Oana M. Nedelescu. « Les conséquences peuvent être déclinées en effets directs à court terme, en effets de confiance à moyen terme et en effets de productivité à long terme. »

     

    Effets indirects

     

    Quant aux coûts indirects, ont ajouté les chercheurs, ils « peuvent être significatifs et ont le potentiel de miner la confiance du public et des investisseurs ». Par exemple, les dépenses habituelles peuvent soudainement se transformer en épargne supplémentaire, « ce qui peut se propager dans l’économie et le reste du monde ».

     

    Outre l’impact touristique, une économie « diversifiée comme celle de la France » ne vivra dans l’ensemble aucun effet pervers après l’attaque, croit Todd Sandler, de l’Université du Texas à Dallas. « Plusieurs analyses statistiques appuieraient cette affirmation. Pour une économie plus pauvre ou moins diversifiée, ça serait une autre histoire. »

     

    Dans le cas présent, aux yeux d’Alan Auerbach, professeur d’économie à l’Université Berkeley, l’absence de dommages aux infrastructures fait en sorte que « les effets directs sur l’économie française seront minimes ». Pour lui, les répercussions principales seront indirectes. « Il faut prévoir un impact sur le tourisme. Qu’il soit à court ou à plus long terme dépendra de l’évolution de la situation dans les prochaines semaines. » Il pourrait aussi y avoir « une certaine perturbation » découlant de la sécurité accrue, de même que les coûts de cette sécurité, « mais je ne vois pas là d’impact significatif sur l’économie ».













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