France - Hollande a le vent dans les voiles
Photo : Agence France-Presse Fred Dufour
À 80 jours du scrutin présidentiel français, le chef du Parti socialiste, François Hollande, mène toujours dans les sondages avec 30 % des intentions de vote, soit 5 points devant le président sortant, Nicolas Sarkozy. Ces bons résultats ne l’ont pas empêché de se faire enfariner hier, alors qu’il s’adressait, à Paris, aux membres de la Fondation Abbé Pierre.
Paris — François Hollande tiendra-t-il la distance? La «présidentialisation» du candidat socialiste, qui a abattu une partie de ses cartes en présentant son projet, porte ses fruits dans les sondages à 80 jours d'un scrutin présidentiel.
Le député, qui pourrait bénéficier de l'abandon de Jean-Pierre Chevènement, est crédité de plus de 30 % des intentions de vote au premier tour, plus de cinq points devant le président sortant, et donné largement gagnant au second.
Qu'il s'agisse de maîtriser les déficits, de réaffirmer les valeurs de la République ou de renégocier un traité européen, il occupe le terrain par des interventions jugées réussies en attendant l'entrée en campagne d'un Nicolas Sarkozy déjà à l'offensive, mais dont la stratégie est peaufinée en coulisse.
Sans oser faire montre d'un triomphalisme à même de nourrir les accusations d'arrogance de la droite, le moral est donc au beau fixe au Parti socialiste, au terme d'une bonne séquence entamée avec le meeting du 22 janvier au Bourget et poursuivie par la présentation d'un programme corseté par la crise.
«On peut dire que c'est bien parti», dit Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive. «Si cette phase se confirme, ce sera difficile pour Nicolas Sarkozy, dont l'entourage avait peut-être misé sur un effondrement de la partie adverse après la reprise en main de la communication du président», a dit le politologue.
Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap, constate lui aussi le retard pris par le chef de l'État. «À partir de la séquence du Bourget, Nicolas Sarkozy a perdu le centre de gravité. C'est à lui maintenant de trouver son positionnement», dit-il.
Fidèle à l'image d'homme déterminé et constant qu'il oppose à la fébrilité supposée du président sortant, François Hollande s'est déclaré hier totalement indifférent à la date d'entrée en lice du chef de l'État.
«Je ne me préoccupe que des Français», a-t-il dit sur RTL. «Ce que j'annonce, je l'ai réfléchi depuis longtemps. Je ne suis pas dans l'improvisation. Moi, je n'invente pas une politique à trois mois du scrutin!»
Le président
Deux jours après sa prestation télévisée, où il a notamment annoncé une hausse de la TVA, Nicolas Sarkozy a prédit mardi lors de ses voeux à la presse que la bataille présidentielle se jouerait sur le terrain des nouvelles idées.
Pour espérer changer la donne, le président sortant devra en effet «présenter un projet différent, plus enthousiasmant et plus rassurant que celui de François Hollande, et ce n'est pas évident», dit Jean-Daniel Lévy.
La configuration plaide selon ce dernier pour «un départ en campagne assez tôt, mais sans montrer qu'il a une forme de précipitation, qu'il surréagit à l'actualité».
En attendant, l'entourage de François Hollande souligne que le profil des autres candidats est moins important que le message à faire passer.
«Il faut qu'il gagne quel que soit l'adversaire, en créant une dynamique autour d'un fil rouge: la justice dans la République», dit Bernard Cazeneuve, porte-parole du candidat.
«Nous voulons opposer au vote de la colère le vote d'espérance», ajoute le député-maire de Cherbourg, balayant au passage les critiques de la droite sur le «mirage Hollande», son «arrogance» et sa «stratégie irresponsable». «Ils ont mis la voiture dans la fossé et ils prétendent nous faire passer le permis de conduire», ironise-t-il.
Comme lui, le PS parie plutôt sur un duel classique droite-gauche plutôt que sur un «nouveau 21 avril 2002», qui verrait la candidate d'extrême droite Marine Le Pen au second tour.
Le député, qui pourrait bénéficier de l'abandon de Jean-Pierre Chevènement, est crédité de plus de 30 % des intentions de vote au premier tour, plus de cinq points devant le président sortant, et donné largement gagnant au second.
Qu'il s'agisse de maîtriser les déficits, de réaffirmer les valeurs de la République ou de renégocier un traité européen, il occupe le terrain par des interventions jugées réussies en attendant l'entrée en campagne d'un Nicolas Sarkozy déjà à l'offensive, mais dont la stratégie est peaufinée en coulisse.
Sans oser faire montre d'un triomphalisme à même de nourrir les accusations d'arrogance de la droite, le moral est donc au beau fixe au Parti socialiste, au terme d'une bonne séquence entamée avec le meeting du 22 janvier au Bourget et poursuivie par la présentation d'un programme corseté par la crise.
«On peut dire que c'est bien parti», dit Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive. «Si cette phase se confirme, ce sera difficile pour Nicolas Sarkozy, dont l'entourage avait peut-être misé sur un effondrement de la partie adverse après la reprise en main de la communication du président», a dit le politologue.
Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap, constate lui aussi le retard pris par le chef de l'État. «À partir de la séquence du Bourget, Nicolas Sarkozy a perdu le centre de gravité. C'est à lui maintenant de trouver son positionnement», dit-il.
Fidèle à l'image d'homme déterminé et constant qu'il oppose à la fébrilité supposée du président sortant, François Hollande s'est déclaré hier totalement indifférent à la date d'entrée en lice du chef de l'État.
«Je ne me préoccupe que des Français», a-t-il dit sur RTL. «Ce que j'annonce, je l'ai réfléchi depuis longtemps. Je ne suis pas dans l'improvisation. Moi, je n'invente pas une politique à trois mois du scrutin!»
Le président
Deux jours après sa prestation télévisée, où il a notamment annoncé une hausse de la TVA, Nicolas Sarkozy a prédit mardi lors de ses voeux à la presse que la bataille présidentielle se jouerait sur le terrain des nouvelles idées.
Pour espérer changer la donne, le président sortant devra en effet «présenter un projet différent, plus enthousiasmant et plus rassurant que celui de François Hollande, et ce n'est pas évident», dit Jean-Daniel Lévy.
La configuration plaide selon ce dernier pour «un départ en campagne assez tôt, mais sans montrer qu'il a une forme de précipitation, qu'il surréagit à l'actualité».
En attendant, l'entourage de François Hollande souligne que le profil des autres candidats est moins important que le message à faire passer.
«Il faut qu'il gagne quel que soit l'adversaire, en créant une dynamique autour d'un fil rouge: la justice dans la République», dit Bernard Cazeneuve, porte-parole du candidat.
«Nous voulons opposer au vote de la colère le vote d'espérance», ajoute le député-maire de Cherbourg, balayant au passage les critiques de la droite sur le «mirage Hollande», son «arrogance» et sa «stratégie irresponsable». «Ils ont mis la voiture dans la fossé et ils prétendent nous faire passer le permis de conduire», ironise-t-il.
Comme lui, le PS parie plutôt sur un duel classique droite-gauche plutôt que sur un «nouveau 21 avril 2002», qui verrait la candidate d'extrême droite Marine Le Pen au second tour.
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