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Crise de l'euro - La Dame d'acier

Serge Truffaut   28 novembre 2011  Europe
Ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali vient de résumer le sentiment que partagent bien des politiciens européens concernant Berlin en avançant: «Aujourd'hui, c'est de nouveau au tour de l'Allemagne de tenir dans sa main l'arme du suicide collectif du continent. Si Angela Merkel refuse encore et toujours de modifier le mandat de la Banque centrale européenne (BCE), la catastrophe aura lieu», de conclure l'auteur de Tous ruinés dans dix ans?

La chronologie des faits récents et inhérents à la tempête monétaire qui souffle sur le continent européen est si abracadabrante que c'est à se demander si ses dirigeants ne sont pas en train de tisser le lit de la déraison. Reprenons cette chronologie. À peine parachutés à la tête de l'Espagne et de l'Italie, les nouveaux dirigeants de ces pays promettent d'injecter la dose d'austérité prescrite, c'est à retenir, à l'extérieur proche, soit Berlin et Paris, et à l'extérieur lointain, soit le FMI. Au surlendemain de ces engagements qui annoncent des troubles sociaux, que constate-t-on? Que le taux d'intérêt imposé a augmenté. Dans le cas de l'Italie, il a même dépassé les 7 % et donc pénétré dans le territoire de tous les dangers.

Presque simultanément, on apprend que Berlin a imité peu ou prou ce qu'Athènes avait effectué il y a quelques années, soit «oublier» de comptabiliser certaines dépenses. Résultat, on se rend compte que le déficit de la «vertueuse» Allemagne enregistré lors de l'exercice 2010 n'était pas de 3 %, mais bien de 5,2 %. Tout logiquement, la main invisible digère ce vice quantifié et inflige un revers de fortune à Merkel en acquérant 60 % seulement des obligations émises au milieu de la semaine. Tout aussi logiquement, ce coup de poing financier aiguise à la nanoseconde les inquiétudes des Européens. Que l'Allemagne luthérienne perde son avantage sur le front des taux d'intérêt, que l'Allemagne besogneuse se voie imposer un loyer laissant présager des lendemains difficiles a eu ici et là l'effet que l'on prête au knock-out.

Cette avalanche de dépressions financières avec les conséquences politiques cahoteuses qui lui sont prévisibles a noyé davantage la maison Europe. On insiste: le feu de paille se répand à la vitesse grand V. Que fait Merkel? Elle refuse systématiquement la création d'euro-obligations. À la moindre évocation d'une transformation de la BCE en banque de dernier recours, elle se pince le nez. En d'autres mots, elle maintient fanatiquement la stratégie de la corde raide qu'elle a confectionnée tout en feignant d'ignorer que l'Allemagne, cela ne se dit pas assez, est la nation à qui l'euro a le plus profité. Point!

Lors du énième sommet tenu dans l'urgence à Strasbourg avec Sarkozy et l'Italien Mario Monti, elle a écarté toute modification du mandat de la BCE pour mieux défendre ce qui est devenu sa marotte: amender les traités. On voudrait illustrer le retour de ces égoïsmes nationaux qui ont tant saigné l'Europe qu'on ne s'y prendrait pas autrement. De quoi s'agit-il? L'Allemagne étant le pays le plus peuplé, la proposition avancée par Merkel, si elle était avalisée évidemment, se traduirait par une hausse du poids que détiennent les députés allemands au Parlement européen et donc du pouvoir sur la Commission, sur Bruxelles.

La posture de Merkel a eu pour contrecoup la réaction suivante du gouvernement britannique: il a ordonné aux banques anglaises de prendre des mesures calquées sur la fin de la monnaie unique. On sait également que la Banque des règlements internationaux a fait de l'implosion de l'euro son hypothèse numéro un. Quoi d'autre? Au lendemain de l'échec de Strasbourg, la Belgique a été décotée et les bons du Trésor hongrois ont été envoyés dans la classe dite des obligations de pacotille.

Le mot de la fin appartient à Jean Pisani-Ferry, professeur à l'Université Paris-Dauphine: «C'est quitte ou double. L'heure n'est plus aux bricolages. Soit on renforce vraiment l'intégration économique et politique de la zone euro, soit on ira de crise en crise, avec au bout le risque d'éclatement. La désintégration de la zone euro entraînerait un cortège de faillites et une chute profonde de l'activité, elle aurait des répercussions politiques très dangereuses. Il faut de l'audace.» Et du courage pour mieux mettre entre parenthèses les démons nationalistes.
 
