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    Présidentielle française - La pente sera dure à remonter pour Sarkozy

    Deuxième au premier tour derrière Hollande, le président sortant essuie une cinglante rebuffade

    23 avril 2012 | Christian Rioux | Europe
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	Le président sortant Nicolas Sarkozy s’adressant à ses partisans après le premier tour de l’élection présidentille française, hier.</div>
    Photo : Agence Reuters Yves Herman
    Le président sortant Nicolas Sarkozy s’adressant à ses partisans après le premier tour de l’élection présidentille française, hier.
    La rebuffade est cinglante pour Nicolas Sarkozy. Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, un président candidat à sa propre réélection n’est pas arrivé en tête du premier tour. Le scrutin qui se déroulait hier a propulsé le socialiste François Hollande en tête avec 28,56 % des voix contre 27,07 % pour le président. Nicolas Sarkozy est donc très loin des 31 % qui avaient ouvert la voie à sa victoire en 2007. Double échec pour le président sortant, le vote du Front national, dont il a largement emprunté les thèmes de campagne, atteint un record historique avec 18,12 % des voix, presque deux fois plus qu’en 2007.

    Fort du résultat le plus élevé atteint par un candidat socialiste au premier tour depuis 1988, François Hollande a déclaré que ce vote « représente une sanction du quinquennat qui s’achève et un désaveu du candidat sortant, dont le discours tout au long de ces derniers mois a fait le jeu de l’extrême droite ».


    De sa circonscription de Tulle en Corrèze, le candidat socialiste a évoqué sans triomphalisme « une république enfin exemplaire » et la nécessité d’« une alternance qui redonne confiance aux Français ». Selon lui, le choix est clair entre « une politique qui a échoué avec un candidat sortant qui a divisé » et « un nouveau président de la République qui rassemblera ».


    À la salle de la Mutualité, à Paris, l’heure n’était pas aux réjouissances chez les partisans de Nicolas Sarkozy. « Les Français ont pris la mesure du choix historique de l’élection présidentielle », a déclaré le président en saluant la forte participation au scrutin. Selon lui, « un devoir de vérité et un devoir de courage s’imposent ». Nicolas Sarkozy ne veut pas jeter l’éponge. Il croit que « le moment crucial est venu, celui de la confrontation des personnalités ». C’est pourquoi il réclame l’organisation de trois débats, une proposition déjà rejetée par François Hollande la semaine dernière. « Rien n’est joué », veut pourtant croire le président.


    À la Porte de Versailles, à Paris, Marine Le Pen jubilait. La candidate a hissé le vote du FN à un niveau historique et pratiquement multiplié par deux le résultat de 2007. Elle dépasse même le record de son père, en 2002 (16,9 %), alors que Jean-Marie Le Pen s’était qualifié pour le second tour devant le socialiste Lionel Jospin. « Nous sommes maintenant la seule et véritable opposition à la gauche ultralibérale », a déclaré Marine Le Pen. Alors qu’elle veut jouer un rôle dans la recomposition de la droite, on s’attend à ce qu’elle fasse tout pour faire perdre Nicolas Sarkozy.


    Déception dans le camp Mélenchon


    Les partisans de Jean-Luc Mélenchon, qui avait espéré décrocher la troisième place, étaient déçus. Avec 11,10 % des voix, le score du candidat du Front de gauche reste modeste, même s’il demeure l’une des surprises de cette élection. Sans augmenter la somme des résultats que l’extrême gauche avait obtenue en 2007 et en 2002, Mélenchon est parvenu à rassembler les voix de cette « gauche de la gauche » jusque-là dispersée entre les anciens communistes, les ex-partisans du trotskyste Olivier Besancenot et de nombreux écologistes.


    Jean-Luc Mélenchon a immédiatement appelé à « battre Sarkozy » tout en ajoutant qu’il ne réclamait rien du PS puisqu’« il n’y a rien à négocier », dit-il. Avec un maigre score de 2,3 %, la candidate écologiste Eva Joly (Europe-Écologie-Les Verts) fait un score historiquement bas. Elle a, elle aussi, aussitôt appelé à voter pour François Hollande.


    « Le mal français est là, et il s’aggrave », a déclaré François Bayrou en évoquant le succès du Front national. Cette campagne représente un cuisant échec pour le candidat centriste du Modem, qui obtient à peine 9,11 % des voix, contre 18 % en 2007. Celui qui détient néanmoins une partie des clés du second tour n’a pas donné de consigne de vote. Il s’est contenté de déclarer qu’il allait écouter ce que les candidats ont à dire et prendre ses « responsabilités ».


    À Paris, on voyait mal hier comment, à moins d’un miracle, le président sortant pourrait remonter la pente qui est devant lui pour l’emporter le 6 mai prochain. D’autant plus qu’il avait tout misé sur ce premier tour qui allait, disait-il, provoquer un « électrochoc » et relancer sa campagne. À maintes reprises, Nicolas Sarkozy avait en effet annoncé « un croisement des courbes » qui ferait mentir les sondages qui le donnent largement perdant au second tour depuis bientôt six mois.


    Les experts ont rappelé hier que la première place au premier tour demeure surtout symbolique, même si elle peut théoriquement permettre de créer une nouvelle dynamique à la campagne du second tour. Rappelons que ni François Mitterrand, en 1981, ni Jacques Chirac, en 1995, n’avaient obtenu de première place. Ce qui ne les avait pas empêchés de l’emporter deux semaines plus tard.


     

    Pour Nicolas Sarkozy, la partie risque cependant d’être beaucoup plus difficile à cause de la faiblesse des reports de voix en sa faveur. Avec près de 45 % des voix dès le premier tour, la gauche semble à deux doigts de la victoire. Un sondage CSA publié hier estimait que les socialistes l’emporteraient dans deux semaines par 56 % contre 44 %. Selon l’enquête, 60 % des voix du FN se reporteraient sur Nicolas Sarkozy contre 18 % sur François Hollande. Quant aux voix centristes, elles devraient se répartir également entre Sarkozy, Hollande et l’abstention.
     

    Le revers du président semble d’autant plus cuisant que la participation à cette élection a été bonne. Huit électeurs sur dix se sont déplacés. C’est moins qu’en 2007 (84 %), mais plus que dans la plupart des élections précédentes.


    Le revers du président semble d’autant plus cuisant que la participation à cette élection a été bonne. Huit électeurs sur dix se sont déplacés. C’est moins qu’en 2007 (84 %), mais plus que dans la plupart des élections précédentes.


    Les socialistes, qui n’ont pas eu de président depuis François Mitterrand, ont fêté cette première victoire sur le boulevard Saint-Germain. Fidèle à son style sobre, François Hollande ne s’est pas joint à la fête. Il a plutôt rejoint son quartier général parisien dans la nuit pour mettre la dernière main à une profession de foi qui devrait être publiée dans les jours qui viennent. Le débat entre les deux candidats est prévu le 2 mai.



     
     
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