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    Irlande

    Mariage gai: victoire écrasante du «oui»

    23 mai 2015 14h00 | Europe
    Conor Barrins - Agence France-Presse - à Dublin
    Robin Millard - Agence France-Presse
    Le oui l’emporte largement avec 62,3 % des voix, selon des résultats publiés par la chaîne nationale RTE portant sur 40 circonscriptions sur 43, qui ne laissent plus aucune chance de victoire au camp du non.

    L’Irlande devient ainsi le 19e pays, le 14e en Europe, à légaliser le mariage gai. Il est par contre le seul pays à l’avoir fait par référendum, les autres ayant opté pour la voie parlementaire.

    « C’est historique », a souligné le ministre de la Santé, Leo Varadkar. Ce référendum, a-t-il estimé, constitue « une révolution culturelle » dans un pays longtemps conservateur et où l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 1993.

    « Je suis tellement fier d’être Irlandais aujourd’hui », a tweeté, Aodhan O Riordain, secrétaire d’État pour l’Égalité, tandis que, dans les rues de Dublin, des Irlandais, hommes et femmes de tous âges, exultaient et se prenaient dans les bras.

    « C’est une victoire immense pour l’égalité en Irlande, qui fera date dans l’histoire du pays », a dit Noel Sutton, 54 ans, devant un centre de comptage des bulletins de vote.

    Avant même la publication des résultats, un des principaux responsables de la campagne du non, David Quinn, avait concédé la défaite de son camp. « C’est une claire victoire pour le camp du oui », a-t-il déclaré, adressant ses « félicitations » aux partisans du mariage homosexuel.

    «L’Irlande a changé»

    Dans la capitale irlandaise, le domaine du château de Dublin, exceptionnellement ouvert au public, était envahi par des centaines de promariages gais qui brandissaient des drapeaux arc-en-ciel et s’apprêtaient à faire la fête.

    « L’Irlande a changé. Il y encore quelques années, elle n’aurait jamais accepté » une telle réforme, a dit, émue, Karen Brady, une Irlandaise de 27 ans venue spécialement du Canada pour voter.

    Vendredi, plus de 3,2 millions d’Irlandais ont été appelés à se prononcer sur une modification de la Constitution proposant d’autoriser « le mariage entre deux personnes, sans distinction de sexe ».

    La réforme constitutionnelle approuvée par les Irlandais autorise « le mariage entre deux personnes, sans distinction de sexe ». Elle devrait entrer en vigueur cet été, et les premiers mariages être célébrés avant la fin de l’année.

    Ce texte ne concerne pas l’adoption, déjà possible pour les couples mariés, les personnes célibataires et les couples de même sexe.

    Le référendum, survenu vendredi, a fait l’objet d’une forte participation, supérieure à 60 %, selon la RTE, signe de l’intérêt pour cette consultation qui a donné lieu à des débats passionnés, reflétant les interrogations de la société irlandaise face au conservatisme de l’Église catholique.

    Comme un symbole, des pancartes « Égalité pour tous » avaient été accrochées vendredi à Dublin près de l’ancienne maison d’Oscar Wilde, auteur dont l’homosexualité lui valut d’être emprisonné en Grande-Bretagne au XIXe siècle.

    Le « oui » a été défendu par tous les principaux partis politiques irlandais, y compris le Fine Gael, pourtant plutôt conservateur, du premier ministre Enda Kenny. Le camp du oui a aussi reçu le soutien de personnalités du sport et du spectacle, comme la chanteuse Sined O’Connor.

    Message pour le reste du monde

    Le groupe irlandais U2 avait appelé sur Instagram à voter en faveur du mariage gai avec le message: « In the name of love... #vote yes », citant un de ses refrains les plus célèbres.

    Dans le camp adverse, l’Église catholique d’Irlande et les conservateurs ont clamé que le mariage devait rester l’apanage des couples composés d’un homme et d’une femme.

    Mais l’influence de l’Église, autrefois si puissante, n’a cessé de décliner ces dernières années, érodée par les bouleversements économiques et sociaux, même si l’avortement reste interdit en Irlande, sauf lorsque la vie de la mère est en danger.

    L’institution religieuse paie aussi le prix des affaires de pédophilie impliquant des prêtres, parfois couvertes par des responsables ecclésiastiques.

    « Je crois que l’Église doit ouvrir les yeux » sur l’évolution de la société, a estimé l’archevêque de Dublin, Diarmuid Martin, selon qui l’institution religieuse fait désormais face à un « défi » : « trouver comment faire passer [son] message ».

    L’Irlande, pays de 4,6 millions d’habitants, avait voté en 1995 pour légaliser le divorce, malgré, là aussi, l’opposition de l’Église.

    Selon Colm O’Gorman, un responsable d’Amnesty International, la victoire du oui enverrait « un extraordinaire message d’espoir à la communauté LGBT [lesbienne, gai, bi et trans] victime de persécution à travers le monde ».












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