 
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  • Georges Paquet - Abonné
    28 novembre 2011 09 h 08
    Modifier les traités, c'est le contraire de l'égoïsme national
    La ou les modifications aux traités que propose l'Allemagne vise, semble-t-il, à une plus grande convergence des politiques économiques et budgétaires entre les pays de la zone euro. On progesserait vers la gouvernance financière européenne que tout le monde dit souhaiter, mais que certains, dont la France hésite à appuyer. Allons vers plus d'Europe, semble dire l'Allemange.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    28 novembre 2011 10 h 55
    Europe ambigüe
    Tous sont d'accord que l'Europe ne peut continuer avec des insitutions soi-disant communes, comme le Parlement européen ou la Banque européenne, qui n'ont pas vraiment les pouvoirs qu'ont de telles institutions dans de vrais états. Ce "Parlement" ne fait justement que parler, mais il ne lève pas d'impôts. Cette "Banque centrale" n'est pas l'unique émetteur de monnaie puisqu'un gros joueur comme la G.-B. n'en fait pas partie et qu'elle ne peut pas racheter les obligations nationales ou émettre des obligations européennes. MM. Attali, Truffaut et autres se contentent de blâmer l'Allemagne sans dire que c'est à elle essentiellement de payer les pots cassés. (Derrière elle se cachent aussi sans mot dire d'autres pays "vertueux" comme les Pays-Bas). Et on ne peut pas blâmer l'Alllemagne d'exiger que son influence dans les institutions soit proportionnelle à son poids démographique, c'est la base de la démocratie. Cette Europe ne se fera pas parce que 1) La G.-B. n'abandonnera jamais sa souveraineté; 2) L'Allemagne ne voudra pas casquer pour tous les autres sans la garantie qu'elle pourra imposer sa discipline. MM. Attali, Truffaut et Cie me font penser à ces Québécois qui, sans aucun rapport de force, pensent réformer ou influencer le fédéralisme canadien.
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  • Georges Paquet - Abonné
    28 novembre 2011 11 h 30
    La réaction des Britanniques
    Les Britanniques sont entrés dans l'Union européenne en 1973, parce qu'ils ne pouvaient plus faire autrement. L'état de leur économie et de leur commerce extérieur l'exigeait. L'Union européenne s'appelait alors la Communauté économique européenne. Les Britanniques ont généreusement appliqué les freins à son évolution vers une plus grande intégration politique. Quand à son intégration économique et financière, ils s'y opposent encore plus férocement. C'est pourquoi, ils sont en train de tout faire, y compris d'alimenter les doutes et les craintes contre ce qui semble devenir inévitable, la création d'une europe à deux vitesses dans laquelle les pays membres qui partagent l'euro, et ceux qui s'y joindront plus tard, adopteront des modifications aux traités de l'Union européenne afin que la zone euro se donne plus de pouvoirs et plus d'outils pour mieux gérer la convergence économique et la sortie de la cise actuelle des dettes souveraines.
    Les Britanniques qui jurent et répètent qu'ils n'adopteront jamais l'euro, comme leur monnaie, le feront le jour où ils ne pourront plus faire autrement...
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  • Geoffroi - Abonné
    28 novembre 2011 11 h 39
    Pas de panique M. Truffaut
    Ils ont encore peur d'Adolf! Une Europe dominée par des députés alllemands!
    Le vaincu devenu boss! Very shocking my God comme diraient les eurosceptiques de la la City, depuis toujours contre l'euro.

    Est-ce que les Britanniques et les Français savent que leur boss habite aux USA, où les partis politiques vont probablement finir par provoquer une crise du dollar?

    Et si la solution de la Dane d'acier était la bonne ? Enfin, une Europe qui ne serait plus dominée par les anglo-saxons:

    «...Pour sa part, la dirigeante de la première économie européenne a obtenu l'aval de la France à une révision des traités européens, une solution qui suscitait les réserves de Nicolas Sarkozy il y encore peu de temps...

    ...Angela Merkel est allée plus loin, affirmant que cette révision des textes devait permettre d'aboutir à une «union fiscale», une expression reprise par Mario Monti, mais jamais par Nicolas Sarkozy.»

    http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom

    Est-ce que Sarko comprend quelque chose à l'économie?
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  • Nelson - Inscrit
    28 novembre 2011 15 h 48
    Le seul Pays qui peut foctionner avec un euro sur-évalué qui vaut 1.40 dollars, est l'Allemagne.
    L'Allemagne est le seul Pays d'Europe qui peut fonctionner avec la valeur actuelle de l'euro, par la force de son économie, de ses exportations, et son efficacité productive avec de la technologie moderne et avant gardiste.

    L'Allemagne ne semble pas croire que ses partenaires europeens sont viables, surtout les plus faibles que même en coupant férocement les dépenses, se semblent pas sures de gagner la bataille aux dépressions et faillites.

    à l'exception de l'allemagne et peut être la France, le reste d'Europe ne semble pas assez compétitif et viable dans le monde mondialisé d'aujourd'hui....vis-à-vis des pays émergentes DE PLUS EN PLUS INDUSTRIALISÉS...de plus en plus mangeurs des matières premières comme celles du Canada.

    Certains américains et français commencent à réaliser qui MANQUENT DE PARQUES INDUSTRIELS ...transférés en Chine ou ailleurs par certains capitalistes sans Patrie, dieu, loi, honneur, rien.

    Pour cela Obama parle de plus en plus ''buy américan'' et de plus en plus des français veulent se sortir de l'union Europeenne et de la Mondialisation.

    Des vents protectionnistes soufflent de plus en plus fort dans des pays qu'ont vu échapper leurs industries et boulots ailleurs....et étant pris à la gorge par les spéculateurs de la finance international que, en voulant des profits rapides, ils s'enfichent d'amener le monde entier en récession...en tant qu'ils ont des milliards en poche.

    Jacques Parizeau avait dit que même si la mondialisation semble inévitable, qu'il FALLAIT CONTRÔLER SES VAGUES.

    Les zunamis et raz de marée que nous vivons lui donnent raison.

    La cupidité et l'avarice démentielle du Capital financier que vise des profits immédiats sans se soucier des conséquences (faillite des pays et des banques, crise mondiale du 2008) le Capital financier fonctionne de façon suicidaire en se détruisant à soi même, et en nous traînant à nous tous dans sa destruction.
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