Le virage de Merkel - Le bouc émissaire
Après le Royaume-Uni et les Pays-Bas, voilà qu'Angela Merkel enterre à son tour le multiculturalisme, grand responsable à son avis de la litanie de difficultés rencontrées sur le front de l'intégration des immigrants en général et des musulmans en particulier. Devant les membres de son parti, les chrétiens-démocrates (CDU), elle a employé des mots plus durs que ceux dont ont usé ses homologues des pays cités. Selon la chancelière, le multiculturalisme a «totalement échoué.»
Pour bien saisir la portée de ces propos, il faut reprendre la chronologie du débat sur l'immigration qui agite avec force l'Allemagne depuis deux mois. Un, Thilo Sarrazin, un membre du SPD, les sociaux-démocrates, publie un livre intitulé L'Allemagne court à sa perte. À cause de qui? L'étranger. Deux, le président de la République, Christian Wulff, de la CDU comme Merkel, prend le contrepied de la thèse développée par Sarrazin en affirmant que «l'islam fait partie de l'Allemagne». Trois, il y a eu la communication, la semaine dernière, d'un sondage qui donne froid dans le dos. Un sondage qui explique, en partie tout au moins, l'inflexion du discours de Merkel.
Pas moins de 35 % des Allemands jugent que le pays est envahi par les immigrants. Le tiers d'entre eux estiment qu'advenant une augmentation du chômage, il faudrait expulser ces étrangers qui en fait sont ici pour profiter du filet social. Près de 60 % souhaitent une restriction des rituels religieux musulmans. On fait l'impasse sur le reste pour mieux souligner que le retour en force de ce nationalisme d'assiégé a été aiguisé par la crise économique.
Ainsi, après le Royaume-Uni, les Pays-Bas, Nicolas Sarkozy et son débat sur l'identité nationale, l'expulsion des Roms et ses lois sur l'immigration, après l'Autriche, la Suède, la Hongrie, sans oublier l'Italie, voici que Merkel brandit par opportunisme, dans sa facette exécrable, la carte de l'immigrant. Parce que sa popularité est au plus bas, elle a dépoussiéré la pièce du bouc émissaire avant de la mettre en scène.
Dans cette histoire aussi allemande qu'européenne, un fait ou plus exactement une absence agace au plus haut point. Autant on écoute les politicologues, autant les travaux des sociologues sont négligés. De quoi s'agit-il? Ces derniers ont observé comme calculé que l'éventail des nouvelles technologies mises à la disposition des personnes favorise l'éclatement identitaire, encourage l'individualisation des comportements.
Autrement dit, l'adhésion à un socle commun de valeurs et de cultures est plus hasardeuse ou difficile qu'elle ne l'était dans les années 60 ou 70. Qui plus est, quels étaient en France, terre d'immigration par excellence en Europe, les réseaux facilitant l'intégration des étrangers? L'école, le service militaire et les syndicats. Bref, tous les membres de l'Union européenne (UE) devraient tripler les budgets de l'éducation, réinstaurer (sic) le service militaire et syndiquer tous les salariés. Bonjour l'ambiance!
Pour bien saisir la portée de ces propos, il faut reprendre la chronologie du débat sur l'immigration qui agite avec force l'Allemagne depuis deux mois. Un, Thilo Sarrazin, un membre du SPD, les sociaux-démocrates, publie un livre intitulé L'Allemagne court à sa perte. À cause de qui? L'étranger. Deux, le président de la République, Christian Wulff, de la CDU comme Merkel, prend le contrepied de la thèse développée par Sarrazin en affirmant que «l'islam fait partie de l'Allemagne». Trois, il y a eu la communication, la semaine dernière, d'un sondage qui donne froid dans le dos. Un sondage qui explique, en partie tout au moins, l'inflexion du discours de Merkel.
Pas moins de 35 % des Allemands jugent que le pays est envahi par les immigrants. Le tiers d'entre eux estiment qu'advenant une augmentation du chômage, il faudrait expulser ces étrangers qui en fait sont ici pour profiter du filet social. Près de 60 % souhaitent une restriction des rituels religieux musulmans. On fait l'impasse sur le reste pour mieux souligner que le retour en force de ce nationalisme d'assiégé a été aiguisé par la crise économique.
Ainsi, après le Royaume-Uni, les Pays-Bas, Nicolas Sarkozy et son débat sur l'identité nationale, l'expulsion des Roms et ses lois sur l'immigration, après l'Autriche, la Suède, la Hongrie, sans oublier l'Italie, voici que Merkel brandit par opportunisme, dans sa facette exécrable, la carte de l'immigrant. Parce que sa popularité est au plus bas, elle a dépoussiéré la pièce du bouc émissaire avant de la mettre en scène.
Dans cette histoire aussi allemande qu'européenne, un fait ou plus exactement une absence agace au plus haut point. Autant on écoute les politicologues, autant les travaux des sociologues sont négligés. De quoi s'agit-il? Ces derniers ont observé comme calculé que l'éventail des nouvelles technologies mises à la disposition des personnes favorise l'éclatement identitaire, encourage l'individualisation des comportements.
Autrement dit, l'adhésion à un socle commun de valeurs et de cultures est plus hasardeuse ou difficile qu'elle ne l'était dans les années 60 ou 70. Qui plus est, quels étaient en France, terre d'immigration par excellence en Europe, les réseaux facilitant l'intégration des étrangers? L'école, le service militaire et les syndicats. Bref, tous les membres de l'Union européenne (UE) devraient tripler les budgets de l'éducation, réinstaurer (sic) le service militaire et syndiquer tous les salariés. Bonjour l'ambiance!
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