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La France trouve écho au Québec

10 mai 2012 | Roger Kemp - Trois-Rivières | Europe

Dans un des nombreux discours prononcés par François Hollande durant le dernier mois, celui-ci disait que l’ennemi numéro un à combattre si les Français lui confient la présidence de la République ce serait le monde de la finance.


La présidentielle française a ramené à l’avant-scène une gauche avide de corriger les iniquités causées par une droite trop soucieuse de garnir ses coffres, ou du moins pressée de protéger ses avoirs même au détriment des moins nantis. Les socialistes de François Hollande ont donc la ferme intention de redresser et ramener au centre ce qui était trop à droite.


La crise économique qui nous affecte depuis 2008 est en réalité une crise financière créée par un système qui a perdu ses repères. Depuis 2008, nous assistons à ce qui s’apparente à une implosion du système capitaliste en perdition. Tant et aussi longtemps que la droite contrôlait les différents gouvernements, les financiers pouvaient agir à leur guise sans se soucier d’avoir à combattre des chefs d’État, les sachant tout aussi à droite qu’eux.


L’arrivée de François Hollande dans le giron des décideurs mondiaux aura-t-elle un impact sur les marchés économiques ? Comment celui-ci sera-t-il perçu par ses homologues ? Aura-t-il suffisamment d’appuis pour modifier les comportements ?


Chose certaine, une partie de bras de fer devrait débuter sous peu si François Hollande maintient le cap d’une gauche au service de la classe moyenne et des moins nantis. Le combat sera féroce, car la droite ne lâchera pas le morceau facilement.


L’écart entre les pauvres et les riches a progressé depuis Lionel Jospin, candidat gauchiste défait dès le premier tour en 2002. Puis cette gauche a voté à 46,7 % en 2007 pour Ségolène Royal, derrière un Sarkozy combatif. Comme l’écart continuait de grandir, les riches étant de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, il n’est pas étonnant que François Hollande ait récolté 51,6 % du suffrage exprimé. La révolte de la gauche devient une tendance lourde.


Faut-il voir un lien avec ce qui se passe présentement au Québec ? On pourrait le penser en voyant tout le combat mené par les étudiants sur des enjeux de société contre une droite voulant faire payer par tous des droits de scolarité égaux indépendamment des différences de revenus. Les étudiants voient dans cette mesure une injustice, tout comme une forte proportion de la population d’ailleurs.


Selon moi, l’éducation postsecondaire devrait être entièrement gratuite, mais lorsque l’étudiant obtient son diplôme et/ou entre sur le marché du travail, le remboursement des frais pour sa formation universitaire se ferait au prorata du salaire qu’il percevrait. Plus tu gagnes, plus tu paies. Moins tu gagnes, moins tu paies. C’est une question d’équité.

 
 
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