Une première dans l'histoire de la Ve République - Victoire historique de la gauche au Sénat
Photo : Agence France-Presse Miguel Medina
François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle française de mai 2012, hier
Paris — La gauche a conquis hier le Sénat, une première dans l'histoire de la Ve République qui résonne comme un avertissement pour la majorité de droite à sept mois de l'élection présidentielle française.
Avant la proclamation des résultats définitifs, le ministre des Relations avec le Parlement, l'UMP Patrick Ollier, a concédé la victoire de la gauche, avec au moins «176 sièges» — soit un siège de plus que la majorité absolue à la haute assemblée qui compte 348 élus.
Au total, 170 sièges étaient en jeu pour ce scrutin au suffrage indirect.
Même si le mode d'élection est sans rapport, l'Élysée et Matignon scrutaient avec attention le verdict des urnes, qui a valeur de test avant l'échéance de 2012.
«Ce soir, la bataille commence», a déclaré le premier ministre, François Fillon, dans un communiqué, tandis que François Hollande, favori pour la primaire d'investiture du PS, soulignait devant la presse «un échec grave» et «prémonitoire» pour le président sortant Nicolas Sarkozy.
L'Élysée déclare «prendre acte» du résultat, «conséquence de la progression de la gauche aux élections locales» depuis 2004.
Signe des espoirs que la gauche fondait en ce scrutin, Martine Aubry, qui ne s'était pas encore exprimée, puis François Hollande, rivaux pour l'investiture présidentielle, s'étaient rendus au Sénat.
En attendant la présidentielle d'avril et mai 2012, le gouvernement de droite pourra continuer de mener sa politique, en s'appuyant sur sa majorité à l'Assemblée nationale, à laquelle la Constitution de 1958 donne un rôle prééminent sur le Sénat.
Vénérable institution née peu après la Révolution française, le Sénat est chargé avec l'Assemblée d'examiner et de voter projets de lois, traités et conventions internationales.
Au fur et à mesure de la journée, ce sont des résultats sévères pour la majorité qui sont tombés. Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, battu, un 8e siège gagné par la gauche à Paris où le parti présidentiel UMP ne détient plus que deux sénateurs.
La gauche a fortement progressé dans de nombreux départements et a même remporté des victoires dans des fiefs de la droite, comme la Lozère (sud).
Il s'agit d'«une progression historique pour la gauche et une sanction incontestable pour l'UMP», a déclaré Harlem Désir, patron par intérim du PS en raison des primaires pour désigner le candidat du parti à l'élection présidentielle.
«L'Élysée prend acte»
La droite a tenté de son côté de limiter la portée des résultats. «L'Élysée prend acte des résultats du scrutin sénatorial, qui est la conséquence de la progression de la gauche aux élections locales intervenues depuis 2004», a indiqué la présidence française dans une courte déclaration à l'AFP, sans autre commentaire.
Avec de bons résultats aux dernières élections municipales, régionales et cantonales, la gauche a modifié le visage des grands électeurs -près de 72 000 élus locaux — appelés hier à voter pour renouveler la moitié des sièges du Sénat.
Ce scrutin complexe et à la majorité ou la proportionnelle, selon les départements, avait auparavant donné l'avantage à la droite.
Sur le même ton que l'Élysée, le premier ministre, François Fillon, a reconnu une «forte poussée» de l'opposition, «accentuée par les divisions de la majorité».
Seul le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a évoqué hier soir «la défaite» de la droite, tout en expliquant que c'était «une déception mais pas une surprise» en raison «des défaites locales successives» depuis 2004.
Le fonctionnement du Parlement devrait malgré tout être considérablement modifié, la gauche au Sénat pouvant notamment faire retarder l'adoption des textes de loi.
La discussion des budgets de l'État et de la Sécurité sociale pour 2012, qui vont décliner le plan de rigueur du gouvernement, risque ainsi de devenir explosive.
Reste aussi le président du Sénat, deuxième personnage de l'État, qui assure l'intérim du président en cas d'incapacité et dispose d'un important pouvoir de nomination.
Ce poste devrait revenir à normalement à un sénateur de gauche au terme d'un vote prévu le 1er octobre.
Les sénatoriales pourraient aussi entraîner un remaniement du gouvernement si Nicolas Sarkozy réclamait la démission des ministres élus au Sénat. Se poserait alors le problème du remplacement de Gérard Longuet (élu) alors que la France mène des opérations militaires en Libye et en Afghanistan.
