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    Présidentielle française - Les deux candidats exaltent la nation et le patriotisme

    Médiapart publie une note compromettante pour Nicolas Sarkozy

    30 avril 2012 |Christian Rioux | Europe
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	Nicolas Sarkozy, à Toulouse, hier. Une note compromettante jette une ombre sur la fin de sa campagne.</div>
    Photo: Agence Reuters Eric Feferberg
    Nicolas Sarkozy, à Toulouse, hier. Une note compromettante jette une ombre sur la fin de sa campagne.
    À moins d’une semaine du second tour de l’élection présidentielle française, Nicolas Sarkozy et François Hollande tenaient hier leurs derniers grands rassemblements populaires. En ce dernier dimanche de campagne, la polémique a cependant monté d’un cran alors que la presse publiait une note compromettante pour Nicolas Sarkozy laissant entendre que sa campagne de 2007 avait été financée par le leader libyen Mouammar Kadhafi, aujourd’hui décédé.

    Cela n’a pas empêché les candidats, chacun à une extrémité du pays, d’exalter la nation et le patriotisme. Mais dans des termes souvent fort différents. Au stade de Bercy, à Paris, François Hollande semblait visiblement confiant dans la victoire que lui prédisent tous les sondages. Devant une foule compacte, il a dit vouloir en terminer avec l’arrogance du président sortant et une politique qui divise les Français.


    Le candidat socialiste a opposé le patriotisme au nationalisme. « Le patriotisme, c’est servir une cause qui est plus grande que nous, c’est ce qui nous permet de nous dépasser nous-mêmes, de dépasser nos frontières », dit-il. Selon le candidat socialiste, « le patriotisme, c’est s’aimer soi-même pour aimer les autres et n’avoir peur de rien, ne rien craindre dans la compétition mondiale, dans l’Europe qui se construit ».


    À Toulouse, Nicolas Sarkozy, qui continue à tirer de l’arrière dans les sondages, ne semblait pas pour autant résigné. Il a prononcé un discours diffusé en direct dans six autres assemblées qui se tenaient simultanément aux quatre coins du pays. Avec des accents différents, il a abordé pratiquement les mêmes thèmes que son adversaire.


    « Nous ne sommes pas supérieurs aux autres, mais nous sommes différents des autres et nous voulons qu’on respecte cette différence », a-t-il déclaré. Depuis quelques jours, le président insiste sur « l’importance cruciale des frontières dans la mondialisation », alors que, dit-il, « on a voulu effacer toutes les frontières », au nom de la libre circulation des capitaux.


    Une note compromettante


    Ces dernières grandes assemblées électorales se tenaient au lendemain de la publication d’une note compromettante qui renforce les soupçons qui pèsent depuis des mois sur le financement de la campagne de 2007 du président. En mars 2011, Saïf Al-Islam, le fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, avait en effet déclaré que son clan avait financé la campagne de Nicolas Sarkozy.


    Le journal en ligne Médiapart publiait samedi un document qu’il présente comme une note des services secrets libyens rédigée il y a plus de cinq ans et portant l’en-tête de la Jamahiriya. Celle-ci semble confirmer que le régime de Mouammar Kadhafi avait décidé de consacrer « un montant de 50 millions d’euros » à la campagne électorale de Nicolas Sarkozy.


    Selon le document publié par Médiapart, ce montant aurait été validé quelques mois plus tôt par le bras droit de Nicolas Sarkozy, le ministre Brice Hortefeux, et Ziad Takieddine, un homme d’affaires franco-libanais qui aurait introduit les proches du futur président auprès des dirigeants libyens. Une fois entre les mains de Médiapart, qui enquête sur cette affaire depuis des mois, la note a été validée par Ziad Takieddine qui l’a jugée « crédible », selon son avocate Me Samia Maktouf. Selon le journal en ligne, cette note qui a échappé aux destructions de la guerre civile a été communiquée aux journalistes par d’anciens hauts responsables du régime.


    Interrogé hier à ce sujet sur Canal Plus, le président a qualifié cette révélation d’infamie. « Quand je pense qu’il y a des journalistes qui osent donner du crédit au fils Kadhafi, aux services secrets de Kadhafi […]. C’est un montage », dit-il. Le candidat s’en est pris à Médiapart, qu’il qualifie d’« officine au service de la gauche ». Depuis plusieurs semaines, Nicolas Sarkozy se défend de ces accusations en rappelant que ses comptes de campagne ont été validés par la Cour des comptes.


    Hier, le premier ministre François Fillon a aussi dénoncé un document « impossible à authentifier » et publié par « une officine financée par de riches amis de François Hollande ». Selon la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, il s’agirait d’« une diversion grossière » à une semaine de l’élection.


    Le fondateur du site, Edwy Plenel, a rappelé que Médiapart était « un journal animé par des journalistes professionnels » dont les actionnaires majoritaires étaient « ses journalistes fondateurs ». Le destinataire présumé de cette note, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi Bachir Saleh, a déclaré à l’AFP émettre « les plus expresses réserves » sur son authenticité. Un « démenti tardif » qui ne remettrait pas en question l’ensemble des révélations de Médiapart, estime Edwy Plenel.


    À sept jours du scrutin, la plupart des observateurs estiment que cette polémique devrait avoir assez peu d’effets sur la fin de la campagne électorale. Elle intervient alors que les sondages confirment l’avance du candidat socialiste (55 %) sur le président sortant (45 %) et que les derniers événements de la campagne sont déjà planifiés. Demain, 1er mai, Nicolas Sarkozy réunira exceptionnellement ses partisans au Trocadéro, à Paris. Cette assemblée controversée sur le thème du travail veut se démarquer explicitement du défilé traditionnel des syndicats. Le lendemain, les deux candidats se feront face dans un débat télévisé de plus de deux heures qui sera le point d’orgue de cette campagne.

     
     
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