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    France - Le gouvernement intensifiera sa politique à l'égard des Roms

    Morin et Kouchner se disent mal à l'aise face aux expulsions

    31 août 2010 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse | Europe
    Les ministres Brice Hortefeux (à gauche), Pierre Lellouche (au centre) et Éric Besson hier en conférence de presse.<br />
    Photo: Agence Reuters Gonzalo Fuentes Les ministres Brice Hortefeux (à gauche), Pierre Lellouche (au centre) et Éric Besson hier en conférence de presse.
    Paris — Alors que deux ministres ont fait part de leur malaise sur la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, le gouvernement français a annoncé hier qu'il poursuivrait et intensifierait sa politique à l'égard des Roms malgré les protestations en France et à l'international.

    Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, et le ministre de l'Immigration, Éric Besson, ont déclaré que près de 1000 Roumains et Bulgares avaient regagné leur pays en un mois, chiffre légèrement inférieur à la moyenne mensuelle sur 2010.

    «Les opérations d'évacuation des camps illégaux et illicites vont se poursuivre parce qu'elles sont légitimes et nécessaires», a dit Brice Hortefeux lors d'une conférence de presse.

    Éric Besson a lui annoncé que le gouvernement déposerait trois amendements à la loi sur la sécurité intérieure, examinée au Parlement à partir de septembre, de manière à faciliter les expulsions. L'un d'entre eux sanctionnera les «actes répétés de vols ou de mendicité agressive».

    Malaise


    De son côté, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, ministre de Nicolas Sarkozy mais aussi figure de l'action humanitaire depuis des décennies, a confié hier son malaise sur les expulsions de Roms, affirmant avoir songé à la démission. M. Kouchner a affirmé avoir eu «le coeur serré» par la situation très difficile des Roms.

    «Comment faire pour y remédier? En démisssionnant, j'y ai pensé», a-t-il dit sur la radio RTL, en précisant en avoir parlé au président. Ce qui l'a retenu de le faire, «c'est l'efficacité: il faut absolument s'en occuper beaucoup plus», a-t-il dit. «C'est important de continuer. S'en aller, c'est déserter, c'est accepter», a-t-il ajouté, rappelant qu'il travaillait depuis 25 ans, dans ses différentes fonctions, sur la question des Roms.

    Intervention de Fillon


    Un autre membre important du gouvernement, le centriste Hervé Morin, ministre de la Défense, a lui aussi fait entendre sa différence sur les expulsions de Roms, appelant à une «société apaisée et de la reconnaissance» et fustigeant les discours de «la haine, de la peur et du bouc-émissaire».

    Le premier ministre a pour sa part repris à son compte les chiffres de l'augmentation de la délinquance des ressortissants roumains, évoquant un «problème lié à l'ouverture des frontières européennes et [...] au fait qu'en Roumanie notamment, l'intégration des populations de Roms n'est pas suffisante».

    Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, lui a reproché de faire «le lien entre immigration et insécurité». «Avec des mots choisis, François Fillon ne dit rien d'autre que Marine Le Pen», la vice-présidente du Front national, a-t-il.

    «Il n'y a pas de discours de stigmatisation», a insisté François Fillon. «La politique que nous conduisons, c'est une politique qui respecte la loi et qui s'adresse à toutes les personnes qui sont en situation irrégulière.»

    La plupart des Roms reconduits dans leur pays sont toutefois en situation régulière, étant citoyens communautaires entrés en France depuis moins de trois mois. Ainsi, sur les 979 Roumains et Bulgares reconduits à la frontière depuis le 28 juillet, 151 ont été expulsés pour séjour irrégulier, selon Éric Besson.

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    Avec Reuters












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