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Présidentielle française - Sarkozy presque candidat

«J'ai un rendez-vous avec les Français»

Agence Reuters , Agence France-Presse   30 janvier 2012  Europe
Nicolas Sarkozy hier à la télévision française : «Quand on est chef de l’État, on a des devoirs.»<br />
Photo : Agence Reuters
Nicolas Sarkozy hier à la télévision française : «Quand on est chef de l’État, on a des devoirs.»
Paris — Nicolas Sarkozy a quasiment levé hier soir les derniers doutes qui pesaient sur sacandidature à l'élection présidentielle du printemps en déclarant qu'il ne se déroberait pas à son «rendez-vous avec les Français».

Le chef de l'État, qui présentait à la télévision une série de mesures pour améliorer la compétitivité de l'économie française, a toutefois indiqué que le moment n'était pas encore venu de se déclarer candidat même si «ça approche».

«Je suis chef de l'État, j'ai la responsabilité d'un pays pour cinq ans, je ne veux pas mettre ce pays en situation d'avoir un président candidat pendant des mois interminables», a-t-il dit, en soulignant que ses prédécesseurs à l'Élysée avaient eux aussi privilégié des annonces tardives pour briguer un second mandat. «Quand on est chef de l'État, on a des devoirs, on assume ses devoirs. Pour le reste, j'ai un rendez-vous avec les Français, je ne me déroberai pas, et franchement ça approche», a-t-il ajouté.

À la question de savoir s'il n'aurait pas intérêt a accélérer le tempo, alors qu'il est largement devancé par le candidat socialiste François Hollande dans les sondages, il a répondu : «Peut-être, ce serait de mon intérêt, mais ce ne serait pas conforme à mon devoir.»

«Il y a un calendrier, il y a des obligations, ce n'est pas l'agitation qui me fera changer!»

Alors que la date limite de dépôt des candidatures au conseil constitutionnel est fixée au 16 mars, la décision de Nicolas Sarkozy est pour l'instant attendue pour fin février-début mars.

Il a avait débuté son intervention en soulignant que «dans une situation de crise comme celle que nous connaissons [...] je suis là en tant que chef de l'État pour rendre des comptes aux Français, leur expliquer où nous en sommes, ce qu'il convient de faire, les perspectives qui sont les nôtres, les atouts qui sont les nôtres et aussi les décisions que nous devons prendre». Hier, il a préféré se présenter en président «responsable» pour relancer le match face à François à Hollande, donné gagnant à la présidentielle avec 60 % des voix, et montrer que jusqu'au bout il était capable de prendre des mesures impopulaires, mais nécessaires selon lui pour sortir le pays de la crise.

Comme prévu, il a annoncé une augmentation à compter du 1er octobre de la TVA de 1,6 point de pourcentage à 21,2 % pour compenser un allègement des charges sociales pesant sur les entreprises et doper la «compétitivité», surtout dans l'industrie.

L'objectif de cette TVA dite sociale est d'alléger le coût du travail en faisant financer par les consommateurs une partie de la protection sociale, actuellement à la charge des seuls employeurs et travailleurs.

Cette réforme, qui va amputer le pouvoir d'achat, suscite de nombreuses critiques.

Le président vient de traverser une passe particulièrement mauvaise avec la perte il y a une quinzaine de jours de la note AAA chez Standard and Poor's, l'un des trois grandes agences de notation, et la publication des plus mauvais chiffres du chômage en 12 ans (le taux frôle la barre des 10%), tandis que le pays entre en récession.

Il doit aussi faire face à la relance réussie de la campagne de François Hollande, qui a marqué des points sur sa crédibilité après avoir organisé son premier grand meeting, annoncé son programme et participé à une émission télévisée.

De la réforme des retraites à la réduction des dépenses publiques, Nicolas Sarkozy en a ainsi profité pour louer son bilan à la tête de la France, qui «jamais dans son histoire ne s'est trouvée dans cette situation de crise», a-t-il dit.

S'il a refusé de s'épancher sur ses «états d'âme» comme il l'a fait récemment devant des journalistes, il a reconnu une fois de plus avoir des «regrets». «Est-ce que je m'en expliquerai ? Oui», a-t-il promis.
 
 
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