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L’Espagne appelle l’Europe à l’aide

Le montant de l’aide pour les banques espagnoles reste inconnu

26 juin 2012 | Agence France-Presse | Europe
L’Espagne a officiellement demandé hier, sans la chiffrer, une aide financière de la zone euro pour ses banques, marquant le coup d’envoi d’une semaine chargée pour l’Europe qui se retrouvera les 28 et 29 juin en sommet, en pleine crise de défiance des investisseurs.

Le flou qui persiste autour du sauvetage des banques espagnoles, pour 100 milliards d’euros au maximum, a recentré les craintes sur l’Espagne, au moment où les Européens vont de réunion en réunion pour tenter de déminer la crise.


Même si les marchés n’ont que peu réagi à la demande formelle de Madrid, ils se montraient nerveux hier avant le sommet de Bruxelles, qui doit se pencher sur les difficultés les plus urgentes rencontrées dans la zone euro, notamment par l’Espagne et la Grèce.


Les taux d’emprunt concédés à l’Espagne, quatrième économie de la zone euro, sont ainsi repartis à la hausse. La Bourse de Madrid a elle plongé de plus de 3 % dans l’après-midi.


Deux semaines après l’accord de principe conclu sur une aide aux banques espagnoles, dont certaines croulent sous les crédits immobiliers impayés, le montant et les modalités de ce sauvetage restent à définir.


« Je m’adresse à vous pour solliciter formellement une assistance financière pour la recapitalisation des entités financières espagnoles qui en ont besoin », a écrit le ministre de l’Économie, Luis de Guindos, dans une lettre au président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, publiée hier.


La semaine dernière, l’Espagne avait annoncé que son secteur bancaire aurait besoin de 62 milliards d’euros dans le pire des scénarios de crise, se basant sur les résultats de deux audits indépendants.


Un chiffre bien inférieur pourtant à l’offre européenne, mais aussi aux attentes du marché qui a imposé ces dernières semaines au pays pour se financer des taux insoutenables à long terme.


En dépit de l’urgence, Madrid a confirmé hier que commençaient des négociations sur le montant et les conditions du prêt, dans le but de parvenir à un accord avant le 9 juillet, date de la prochaine réunion des 17 ministres de l’Économie de la zone euro.


Le plan pourrait prendre la forme d’un prêt sur plus de 15 ans, « avec des taux d’intérêt compris entre 3 % et 4 % », avait déjà annoncé M. de Guindos.


Cependant, seul « un ordre de grandeur » de l’aide demandée sera connu le 9 juillet, a indiqué hier le secrétaire d’État à l’Économie, Fernando Jimenez Latorre, précisant que « les chiffres spécifiques [des besoins] de chaque entité seront connus en septembre».


L’annonce, le 9 juin, d’un accord entre Madrid et ses partenaires européens sur le sauvetage bancaire n’a pourtant pas calmé les attaques des marchés, nombre d’analystes s’inquiétant que ce plan ne doive être suivi d’un sauvetage global de l’économie espagnole.


« Que l’Espagne ait ou non besoin d’un soutien financier global au-delà de l’aide aux banques dépendra de sa capacité à conserver l’accès aux marchés », remarquait Antonio Garcia Pascual, analyste chez Barclays.


« Ceci dépend à la fois des engagements que prendra l’Espagne et, plus largement, de la vitesse à laquelle les décisions européennes évolueront vers une plus grande intégration financière et budgétaire dans les prochains jours et semaines », ajoutait-il.


Car au-delà de la conjoncture, les dirigeants européens sont attendus jeudi et vendredi sur les projets structurels pour relancer l’Union européenne.


La chancelière allemande Angela Merkel plaide pour une « union politique » qui conduirait à « plus d’Europe », afin de coordonner les politiques économiques entre pays membres.


Lui aussi en faveur d’une plus grande union politique, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a estimé hier que l’Union européenne devait «avancer vers une meilleure intégration budgétaire, avec la création d’une autorité budgétaire qui coordonne les politiques des États membres et contrôle le budget».


Mais M. Rajoy plaide pour la création d’une « agence de la dette avec des émissions communes », une idée à laquelle est opposée l’Allemagne à court terme.


***
 

Chypre demande aussi l’aide de l’Europe pour ses banques

Chypre s’est officiellement résolue hier à demander l’aide de l’Union européenne pour son secteur bancaire en difficultés, l’île méditerranéenne, membre de la zone euro, traversant une passe économique difficile alors qu’elle s’apprête à prendre la présidence semestrielle de l’UE.
 

« Le gouvernement de la République de Chypre a informé aujourd’hui les autorités européennes compétentes de sa décision de présenter à la zone euro une demande d’aide financière », selon un communiqué officiel diffusé à Bruxelles et à Nicosie.
 

Chypre est le 5e pays de l’UE à effectuer cette démarche auprès des autorités européennes.
 

Cette aide devrait être accordée dans le cadre des Fonds de sauvetage européens FESF et MES et vise à « contenir les risques pour l’économie chypriote […] provenant de son secteur financier, très exposé à l’économie grecque », ajoute le communiqué sans préciser le montant demandé.


La banque chypriote Marfin Popular Bank a un besoin immédiat de 1,8 milliard d’euros qui doivent être trouvés avant le 30 juin, date limite pour satisfaire aux exigences de recapitalisation de l’autorité de surveillance bancaire européenne.
 

Mais, selon l’agence de notation financière Fitch, les besoins des banques chypriotes pourraient atteindre 4 milliards d’euros, soit plus de 20 % du PIB de la République de Chypre, qui compte 820 000 habitants.
 

Fitch a d’ailleurs abaissé lundi la note de Chypre à BB +, la reléguant dans la catégorie des placements spéculatifs comme l’ont déjà fait Standard and Poor’s et Moody’s.
 

Cette demande intervient également à un moment diplomatique délicat pour la République de Chypre, qui va assurer à compter du 1er juillet la présidence semestrielle de l’UE.

 
 
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