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    Présidentielle française – Fin de campagne sous haute tension

    5 mai 2012 | Christian Rioux | Europe
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	Le candidat socialiste François Hollande est allé à la rencontre des électeurs à Périgueux.</div>
    Photo : Jacky Naegelen
    Le candidat socialiste François Hollande est allé à la rencontre des électeurs à Périgueux.
    Rarement la tension a-t-elle été aussi palpable à 24 heures d’une élection présidentielle. Alors que la campagne se terminait hier à minuit, toute la journée les deux candidats ont continué à sillonner la France jusqu’à la toute fin. Faisant le bilan de sa campagne, Nicolas Sarkozy a adressé ses paroles les plus sévères à la presse, qu’il accuse d’« intolérance » et de « parti pris ».

    Le président, qui traîne toujours dans les sondages même si l’écart se resserre, a mis le point final à sa campagne aux Sables d’Olonne, en Vendée. Il se dit persuadé que la France est confrontée à un « choix historique », qu’il y aura « une grande surprise » dimanche et que le résultat se jouera « sur le fil du rasoir ». « N’ayez pas peur », a-t-il conclu en citant Jean-Paul II. « Après tout, c’est un grand pape », a-t-il ajouté.


    Le président a de nouveau attaqué le « système politico-médiatique », qu’il accuse de pratiquer la « pensée unique ». Un thème devenu récurrent depuis deux semaines, et plus encore après le débat télévisé de mercredi. Joignant le geste à la parole, il a interrompu son discours pour s’en prendre à un journaliste de BFM-TV qui faisait un direct. « Si notre ami qui fait un duplex en me tournant le dos voulait bien s’arrêter, ça m’arrangerait », a-t-il déclaré, provoquant immédiatement des sifflets dans le public contre le journaliste.


    « Ne vous inquiétez pas. La politesse n’est qu’une question d’éducation, et après tout […] s’il y a eu quelques manquements, nous y porterons remède », a-t-il conclu sur un ton énigmatique. À la fin de la rencontre, des militants ont continué à siffler et à insulter les journalistes, les obligeant à quitter l’antenne.


    Dans les assemblées de Nicolas Sarkozy, les quolibets et les invectives sont de plus en plus courants à l’endroit de la presse. Deux journalistes ont même été agressées par des militants de l’UMP depuis une semaine. Ruth Elkief, journaliste de BFM-TV, s’est fait cracher dessus et lancer des bouteilles d’eau à Toulon jeudi. Marine Turchi, de Médiapart, a été secouée et s’est fait arracher son badge. Le journal en ligne a porté plainte. Le président de l’UMP, Jean-François Copé, a pour sa part estimé que les médias avaient fait « alliance » avec François Hollande dans cette élection.

     

    « Plus que la gauche »


    En écho au « n’ayez pas peur » de Nicolas Sarkozy, François Hollande a répliqué : « La France n’a pas peur, elle a espoir. » L’ambiance était visiblement plus détendue chez ce dernier, même si le candidat socialiste a sillonné hier le pays de la Moselle, près de la frontière belge, à la Dordogne, dans le Sud-Ouest. Partout, il a appelé ses électeurs à lui accorder « une ample victoire » dimanche.


    « Je représente ici la gauche, sans doute, mais déjà plus que la gauche. Je représente tous les républicains, les humanistes, ceux qui sont attachés à des valeurs et des principes », a-t-il déclaré en précisant que ceux qui ne voteront pas pour lui seront « les bienvenus pour le redressement de notre pays ».


    Plus tôt, il était revenu sur le débat télévisé de mercredi. « Là où il a commis, lui [Sarkozy], une erreur, c’est qu’il m’a sous-estimé », a-t-il déclaré. Hier, les quatre derniers sondages de la campagne prédisaient une victoire de François Hollande avec 52,5 % ou 53,5 % des voix contre 46,5 % ou 47,5 % pour Nicolas Sarkozy.


    Le candidat a continué d’affirmer qu’il n’était pas question d’alliance avec le Modem, même si le centriste François Bayrou a dit la veille qu’il voterait pour lui. « Il n’y a pas d’alliance qui se prépare, il n’y a pas de tractations, il n’y a pas de places qui soient échangées », a-t-il tranché. Toute la journée, les réactions ont continué à fuser sur ce ralliement qui est une première dans l’histoire des centristes en France. Le socialiste Arnaud Montebourg y a vu « le coup de grâce à Nicolas Sarkozy ». Nicolas Sarkozy, lui, « ne pense pas que ça ait une plus grande importance que cela ». Même si la candidate du FN a dit qu’elle votera blanc, son conseiller en communications Frédéric Chatillon a déclaré qu’il voterait plutôt Hollande.


    « Révolution française » ?


    À droite, il semblait pourtant évident hier que les ténors de l’UMP préparaient déjà la suite des choses. Jeudi, une assemblée improvisée a réuni chez Alain Juppé, à Bordeaux, le secrétaire général du parti, Jean-François Copé, et le premier ministre, François Fillon, tous deux rivaux pour la succession de Nicolas Sarkozy. La rencontre avait des allures de requiem et semblait destinée à tenter de colmater les divisions, de plus en plus évidentes au sein de l’UMP. Copé et Fillon ont prêté allégeance à Alain Juppé, à qui l’on prête l’intention de prendre la direction du parti après l’élection. L’ancien premier ministre serait en effet le candidat idéal, non seulement à cause de son autorité, mais aussi parce que personne ne le soupçonne, à 66 ans, de vouloir se présenter en 2017. On prévoit déjà la création de « courants » dans le parti et plusieurs réclament l’organisation de primaires.


    Avec « une claire volonté de tourner la page », mais « sans enthousiasme », le quotidien Le Monde a appelé à voter pour François Hollande. Le socialiste est le plus apte, écrit le journal, à « reconstruire cette nation disloquée, [à] lui redonner confiance et espoir dans le rôle qu’elle peut tenir dans ce monde nouveau qui émerge. Il devra, pour cela, travailler à recréer les conditions d’un vivre ensemble ».


    Contrairement à The Economist, qui avait jugé François Hollande « plutôt dangereux », le Financial Times écrivait hier que le socialiste était « un pragmatique » qui, « malgré une ou deux idées folles », veut équilibrer le budget en 2017, ce que le candidat républicain Mitt Romney ne serait pas certain de faire. « Arrêtez de vous tourmenter avec la Révolution française », écrit Philip Stephen.


     
     
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