Giulio Andreotti, l’«inoxydable» de la politique italienne, n’est plus
« Avec lui disparaît un acteur de tout premier plan de la vie publique nationale pendant plus de soixante ans », a réagi le chef du gouvernement Enrico Letta. Le président Giorgio Napolitano a salué un homme d’État « qui a joué un rôle de grande importance pour les institutions et a représenté, avec une continuité exceptionnelle, l’Italie dans les relations internationales et dans la construction européenne ».
Le Romain Andreotti, qui allait quotidiennement à la messe et connaissait de nombreux prélats au Vatican, était une silhouette inoubliable des deux côtés du Tibre : yeux pétillants derrière ses lunettes à monture carrée, bossu, la répartie cinglante, il était considéré comme un « Machiavel ».
Entré au Parlement en 1945, sénateur à vie depuis 1991, il participait encore récemment aux travaux de la chambre haute.
L’«andreottisme » désigne une manière de faire la politique. Andreotti, qui a été sept fois président du Conseil, et se positionnait à droite de la DC, aura été huit fois à la Défense, cinq aux Affaires étrangères, deux aux Finances, deux au Budget, deux à l’Industrie, une au Trésor, une à l’Intérieur, une aux Biens culturels, une aux politiques communautaires.
Appelé au gouvernement une première fois en 1972, Andreotti emporte dans la tombe beaucoup de secrets de l’Italie de la Guerre froide et des Années de plomb, notamment sur les liens avec le Vatican.
L’opinion publique lui a reproché son intransigeance dans l’affaire de l’enlèvement du chef de la DC Aldo Moro en 1978, retrouvé assassiné : chef du gouvernement à l’époque, M. Andreotti avait refusé toute négociation avec les Brigades Rouges.
Sa collusion supposée avec la mafia reste non élucidée. Andreotti qui a toujours protesté de son innocence, s’est dit très blessé par les accusations.







