Élections Législatives en France - Hollande a la majorité absolue à portée de main
Le Parti socialiste et ses alliés écologistes recueillent près de 40 % des suffrages, tandis que la droite résiste avec 34 %, selon des résultats partiels et des estimations d’instituts de sondage. Le Front de gauche (gauche radicale) obtient 6,5 %, et l’extrême droite, 14 %.
Sur la base de ces résultats, les socialistes, écologistes et leurs alliés remporteraient de 283 à 347 sièges (la majorité absolue est à 289), sur les 577 que compte l’Assemblée nationale au second tour le 17 juin, selon les instituts de sondage. La gauche radicale obtiendrait entre 13 et 20 sièges. La droite emporterait de 210 à 270 sièges, l’extrême droite entre 0 et 3 sièges, comme le centre.
Le premier ministre socialiste, Jean-Marc Ayrault, réélu dès le premier tour à Nantes, ville dont il est le maire, a demandé hier aux Français d’installer « le changement dans la durée » en lui apportant une « majorité large, solide et cohérente » au second tour.
Les mains libres
La gauche aborde ce second tour avec une relative sérénité. Un mois après son élection, le 6 mai, François Hollande devrait avoir les mains suffisamment libres pour mettre en oeuvre ses promesses de campagne : revalorisation du pouvoir d’achat, réforme des retraites et de la fiscalité, redressement productif, éducation.
Avec une majorité absolue en compagnie des écologistes à l’issue du second tour, François Hollande n’aurait pas besoin de l’appui de la gauche radicale, dont les positions sont sur certains sujets très éloignées des siennes. « Au vu des résultats de ce soir, je pense que la majorité existera sans le Front de gauche », a confirmé le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, lui aussi réélu dès le premier tour en Normandie.
Environ 46 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, et le taux de participation a été inférieur à 58 %, selon les instituts de sondage, un record d’abstention pour des législatives depuis plus de 50 ans.
Bons résultats pour le FN
Le Front national (FN, extrême droite) obtient un bon résultat, dans la foulée des 17,9 % obtenus par Marine Le Pen, sa dirigeante, à la présidentielle.
Absent de l’Assemblée depuis 1988, le Front national espère obtenir quelques élus dans ses places fortes du Sud-Est ou du Nord, mais cela est loin d’être acquis, du fait du mode de scrutin, majoritaire à deux tours, qui lui fait payer son isolement politique.
À défaut d’avoir des députés en nombre, le Front national veut se maintenir dans un maximum de circonscriptions au second tour pour provoquer un débat à droite, dont une partie pourrait être tentée localement de faire alliance avec lui contre la gauche. La dirigeante du FN, Marine Le Pen, a d’ailleurs appelé hier soir à une « recomposition » à droite, soulignant que le Front national « confirmait sa position de troisième force politique de France ».
Marine Le Pen, fille du tribun de l’extrême droite Jean-Marie Le Pen, a obtenu 42 % des voix à Hénin-Beaumont face au dirigeant de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, qui lui avait lancé un défi et qui, arrivé en troisième position, s’est désisté en faveur du candidat socialiste qui était devant lui. Une autre Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen (nièce de Marine), est qualifiée pour le second tour dans le Vaucluse, où elle est arrivée en tête avec 34,6 % des voix, devant un candidat de droite et une socialiste. Le Front national peut aussi espérer l’élection dans le Gard d’un autre de ses candidats, le médiatique avocat Gilbert Collard. Parmi les personnalités, le dirigeant centriste François Bayrou aura du mal à conserver son siège dans les Pyrénées-Atlantiques : il est devancé par la gauche et le candidat de droite pourra se maintenir au second tour.
Quant à la candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, qui fut longtemps la compagne de François Hollande, candidate en Charente-Maritime, elle a confirmé hier soir son souhait de devenir la présidente de l’Assemblée nationale, si elle est élue députée dimanche prochain.








