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La France commémore la rafle du Vel d’Hiv

Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 Juifs étaient arrêtés dans la région parisienne

17 juillet 2012 | Agence France-Presse | Europe
Cérémonie organisée hier sur le site de l’ancien camp de concentration de Drancy.
Photo : Agence France-Presse Bertrand Gray Cérémonie organisée hier sur le site de l’ancien camp de concentration de Drancy.

Soixante-dix ans après la rafle du Vel d’Hiv à Paris en juillet 1942 au cours de laquelle 13 152 Juifs avaient été arrêtés, un hommage aux victimes a été rendu hier à Drancy, l’un des lieux de leur internement avant leur départ vers les camps de la mort.


Cette cérémonie organisée à l’emplacement de l’ancien camp de Drancy, au nord de Paris, sera suivie dimanche à Paris par une célébration en présence du président français François Hollande, devant le monument à la mémoire des victimes érigé à l’emplacement du Vel d’Hiv, un ancien vélodrome où des milliers d’entre eux avaient été parqués.


Plusieurs centaines de personnes ont aussi participé à Jérusalem à une cérémonie au mémorial de la Shoah, Yad Vashem, organisée par Aloumim, l’association israélienne des enfants cachés en France pendant la Shoah et la délégation israélienne de l’association Fils et filles des déportés juifs de France.


Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 Juifs étrangers réfugiés en France avaient été arrêtés à Paris et en banlieue par la police française, avant d’être déportés vers des camps d’extermination nazis, notamment Auschwitz.


Parmi eux, 8160 personnes, dont 4115 enfants, avaient été enfermés durant quatre jours au Vélodrome d’hiver. Les 4992 autres, couples sans enfants et célibataires, étaient entassés dans le camp de Drancy, une cité d’habitations transformée en camp d’internement et de transit vers les camps de la mort.


Sur les 13 152 victimes de cette rafle seule une centaine ont survécu, dont aucun enfant.


En 1995 le président Jacques Chirac avait rompu avec l’histoire officielle attribuant la responsabilité de la rafle aux seules autorités d’occupation en reconnaissant que l’État français y avait apporté son concours.

 

«Tirer les leçons de l’Histoire »


Le rabbin Moché Lewin, porte-parole du Grand Rabbin de France, a invité lundi chacun à participer au « devoir de mémoire », pour « transmettre les valeurs humanitaires […] de génération en génération ».


«Il faut le faire pour le salut de l’humanité elle-même, pour ne pas laisser se développer à nouveau l’idéologie barbare », a-t-il insisté, devant plusieurs centaines de personnes, dont des anciens déportés et des représentants des religions juive, catholique, protestante et musulmane.

 

Antichambre de la mort


«Notre souffle d’anciens survivants s’essoufle lentement. Mais sachez que notre mémoire est votre héritage », a souligné Yvette Levy, ancienne déportée, lors d’un discours devant le wagon témoin, semblable à ceux qui avaient servi de moyen de transport vers les camps.


«À Drancy, ce fut l’antichambre de la mort. Les conditions étaient abjectes et dantesques », a-t-elle témoigné, avant de rendre hommage « aux vies brisées » et « aux destins anéantis » par la « barbarie nazie ».


«Quand je suis revenu en France, après la guerre, je faisais 29 kilos », a témoigné Charles Baron, 85 ans, déporté à l’âge de 16 ans et dont les deux parents sont décédés dans les camps. « Mais les gens ne croyaient pas ce que nous avions vécu », a-t-il confié à l’AFP. «Aujourd’hui, il est important que ce drame ne reste pas oublié. Si un jour la situation s’aggravait à nouveau, ceux qui oublient seraient les premières victimes », a-t-il ajouté, jugeant important de « tirer les leçons de l’Histoire ».


Cet anniversaire survient alors qu’un sondage publié hier fait apparaître qu’une majorité des moins de 35 ans ne sait pas ce qu’est la rafle du Vel d’Hiv.


Le « chasseur de nazis » français Serge Klarsfeld a estimé que l’enseignement de la Shoah dans les écoles était pourtant « remarquable », mais il a incriminé un « nouvel antisémitisme » chez « des jeunes qui ne veulent pas l’écouter pour des raisons politiques ».


Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’est récemment inquiété d’un « antisémitisme nouveau » qui se développe depuis plusieurs années dans les cités populaires, au nom « d’une identité qui se sentirait menacée », notamment parmi des jeunes musulmans.

 
 
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