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    Un maire en réserve de la République

    Alain Juppé pense d’abord à Bordeaux, mais aborde volontiers les questions de politique nationale et internationale­

    6 septembre 2012 | Claude Lévesque | Europe
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	Alain Juppé, mercredi, en compagnie du maire de Montréal, Gérald Tremblay</div>
    Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
    Alain Juppé, mercredi, en compagnie du maire de Montréal, Gérald Tremblay
    Alain Juppé a occupé de nombreux postes au cours d’une carrière politique commencée en 1976, quand il s’est joint au cabinet du premier ministre d’alors, Jacques Chirac. Il a dirigé plusieurs ministères, donc ceux des Finances et des Affaires étrangères, en plus d’avoir été premier ministre de 1995 à 1997. Il refuse de dire s’il nourrit des ambitions concernant la présidence de la république ou d’autres postes au niveau national.

    « Pour l’instant, j’ai un objectif qui vous apparaîtra modeste. […] J’ai beaucoup travaillé à Bordeaux depuis quinze ans [il est maire de cette ville] et j’ai un grand projet pour les prochaines années. Donc je vais mettre toute mon énergie à préparer cette élection municipale [de 2014], mais je continuerai bien sûr à m’exprimer sur les questions de politique internationale et de politique nationale. » Ce qu’il a accepté de faire dans une entrevue au Devoir, mercredi.


    Au sujet de la crise internationale de l’heure, soit celle qui sévit en Syrie, il a rappelé que « la Russie et la Chine nous empêchent d’avoir une intervention du Conseil de sécurité qui pourrait aider efficacement l’opposition et faire tomber ce régime, qui est condamné à disparaître parce qu’on ne tue pas 25 000 de ses concitoyens impunément ».


    « C’est très compliqué, reconnaît-il. Il faut sans doute accentuer la pression sur la Russie, ce qui n’est pas facile parce que le président des États-Unis a d’autres occupations en ce moment. Il faut durcir le ton avec l’Iran et faire appliquer les sanctions. Il faut aider l’opposition à se structurer et accentuer l’aide humanitaire. »


    « Malheureusement, ça risque de durer, parce que le régime se cramponne […]. On aura encore des morts dans cette tragédie », ajoute l’ancien ministre des Affaires étrangères.


    M. Juppé s’oppose à toute intervention qui ne recevrait pas le feu vert du Conseil de sécurité de l’ONU. « S’affranchir de la légalité internationale et faire des interventions militaires sans [ce] feu vert […], c’est un pas qu’il ne faut pas franchir », a dit M. Juppé, qui était mercredi l’invité de la Chambre de commerce française au Canada.


    L’ancien premier ministre critique sévèrement la politique suivie par le nouveau président de la République française, François Hollande. « Les Français sont profondément déçus », affirme-t-il, trouvant « très surprenante » l’impopularité du nouveau président après seulement trois mois de pouvoir.


    « On a l’impression que le nouveau président et le nouveau gouvernement ne prennent pas d’initiatives. Pour l’instant, ils se sont surtout employés à détruire ce que Sarkozy avait fait », a poursuivi M. Juppé, reprochant aux nouveaux dirigeants français de n’avoir pris « aucune mesure qui s’attaque au vrai problème de l’économie française, c’est-à-dire à son manque de compétitivité. »


    Le maire de Bordeaux voit certaines ressemblances entre les crises économiques survenues à l’époque où il était en poste à Paris et celle qui secoue actuellement la zone euro, tout en signalant que « la situation internationale et la situation dans la zone euro sont radicalement différentes.»


    «À cette époque-là, l’euro n’existait pas et les solidarités européennes n’étaient pas ce qu’elles sont. »


    Pour M. Juppé, « il est incontournable de réduire le déficit » tout en évitant de « tuer la croissance ». Ce qui doit se faire en coupant dans les dépenses de fonctionnement et en essayant de financer celles qui préparent l’avenir, c’est-à-dire « investir dans la recherche et l’innovation ».


    Dans une conférence midi, M. Juppé a vanté les changements survenus dans la ville dont il est le premier magistrat, dont les nouvelles lignes de tramway et le réaménagement des quais. Il a ensuite évoqué un vaste projet de revitalisation urbaine visant à construire 50 000 nouveaux logements, et parlé des lignes de TGV projetées, dont une permettra de rallier Paris en deux heures.


    Il a aussi voulu défaire certaines idées reçues au sujet de Bordeaux, dont la viticulture réputée n’empêche pas la présence d’autres pôles de développement, dont l’aérospatiale, le laser et le tourisme d’affaires.


    M. Juppé se rend aujourd’hui à Québec pour célébrer le cinquantenaire du jumelage entre la capitale québécoise et la métropole de la Gironde.

     
     
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