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Scandale des écoutes - David Cameron dans une position délicate

9 juin 2012 | Agence France-Presse | Europe
Le premier ministre britannique, David Cameron, dans une position de plus en plus délicate au fil des révélations sur ses liens avec le groupe médiatique Murdoch, doit être à son tour mis sur le gril jeudi par la commission d’enquête créée dans la foulée du scandale des écoutes.

Cette audition, attendue de longue date, doit normalement durer plus de six heures, selon le programme publié vendredi. Comme toutes les séances de la commission indépendante dirigée par le juge Brian Leveson, elle sera retransmise en direct.


David Cameron sera le seul à être entendu ce jour-là. Mais le début de la semaine devrait voir aussi défiler plusieurs poids lourds du gouvernement, à commencer par le ministre des Finances George Osborne lundi, suivi par le vice-premier ministre Nick Clegg mercredi.


L’ex-premier ministre John Major et le dirigeant travailliste Ed Miliband sont, eux, attendus mardi.


Ironie de l’histoire, c’est M. Cameron qui avait mis lui-même en place cette commission lorsque l’ampleur du scandale des écoutes téléphoniques au sein du tabloïde News of the World (NotW) était apparue au grand jour l’été dernier. Elle est chargée de se pencher sur l’éthique de la presse et ses liens avec le pouvoir et la police.


Le NotW, ex-fleuron du magnat des médias Rupert Murdoch fermé à cause de ce scandale, est soupçonné d’avoir fait écouter 800 personnes pour alimenter sa machine à scoops.


Jeudi, l’exercice s’annonce difficile pour M. Cameron, dont les liens avec l’entourage du magnat des médias sont apparus de plus en plus clairement au fil des témoignages devant la commission.


Avant même qu’elle ne commence ses investigations, le chef du gouvernement avait été contraint de se justifier à plusieurs reprises, y compris devant le parlement, sur le recrutement d’Andy Coulson, ancien rédacteur en chef du NotW, qui fut un temps responsable de sa communication.


Interpellé en juillet 2011 dans l’affaire des écoutes, Andy Coulson a aussi été inculpé dernièrement pour faux témoignage dans un procès lié à ce scandale.


L’enquête confiée au juge Leveson a également mis en évidence les liens étroits entre le premier ministre conservateur et Rebekah Brooks, ex-directrice de News International, la division chapeautant les journaux britanniques de Murdoch, ainsi qu’avec son mari, ami d’enfance de Cameron.


Début mai devant la commission, Rebekah Brooks, qui a été arrêtée à deux reprises dans l’affaire des écoutes, a ainsi révélé que le chef du gouvernement signait « lots of love » les textos de soutien qu’il lui adressait quand le scandale faisait rage.

 

Ministre dans l’embarras


Plus embarrassant encore : selon un autre témoignage, David Cameron aurait confié le dossier du rachat de BSkyB à un ministre, Jeremy Hunt, dont il savait qu’il était favorable à l’offre présentée par Rupert Murdoch pour acquérir la totalité du florissant bouquet satellitaire.


L’opposition a réclamé à plusieurs reprises ces dernières semaines la démission du ministre de la Culture.


Entendu lui aussi dernièrement par la commission, M. Hunt, qui était chargé de se prononcer sur le projet Murdoch avant que le magnat ne retire son offre, a reconnu avoir été « globalement compréhensif », mais assuré avoir mis de côté son « opinion personnelle ».


Le témoignage du ministre a toutefois été mis à mal par la publication de textos prouvant sa proximité avec le groupe Murdoch. Dans l’un d’entre eux, il « félicite » ainsi James, le fils du magnat, après l’approbation du projet BSkyB par la Commission européenne.


M. Cameron n’a toutefois pas lâché son ministre, qui chapeaute aussi l’organisation des jeux Olympiques. Downing Street a annoncé qu’il ne lancerait pas d’enquête pour déterminer si Jeremy Hunt avait violé « le code ministériel ».

 
 
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