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L’Ukraine est blâmée pour la détention provisoire de Timochenko

1 mai 2013 | Agence France-Presse | Europe
Un Ukrainien passait un coup de fil mardi devant une affiche d’Ioula Timochenko, dans le centre de Kiev.
Photo : Agence France-Presse Sergei Supinsky Un Ukrainien passait un coup de fil mardi devant une affiche d’Ioula Timochenko, dans le centre de Kiev.
Strasbourg — L’ancienne première ministre ukrainienne, Ioulia Timochenko, incarcérée pour abus de pouvoir, a obtenu mardi la condamnation de son pays par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui a estimé à l’unanimité que son placement en détention provisoire en 2011 avait été « illégal et arbitraire ».

Depuis sa cellule, Mme Timochenko, 52 ans, s’est dite heureuse de cette décision, estimant que la CEDH l’avait « de fait reconnue comme prisonnière politique », et qu’elle se sentait « déjà moralement libre ».


Son avocat, Sergui Vlassenko, a appelé le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, à tirer les conséquences de cette décision, en libérant immédiatement sa cliente. Une position également défendue par la France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères.


Les juges européens ont estimé que la détention provisoire de Timochenko avait été arbitraire car ordonnée « pour une période indéterminée », et alors qu’elle n’avait pas contrevenu aux mesures de contrôle judiciaire qui lui étaient imposées. En outre, l’opposante n’a pas eu la possibilité de contester en justice la légalité de sa détention, a relevé la Cour.


Surtout, elle a relevé que l’incarcération de celle « qui dirigeait l’un des principaux partis d’opposition » n’avait pas été motivée par le risque de la voir se soustraire à l’autorité judiciaire mais par « d’autres motifs ».


« De nombreux observateurs en Ukraine et à l’étranger […] ont considéré que ces événements s’inscrivaient dans le cadre de la persécution à caractère politique des leaders de l’opposition en Ukraine », ont noté les juges à ce propos.


Mme Timochenko, ancienne égérie de la Révolution orange de 2004, a été condamnée de manière définitive en août 2012 à sept ans de prison pour abus de pouvoir.


La CEDH a en revanche rejeté les griefs allégués par l’opposante sur les mauvais traitements ou la privation de soins médicaux qu’elle aurait subis en prison.


La décision annoncée mardi n’est pas définitive : les deux parties ont trois mois pour demander un nouvel examen de l’affaire par l’instance suprême de la CEDH, la Grande chambre, que celle-ci n’est toutefois pas tenue de leur accorder.


À Kiev, cet arrêt devrait être scruté avec d’autant plus d’attention que, en juillet dernier, la Cour européenne avait donné raison à un autre opposant détenu. Elle avait qualifié d’arbitraire l’arrestation en 2010 d’un proche de Mme Timochenko, l’ancien ministre Iouri Loutsenko, et sa détention avant son procès. M. Loutsenko vient finalement d’être gracié et libéré, le 7 avril.


Le président ukrainien a cependant averti, après la grâce accordée à M. Loutsenko, qu’il était impossible d’étendre le bénéfice d’une telle mesure à Mme Timochenko, car celle-ci doit encore être jugée dans le cadre de deux autres procédures : l’une pour fraude fiscale, l’autre pour complicité d’assassinat d’un député en 1996.


L’avocat de l’intéressée a estimé mardi à Strasbourg qu’il était « difficile de faire des pronostics » sur la manière dont les autorités à Kiev réagiront à cet arrêt, dans une affaire où « tout dépend de la volonté d’une seule personne », c’est-à-dire selon lui du chef de l’État.

 
 
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