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Espagne - La percée indépendantiste basque se confirme

22 octobre 2012 | Agence France-Presse | Europe
« Il est temps de commencer à penser en tant que peuple, que pays. Il est temps d’arrêter les ordres venant de Madrid », a lancé Laura Mintegi, candidate de la coalition indépendantiste EH Bildu.
Photo : Alvaro Barrientos Associated Press « Il est temps de commencer à penser en tant que peuple, que pays. Il est temps d’arrêter les ordres venant de Madrid », a lancé Laura Mintegi, candidate de la coalition indépendantiste EH Bildu.

Bilbao, Espagne – Au rythme enjoué d’un groupe chantant en basque, les militants indépendantistes ont fêté dimanche à Bilbao leur forte poussée jusqu’à la deuxième place des élections régionales du Pays basque, dans le nord de l’Espagne, promettant d’« arrêter les ordres venant de Madrid ».


« Il est temps de commencer à penser en tant que peuple, que pays. Il est temps d’arrêter les ordres venant de Madrid », a lancé depuis la tribune Laura Mintegi, candidate à la présidence de la région de la nouvelle coalition indépendantiste EH Bildu.


Si les nationalistes conservateurs du PNV ont conservé leur première place au Parlement régional, avec 27 députés sur 75, EH Bildu a créé l’événement en remportant 21 sièges, devant les socialistes (16 sièges) et le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy (10 sièges).


Or, sous la banderole d’EH Bildu, c’est la mouvance de Batasuna, parti interdit en 2003 en Espagne, car considéré comme le bras politique de l’ETA, qui confirme son grand retour dans la politique basque.


Ses candidats se présentaient, sans étiquette, aux côtés des partis Aralar, Eusko Alkartasuna (EA) et Alternatiba, qui n’ont eux jamais été interdits.


« Il y a un élément nouveau par rapport à la précédente législature et c’est que tous les citoyens et citoyennes basques seront représentés », se réjouissait un candidat d’EH Bildu, Juanjo Agirrezabala.


Il y a un an, le 20 octobre, le groupe basque tenu pour responsable de la mort de 829 personnes en 40 ans de lutte armée pour l’indépendance du Pays basque et de la Navarre annonçait la fin définitive de la violence. Mais il refuse de déposer les armes et de se dissoudre, comme le lui demandent l’Espagne et la France.

 

Rajoy garde la Galice


La droite du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a pour sa part gardé la majorité absolue en Galice. Le double scrutin régional constituait un test pour Mariano Rajoy, fragilisé par la crise économique et par la montée du nationalisme au Pays basque, où la gauche indépendantiste arrive deuxième, comme en Catalogne.


En Galice, la région natale de Mariano Rajoy, le PP remporte 39 à 42 députés sur 75, soit plus que la majorité absolue de 38 sièges qu’il détient actuellement, devant les socialistes (18 à 20), selon un autre sondage.


Le scrutin était risqué pour Mariano Rajoy dans cette région de 2,8 millions d’habitants traditionnellement conservatrice, mais où la crise fait des ravages, avec un chômage qui atteint désormais 21 % de la population active. Car au moment où l’Espagne semble se diriger vers une demande de sauvetage financier, dans un climat social alourdi par le chômage et par une cure d’austérité historique, c’est bien le thème de l’économie qui était au centre de ces élections.

 
 
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