Grèce - Samaras obtient un mandat du parlement pour sa politique pro-euro
À la tête d’une coalition gouvernementale pro-européenne, M. Samaras, chef du parti de droite Nouvelle Démocratie (ND), a reçu le soutien des 179 députés appartenant aux trois partis qui soutiennent ce gouvernement (ND, Pasok socialiste, Gauche démocratique Dimar) sur les 300 que compte le parlement.
Après trois jours d’intenses débats sur les façons d’apaiser la rigueur, dictée par les créanciers, Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI), ce vote conforte M. Samaras à quelques heures de la réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles.
Les ministres des Finances devraient une nouvelle fois plancher sur la gravité de la situation hellène, ainsi que sur l’aide à Chypre et les banques espagnoles.
« L’objectif du gouvernement est de garantir la place de la Grèce dans la zone euro, en réponse à ceux qui veulent la saper », a souligné M. Samaras durant le débat parlementaire qui s’est ouvert vendredi.
Hier, le premier ministre a vivement répliqué aux attaques d’Alexis Tsipras, chef de l’opposition de la gauche radicale Syriza qui l’accuse « de brader le pays » et d’avoir renoncé à renégocier l’austérité stricte imposée à la Grèce par les créanciers. « La seule voie pour échapper à la faillite passe par la croissance et les investissements dans le pays, alors que vous, vous parlez toujours de plus d’État », lui a-t-il lancé en clôture des débats.
« Vous nous accusez d’avoir abandonné l’objectif de renégociation. J’ai déjà souligné qu’on veut la renégociation surtout pour apaiser la rigueur, mais elle sera difficile », a-t-il reconnu.
Il a souligné la nécessité d’accélérer les réformes réclamées par les créanciers, UE et FMI, et surtout le vaste programme de privatisations, promis mais jamais réalisé par les gouvernements précédents. « Nous avons annoncé de grands projets de privatisations, on nous a accusés de bradage, mais c’est un argument populiste. L’exploitation des biens publics va se faire pour échapper à la faillite et sortir de la crise », a affirmé M. Samaras qui s’était engagé vendredi à aller « au-delà » de la liste prévue dans le plan UE-FMI.
Détaillée samedi soir au Parlement par le ministre des Finances Yannis Stournaras, cette liste comprend les sociétés publiques d’électricité (DEI), des eaux (Eydap) ou de la poste (Elta), mais aussi des aéroports, chemins de fer, ports ou des petits hôpitaux régionaux.
Le gouvernement est prêt à prendre des mesures pour attirer des investisseurs, comme par exemple « de donner la possibilité au Fonds hellénique des privatisations d’être payé par des obligations de l’État grec », a indiqué M. Stournaras.








