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Le président roumain échappe de peu à la destitution

30 juillet 2012 | Agence France-Presse | Europe

Le président roumain suspendu Traian Basescu a affirmé hier avoir échappé à la destitution, grâce à une forte abstention au référendum, tout en assurant comprendre la « colère » des millions de Roumains qui ont voté pour son départ.


« Les Roumains ont rejeté le coup d’État des 256 parlementaires conduits par Victor Ponta [premier ministre] et Crin Antonescu [président intérimaire] », les chefs de file de l’Union sociale libérale (USL, majorité de centre gauche), a déclaré M. Basescu depuis son siège de campagne, quelques minutes après la clôture des bureaux de vote.


« Je veux remercier ceux qui, surmontant leur colère, ont compris que le référendum ne portait pas sur Basescu mais sur l’Europe », a-t-il ajouté, alors que ses partisans avaient appelé à un boycottage de la consultation.


Selon une estimation officielle donnée hier soir par le bureau électoral central, le taux de participation était de 45,92 %, ce qui ouvre la voie à l’invalidation du scrutin.


La participation doit en effet être supérieure à 50 % pour que la consultation soit validée par la Cour constitutionnelle.


Un sondage effectué à la sortie des bureaux de vote pour le compte de la télévision privée Realitatea TV donnait une participation était de 44,01 % à 21 h.


Une écrasante majorité des votants, 86,90 %, s’était prononcée à cette heure pour la destitution du président de centre droit, selon ce sondage.


L’USL a de son côté assuré que le taux final de participation s’élèverait à 52 %, validant le référendum, un chiffre contredit par le Parti démocrate libéral (PDL, opposition) dont est issu M. Basescu.


Le premier ministre social-démocrate Victor Ponta a estimé dans une déclaration au siège du gouvernement que, quel que soit le taux de participation final, aucun homme politique « ne peut ignorer la volonté » de millions de votants, appel du pied à un départ de M. Basescu.


« Tout homme politique qui ignore la volonté de millions de votants est coupé de la réalité », a déclaré M. Ponta, mettant en doute la « légitimité » de son adversaire.


Après trois mois de cohabitation houleuse avec le gouvernement de centre gauche, M. Basescu a assuré que dès son retour au palais présidentiel il s’attacherait à « promouvoir la réconciliation ».


M. Basescu, ancien capitaine de marine qui a déjà survécu à un référendum de destitution en 2007, a vu sa cote de popularité s’effondrer après une cure d’austérité draconienne administrée en 2010.

 

La décision sera respectée


Le président intérimaire de Roumanie, Crin Antonescu, a déclaré hier que sa majorité de centre gauche respectera les décisions de la Cour constitutionnelle, appelée à valider ou non le référendum pour la destitution du chef de l’État suspendu Traian Basescu.


« Nous agirons sur la base du respect de toutes les institutions habilitées, que ce soit le Bureau électoral central ou la Cour constitutionnelle », a indiqué M. Antonescu aussitôt après la clôture des urnes.


L’Union européenne, qui avait fustigé mi-juillet les méthodes peu orthodoxes employées par l’USL pour faciliter la destitution du président, a demandé à Bucarest de se conformer à toutes les décisions de la Cour constitutionnelle.

 
 
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