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Lettres - Le point de vue de la Hongrie

Tamás Király - Chargé d'affaires à l'ambassade de la République de Hongrie  1 septembre 2010  Europe
Ces dernières semaines, deux articles fortement contestables ont été publiés dans Le Devoir sur le nouveau gouvernement conservateur de Viktor Orbán de la Hongrie («La peste» par Serge Truffaut le 5 août et l'article de Libération le 21 août). Tout en respectant la liberté d'expression des auteurs et dans l'esprit d'un dialogue ouvert, permettez-moi de faire quelques remarques sur les conclusions des articles qui paraissent assez partiales.

La Hongrie, État membre de l'OTAN depuis 1999 et de l'Union européenne depuis 2004, est un pays démocratique et un État de droit. Le parti de M. Orbán, Fidesz, formé en 1988, fut l'une des forces les plus importantes de l'opposition au régime communiste. Ces forces ont contribué à la transition démocratique de la Hongrie en 1989-1990. Aujourd'hui, Fidesz est membre du Parti populaire européen (PPE), tout comme les partis de la chancelière allemande, Angela Merkel, et du président de la France, Nicolas Sarkozy. M. Orbán est vice-président du PPE (qui a actuellement la majorité au Parlement européen) depuis 2002.

Après huit ans de gouvernement soutenu par le Parti socialiste et les libéraux, Fidesz a obtenu une majorité de deux tiers des sièges parlementaires aux élections d'avril 2010, un mandat électoral qui est le plus important en Hongrie depuis 1990. Mais même dans ces conditions, toutes les forces politiques modérées, comme Fidesz, demeurent fidèles aux valeurs et aux principes fondamentaux de la démocratie.

La loi qui offre la citoyenneté aux Hongrois habitant à l'étranger est similaire aux règlements de nombreux autres pays européens. Le gouvernement hongrois n'a pas pour but de «récupérer» des territoires perdus il y a 90 ans. Il s'est cependant engagé à protéger les droits des minorités ethniques et il veut promouvoir la possibilité de sauvegarder l'identité et les traditions culturelles de ces minorités — ce sont des objectifs qui sont respectés au Québec aussi. C'est pour cela que le gouvernement a nommé un secrétaire d'État chargé de l'intégration des Roms et que Lívia Járóka, membre de Fidesz, est la première députée rom du Parlement européen.

***

Tamás Király - Chargé d'affaires à l'ambassade de la République de Hongrie
 
 
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