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    Affrontements et crise à saveur linguistique en Ukraine

    5 juillet 2012 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse | Europe
    En ukrainien ou en russe?
    Photo: Agence France-Presse (photo) En ukrainien ou en russe?
    La police ukrainienne a tiré des gaz lacrymogènes sur des opposants qui manifestaient mercredi à Kiev contre une loi controversée sur la langue russe dans cette ex-république soviétique, poussant le président à convoquer les leaders du Parlement pour régler la crise politique.

    Un millier de manifestants, venus à l’appel des partis d’opposition, notamment ceux de l’ex-premier ministre emprisonnée Ioulia Timochenko et du célèbre boxeur Vitali Klitschko, se sont réunis devant un centre d’exposition dans le centre-ville.


    Quelque 1300 policiers antiémeute, selon les autorités, ont été déployés autour de ce bâtiment où une grande conférence de presse du chef de l’Etat Viktor Ianoukovitch était prévue dans la matinée.


    La police a commencé à repousser les protestataires de l’immeuble et des affrontements ont éclaté. Plusieurs manifestants et policiers ont été blessés et avaient du sang sur le visage.


    Les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, parmi lesquels M. Klitschko.


    Face à ce chaos, le président Ianoukovitch a fini par annuler sa conférence de presse et a convoqué les chefs des différents groupes au Parlement pour régler la « crise au Parlement » au lendemain de l’adoption de la loi controversée, a indiqué la présidence.


    La loi élargit les droits d’utilisation des langues des minorités, dont le russe au niveau régional, ce qui revient de facto, selon l’opposition, à faire du russe la deuxième langue officielle en Ukraine.


    Le président du Parlement, Volodymyr Litvine, a annoncé sa démission dans la matinée, mais celle-ci doit encore être validée par un vote des députés.


    Il a affirmé avoir été « dupé » par un vice-président du Parlement qui a lancé la procédure de vote en son absence. « J’ai été dupé, l’Ukraine a été dupée », a dit M. Litvine, selon Interfax.


    Face à cette situation, le président Ianoukovitch a brandi la menace de « législatives anticipées », alors que les élections parlementaires sont prévues fin octobre.


    Ces événements surviennent trois jours après la fin de l’Euro-2012 de football co-organisé par l’Ukraine et perçu dans le pays comme un succès qui a amélioré son image, mise à mal notamment par l’affaire Timochenko.


    «Le pays aurait dû profiter des impressions exceptionnelles de millions d’Européens sur l’Ukraine après l’Euro-2012. Mais au lieu de cela, les parlementaires ont malheureusement fait un pas vers la confrontation », a déploré le ministre du Développement économique, Petro Porochenko, cité par Interfax.


    L’adoption mardi en deuxième et dernière lecture de la loi sur la langue russe avait provoqué des empoignades entre une quarantaine de députés des deux camps - le Parti des régions, au pouvoir et favorable à la loi, et l’opposition.


    Faire du russe la deuxième langue d’État était une des promesses électorales du président Ianoukovitch dont le parti est en position délicate, selon des sondages, à l’approche des législatives.


    L’Ukraine compte une importante communauté russophone et le statut du russe ne cesse de provoquer des conflits dans cet- te ex-république soviétique de 46 millions d’habitants, située entre la Russie et l’Union européenne.


    «La question de la langue est artificielle […] on se comprend », peu importe qu’on parle russe ou ukrainien, a pour sa part déclaré à l’AFP M. Klitschko. « Ce n’est qu’une tentative du pouvoir de détourner l’attention des vrais problèmes », a-t-il ajouté.













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