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    Grèce

    Tsipras en quête de légitimité

    Après l’accord sur un nouveau plan d’aide, le premier ministre a démissionné et dissout son gouvernement pour déclencher de nouvelles élections

    21 août 2015 |Agence France-Presse | Europe

    Athènes — Le premier ministre grec Alexis Tsipras n’a pas perdu de temps jeudi après avoir obtenu le versement de 23 milliards d’euros dans le cadre du nouveau plan d’aide à la Grèce : il a démissionné, pour espérer raffermir sa base lors de nouvelles élections.

     

    « Maintenant que ce cycle difficile est terminé, je voudrais soumettre à votre jugement ce que nous avons accompli », a déclaré M. Tsipras lors d’un courte allocution télévisée vers 20 h 30.

     

    Disant avoir « la conscience tranquille », et assurant avoir « résisté aux pressions et aux chantages », il est ensuite allé présenter sa démission au président de la République, Prokopis Pavlopoulos.

     

    Élections en vue

     

    Selon son entourage, M. Tsipras souhaiterait que le scrutin se tienne le 20 septembre. Cette annonce, qu’on n’attendait pas si tôt, n’est cependant pas une surprise. Après avoir été élu en janvier sur un programme critiquant les deux précédents plans d’aide (mémorandums) imposés aux pays en 2010 et 2012 pour un montant total de 240 milliards d’euros, M. Tsipras a fini par en signer un troisième à son tour, le 13 juillet, pour éviter à son pays d’être peut-être expulsé de la zone euro.

     

    Lors du vote de ce plan, le 14 août au Parlement, l’opposition l’a soutenu. Mais 43 des 149 députés de Syriza, son parti de gauche radicale, fidèles à leurs idées, et pour certains, favorables à un retour à la drachme, ne l’ont pas suivi, votant contre ou s’abstenant.

     

    M. Tsipras, dont le nombre de soutiens (en comptant ceux de son allié ANEL) est ainsi tombé à 119 sur 300 députés, ne pouvait pas rester dans cette situation.

     

    Populaire malgré ses revirements, auprès d’une population qui déteste généralement les deux principaux partis d’opposition, Nouvelle Démocratie (droite) et Pasok (socialistes), et lui accorde de ne guère avoir eu de solution de remplacement à ce qu’il a accepté des créanciers du pays, le premier ministre espère bien ainsi ressouder sa base.

     

    Il dispose d’un atout maître : pour cette deuxième élection en moins de 18 mois, la loi grecque dispose que les partis ne soumettent pas au vote des députés individuels, mais des listes par partis composés par les états-majors de ces derniers.

     

    C’est ainsi que M. Tsipras pourra se débarrasser des plus virulents à sa gauche, sans aucun doute l’ancien ministre de l’Énergie, Panagiotis Lafazanis, leader des contestataires, et certainement la puissante et pointilleuse présidente du Parlement, Zoé Konstantopoulou. Les créanciers ne cacheraient d’ailleurs pas leur joie à la perspective de voir M. Tsipras allégé de ses anciens amis. Marcel Fratzscher, économiste allemand qui conseille Sigmar Gabriel, le ministre de l’Économie allemand, a considéré également que ces élections sont « une bonne nouvelle économique ». Selon lui « il y a de bonnes chances qu’elles amènent au pouvoir un gouvernement plus compétent et davantage pro-européen ».













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