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    TPIY : Ratko Mladic devant ses juges

    Il a pris en main le nettoyage ethnique de la Bosnie, déclare l’accusation

    17 mai 2012 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse | Europe
    L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic a « pris en main le nettoyage ethnique de la Bosnie » au début des années 1990, a affirmé l’accusation à l’ouverture du procès de l’ex-général à La Haye, 17 ans après le massacre de Srebrenica.

    Ratko Mladic, 70 ans, « a pris en main le nettoyage ethnique de la Bosnie », a affirmé Dermot Groome, représentant du bureau du procureur, devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) : « il a pleinement participé à une entreprise criminelle qui était en marche. »


    Cartes démographiques à l’appui, l’une datant d’avant la guerre de Bosnie, l’autre d’après la guerre, M. Groome a décrit comment de nombreuses municipalités ethniquement mixtes ou à majorité musulmane étaient devenues serbes à la suite d’une campagne de « nettoyage ethnique » dont il a décrit les « objectifs stratégiques ».


    Assis derrière son avocat, l’accusé, en costume gris foncé et chemise claire, a brièvement applaudi l’entrée des juges dans la salle d’audience. L’ancien général, qui est apparu en meilleure forme que lors de sa première comparution à La Haye en juin 2011, n’a pas pris la parole. Il a gardé un visage impassible, barré parfois d’un rictus, ou montré des signes de douleur à la tête.


    L’ancien militaire, qui a subi trois attaques cérébrales en 1996, 2008 et février 2011, est hémiplégique (paralysé du côté droit en ce qui le concerne), selon son avocat Branko Lukic.


    Arrêté le 26 mai 2011 en Serbie après avoir échappé pendant 16 ans à la justice internationale, Ratko Mladic est accusé de génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis par ses troupes pendant la guerre de Bosnie, qui avait fait 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.


    « L’accusation doit raconter l’histoire et cette histoire n’est pas belle, a déclaré l’avocat de l’accusé à des journalistes après l’audience. Notre tâche est de montrer que ce qu’ils disent n’est pas vrai. »


    La déclaration liminaire de l’accusation se poursuit ce matin. Le procès, qui pourrait durer trois ans, selon l’accusation, doit ensuite reprendre le 29 mai avec l’audition du premier témoin du bureau du procureur.


    L’accusation a toutefois indiqué dans un document publié hier en réponse à une demande d’ajournement du procès par la défense au prétexte qu’elle n’est pas prête, ne pas être opposée à un report de la présentation des éléments de preuve à charge.


    L’ancien général est poursuivi pour les mêmes crimes que son alter ego politique Radovan Karadzic, 66 ans, jugé à La Haye depuis octobre 2009.


    Ratko Mladic, qui plaide non coupable et encourt la prison à vie, doit notamment répondre du massacre de Srebrenica en juillet 1995, au cours duquel près de 8000 hommes et adolescents musulmans avaient été tués par les forces serbes de Bosnie, le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.


    Ratko Mladic est également poursuivi pour son rôle dans le siège de Sarajevo, au cours duquel 10 000 civils avaient été tués, et de la prise en otage de 200 soldats et observateurs de l’ONU en 1995.

     
     
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