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    Un homme fait feu devant une école juive de Toulouse: quatre morts

    19 mars 2012 14h48 |La Presse canadienne | Europe
    Vive émotion en France après qu’un inconnu a froidement abattu quatre personnes — dont trois enfants — devant une école juive à Toulouse, dans le sud-ouest du pays, aujourd'hui. L’une des deux armes à feu qu’il a utilisées est la même que celle qui a servi à tuer trois parachutistes les 11 et 15 mars à Toulouse et Montauban. La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie de l’enquête sur cette série d’assassinats inédits en France.


    Le président Nicolas Sarkozy, qui s’est rendu sur place, a déclaré que toute la communauté nationale était bouleversée par le drame. Il a aussi annoncé qu’une minute de silence «à la mémoire de ces enfants martyrisés» serait observée demain dans tous les établissements scolaires de France. Elle le sera à 11h, a précisé le ministère de l’Éducation.

    Dans ce contexte de campagne électorale, son rival dans la course à l’Élysée, le candidat socialiste François Hollande, a annulé ses rendez-vous de la journée pour se rendre également à Toulouse et exprimer sa solidarité envers les familles des victimes. Les deux hommes devaient participer en soirée à une cérémonie organisée dans la synagogue Notre-Dame de Nazareth à Paris.

    Le drame a eu lieu peu avant 8h devant le collège-lycée Ozar Hatorah, situé dans le quartier résidentiel de la Roseraie, dans le nord-est de Toulouse. Un homme arrivé devant l’établissement sur un scooter de grosse cylindrée est descendu de son deux-roues et, devant le portail de l’établissement scolaire, s’est mis à tirer sur «ce qu’il y avait en face de lui, adulte et enfant [...] et a poursuivi des enfants dans la cour», a indiqué le procureur de la République de Toulouse, Michel Valet.

    Le tireur a abattu un rabbin de 30 ans, Jonathan Sandler, et deux de ses enfants, deux garçons âgés de 3 ans et 6 ans. Ce professeur de yiddish était arrivé de Jérusalem en septembre dernier avec sa famille.

    La troisième victime, âgée de 8 ans, est l’une des filles du directeur du collège-lycée d’Ozar Hatorah, le rabbin Yaacov Monsonego. Un adolescent de 17 ans a été gravement blessé dans cette tuerie et transféré dans un hôpital de Toulouse en début de matinée. L’État hébreu a indiqué que les dépouilles des victimes allaient être rapidement transférées en Israël pour y être inhumées.

    Les deux petits garçons, accompagnés de leur père et la petite fille de 8 ans, attendaient dans la rue, devant le collège-lycée, l’autobus scolaire qui devait les conduire dans leur école des Sept-Deniers, dans le nord-ouest de Toulouse, lorsqu’ils ont été pris pour cible.

    Des liens avec l'affaire de Montauban

    Tôt dans la matinée, avant que la section antiterroriste du parquet de Paris ne soit saisie sur cette série d’assassinats, M. Valet avait déclaré que «des éléments justifiaient qu’on se pose très sérieusement la question d’un lien» avec les affaires de Toulouse et de Montauban.

    Ce lien a été confirmé dans la journée. Outre le scooter sombre présent dans chaque affaire, la police a confirmé que l’une des deux armes utilisées dans le collège-lycée juif — un calibre 11.43 — était la même que celle utilisée contre les parachutistes à Toulouse et Montauban.

    Le 11 mars dernier, un militaire de 30 ans du 1er Régiment du train parachutiste, basé à Francazal à Toulouse, avait été tué d’une balle dans la tête dans un quartier résidentiel de la ville. Le tireur présumé circulait sur un scooter et avait pris la suite après avoir tiré.

    Le 15 mars à Montauban, trois militaires du 17e Régiment du génie parachutiste de Montauban, âgés de 23, 25 et 27 ans, ont été pris pour cible dans la rue par un homme arrivé en scooter. Il leur a tiré dessus à au moins 13 reprises, avant de prendre la fuite.

    Devant l’école juive, ce sont une quinzaine au moins de coups qui ont été tirés.

    Surveillance accrue

    Face à cette «tragédie nationale», Nicolas Sarkozy a précisé que les écoles de confession juive et de confession musulmane de Toulouse et de sa région, ainsi que les lieux de culte feraient l’objet d’une surveillance très attentive. Plusieurs centaines de gendarmes mobiles, de CRS et de policiers ont été mobilisés dans le pays, mais surtout autour de Toulouse, a précisé à l’AP Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur.

    Tout au long de la journée, des membres et des représentants de la communauté juive de Toulouse et de France se sont rendus sur lieux du drame. Le rabbin Joseph Matusof, directeur de l’école Gan Rachi où étaient scolarisés les trois enfants tués (deux en maternelle et une en primaire), s’est dit «horrifié, bouleversé».

    Arié Bensemoun, président de la communauté juive de Toulouse, a parlé d’un «drame à l’échelle de toute la nation française». Il a appelé à une sécurité absolue des écoles juives et non pas à une protection cosmétique de trois, quatre ou cinq jours.
     
     
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