***
Avec l'Agence France-Presse
Avant la proclamation des résultats définitifs, le ministre des Relations avec le Parlement, l'UMP Patrick Ollier, a concédé la victoire de la gauche, avec au moins «176 sièges» — soit un siège de plus que la majorité absolue à la haute assemblée qui compte 348 élus.
Au total, 170 sièges étaient en jeu pour ce scrutin au suffrage indirect.
Même si le mode d'élection est sans rapport, l'Élysée et Matignon scrutaient avec attention le verdict des urnes, qui a valeur de test avant l'échéance de 2012.
«Ce soir, la bataille commence», a déclaré le premier ministre, François Fillon, dans un communiqué, tandis que François Hollande, favori pour la primaire d'investiture du PS, soulignait devant la presse «un échec grave» et «prémonitoire» pour le président sortant Nicolas Sarkozy.
L'Élysée déclare «prendre acte» du résultat, «conséquence de la progression de la gauche aux élections locales» depuis 2004.
Signe des espoirs que la gauche fondait en ce scrutin, Martine Aubry, qui ne s'était pas encore exprimée, puis François Hollande, rivaux pour l'investiture présidentielle, s'étaient rendus au Sénat.
En attendant la présidentielle d'avril et mai 2012, le gouvernement de droite pourra continuer de mener sa politique, en s'appuyant sur sa majorité à l'Assemblée nationale, à laquelle la Constitution de 1958 donne un rôle prééminent sur le Sénat.
Vénérable institution née peu après la Révolution française, le Sénat est chargé avec l'Assemblée d'examiner et de voter projets de lois, traités et conventions internationales.
Au fur et à mesure de la journée, ce sont des résultats sévères pour la majorité qui sont tombés. Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, battu, un 8e siège gagné par la gauche à Paris où le parti présidentiel UMP ne détient plus que deux sénateurs.
La gauche a fortement progressé dans de nombreux départements et a même remporté des victoires dans des fiefs de la droite, comme la Lozère (sud).
Il s'agit d'«une progression historique pour la gauche et une sanction incontestable pour l'UMP», a déclaré Harlem Désir, patron par intérim du PS en raison des primaires pour désigner le candidat du parti à l'élection présidentielle.
«L'Élysée prend acte»
La droite a tenté de son côté de limiter la portée des résultats. «L'Élysée prend acte des résultats du scrutin sénatorial, qui est la conséquence de la progression de la gauche aux élections locales intervenues depuis 2004», a indiqué la présidence française dans une courte déclaration à l'AFP, sans autre commentaire.
Avec de bons résultats aux dernières élections municipales, régionales et cantonales, la gauche a modifié le visage des grands électeurs -près de 72 000 élus locaux — appelés hier à voter pour renouveler la moitié des sièges du Sénat.
Ce scrutin complexe et à la majorité ou la proportionnelle, selon les départements, avait auparavant donné l'avantage à la droite.
Sur le même ton que l'Élysée, le premier ministre, François Fillon, a reconnu une «forte poussée» de l'opposition, «accentuée par les divisions de la majorité».
Seul le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a évoqué hier soir «la défaite» de la droite, tout en expliquant que c'était «une déception mais pas une surprise» en raison «des défaites locales successives» depuis 2004.
Le fonctionnement du Parlement devrait malgré tout être considérablement modifié, la gauche au Sénat pouvant notamment faire retarder l'adoption des textes de loi.
La discussion des budgets de l'État et de la Sécurité sociale pour 2012, qui vont décliner le plan de rigueur du gouvernement, risque ainsi de devenir explosive.
Reste aussi le président du Sénat, deuxième personnage de l'État, qui assure l'intérim du président en cas d'incapacité et dispose d'un important pouvoir de nomination.
Ce poste devrait revenir à normalement à un sénateur de gauche au terme d'un vote prévu le 1er octobre.
Les sénatoriales pourraient aussi entraîner un remaniement du gouvernement si Nicolas Sarkozy réclamait la démission des ministres élus au Sénat. Se poserait alors le problème du remplacement de Gérard Longuet (élu) alors que la France mène des opérations militaires en Libye et en Afghanistan.
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Avec l'Agence France-Presse
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