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    Le lendemain d'élection en France - Le jour 1 d’un président « normal »

    Angela Merkel ne veut toujours pas renégocier le traité de stabilité budgétaire

    8 mai 2012 |Christian Rioux | Europe
    Une foule de sympathisants attendait François Hollande à la sortie de son QG de campagne, hier, à Paris.
    Photo: Agence Reuters Gonzalo Fuentes Une foule de sympathisants attendait François Hollande à la sortie de son QG de campagne, hier, à Paris.
    Dès le lendemain de son élection en 2007, Nicolas Sarkozy partait en croisière sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré. Pas de sinécure semblable pour le président « normal » François Hollande, qui s’est mis au travail dès hier matin. Moins de quinze heures après son élection, il a réuni ses collaborateurs pour préparer la transition. Au menu : la formation d’un gouvernement, le choix d’un premier ministre et la préparation d’importants rendez-vous internationaux. Toute la journée, les personnalités politiques et les ambassadeurs (dont l’américain et le chinois) ont défilé à l’ancien quartier général de campagne du nouvel élu.

    La date de la passation des pouvoirs était à peine fixée au 15 mai que, déjà, la chancelière allemande, Angela Merkel, disait vouloir accueillir François Hollande « à bras ouverts » à Berlin, affirmant cependant qu’elle n’entendait pas renégocier le pacte de stabilité budgétaire et excluait toute « croissance par les déficits ».


    Les collaborateurs du nouveau président ont accueilli la nouvelle avec calme, convaincus que la chancelière pose les balises de la négociation à venir, mais aussi que l’élection d’hier donne un poids politique à une idée de plus en plus reprise dans les capitales européennes. Depuis quelques semaines, l’équipe de François Hollande a établi des contacts non seulement à Berlin, mais aussi dans plusieurs pays européens où la rigueur « à l’allemande » suscite une opposition croissante.


    Dimanche, le président du Conseil italien, Mario Monti, s’est entretenu avec François Hollande. « Il est fondamental que l’Europe adopte d’urgence des politiques concrètes pour la croissance », a-t-il déclaré. Même Londres montre des signes d’ouverture. Hier, le conseiller du président polonais, Roman Kuzniar, a déclaré que la France sera « peut-être désormais plus ouverte aux besoins d’autres peuples ». Même réaction en Autriche où le chancelier Werner Faymann a estimé que cette élection ouvrait la possibilité de « prendre des décisions qui ne soient pas seulement des mesures d’économie » et de « tirer les conséquences de la crise ».


    Les responsables européens semblent ouverts à l’idée d’ajouter un protocole au traité. Les travaux préparatoires à un agenda sur la croissance sont d’ailleurs en cours et pourraient faire l’objet d’un accord au Conseil européen des 28 et 29 juin prochain. À Berlin, on pense généralement qu’Angela Merkel a intérêt à un compromis à un peu plus d’un an d’une échéance électorale et surtout au moment où la croissance allemande ralentit.


    Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont entendus hier pour que la passation des pouvoirs se déroule le 15 mai. Le nom du premier ministre sera annoncé le même jour, a confirmé François Hollande. Les noms les plus cités sont ceux de Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls et Martine Aubry. Ensuite, le président s’envolera aussitôt pour l’Allemagne, puis pour les États-Unis où se tiendront les sommets du G8 et de l’OTAN. Lors de ce dernier sommet, François Hollande doit annoncer à ses partenaires le retrait avant la fin de l’année des soldats français en Afghanistan.


    Ce matin, Nicolas Sarkozy et François Hollande assisteront ensemble aux cérémonies commémorant la victoire des Alliés sur l’Allemagne en 1945. En 2007, Jacques Chirac avait fait la même proposition à Nicolas Sarkozy qui l’avait refusée. « C’est une transition républicaine et apaisée qui se prépare », a déclaré en conférence de presse l’ancien directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici. Selon lui, la passation des pouvoirs se fait « dans un bon esprit, en bonne intelligence ».


    La part d’ombre qui pouvait subsister sur l’avenir politique de Nicolas Sarkozy, après ses déclarations de dimanche, a été dissipée hier. Selon Le Figaro, Nicolas Sarkozy a confirmé à son comité de campagne, réuni hier à l’Élysée, qu’il quitterait définitivement la politique. « Une page se tourne pour moi, a-t-il confié. Je ne serai pas candidat aux législatives, ni aux élections à venir. »


    La droite divisée


    Dans un autre quartier de la capitale, les ténors de la droite ont défilé toute la journée au siège de l’UMP, où se tenait une réunion extraordinaire du bureau politique pour dresser le constat de la défaite. « Notre famille est totalement rassemblée », a assuré Jean-François Copé, en conférence de presse. Le secrétaire général dit que son parti est « entièrement mobilisé » pour les élections législatives à venir. Il répète qu’il n’y a « aucune place pour les querelles de personnes » et qu’il n’y aura « pas d’alliance de quelque nature que ce soit avec le Front national ».


    Mais, derrière les portes closes, Nicolas Sarkozy laisse un parti plus divisé que jamais. À six semaines des législatives, les responsables tentent de colmater les brèches et d’éviter la débâcle que pourrait provoquer la division des voix de la droite à cause du FN.


    Hier, la sénatrice Chantal Jouanno a critiqué sévèrement la campagne de Nicolas Sarkozy. « En validant les mots et l’agenda du Front national, ou en donnant le sentiment de les valider, nous avons perdu des points dans la présidentielle », a-t-elle déclaré au magazine Marianne. À l’autre extrémité du spectre politique, le député UMP de la Gironde, Jean-Paul Garraud, se demande plutôt s’il ne faudrait pas songer à un « rapprochement » avec le FN au lieu de s’enfermer « dans les blocages idéologiques » alors qu’une majorité des électeurs de l’UMP (70 %) et du FN (68 %) le souhaitent.


    L’ancien premier ministre Alain Juppé a annoncé hier qu’il ne serait pas candidat aux élections législatives comme il l’avait été en 2007, alors qu’il avait mordu la poussière. Celui qui est aussi maire de Bordeaux fait partie des candidats les plus souvent cités comme solution de compromis pour prendre la direction de l’UMP à l’automne, alors même que la guerre est ouverte entre le premier ministre, François Fillon, et Jean-François Copé qui s’activent depuis des mois pour en prendre le contrôle.


    Sans dire qui dirigerait la campagne des législatives, Jean-François Copé a annoncé la formation d’un « comité stratégique de campagne » comprenant les noms des principaux ténors du parti, dont François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin.


    « Il ne faut pas céder aux menaces de l’extrême droite, dont le but est de nous diviser pour ensuite nous briser », a dit François Fillon. De nombreux observateurs estiment que c’est la survie même du parti qui pourrait se jouer dans les prochaines semaines.

     
     
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