France - Rentrée de crise pour Sarkozy
Photo : Agence Reuters Lionel Bonaventure
Nicolas Sarkozy aura un automne fort occupé.
Paris — Croissance fragile, scandales à répétition et sondages désastreux: le président français, Nicolas Sarkozy, n'a guère de marge de manœuvre pour affronter une rentrée politico-sociale qui s'annonce brûlante, avec une impopulaire réforme des retraites et un délicat remaniement.
Nicolas Sarkozy a présidé hier son premier Conseil des ministres de rentrée, avec le souci de calmer la polémique sur sa politique sécuritaire.
Le président a demandé aux membres du gouvernement de «redoubler de dialogue, de pédagogie, face aux inquiétudes et interrogations», tout en prévenant qu'il ne céderait «pas à ceux qui cherchent la polémique systématique».
Selon un sondage TNS-Sofres publié hier, Nicolas Sarkozy serait laminé au second tour de l'élection présidentielle, si elle avait lieu aujourd'hui, par le socialiste et actuel président du FMI Dominique Strauss-Kahn (59 % contre 41 %), et également nettement battu par la patronne du Parti socialiste Martine Aubry (53 %-47 %).
Une nette majorité de sondés (62 %) ne souhaite d'ailleurs pas que Nicolas Sarkozy se représente à la présidentielle en 2012, d'après un autre sondage réalisé par Ipsos. Dans le cas d'une nouvelle candidature,
57 % des Français pensent qu'il ne serait pas réélu, contre 38 % qui jugent qu'il l'emporterait.
Exaspération
À moins de deux ans de la présidentielle, «la question de la candidature de Nicolas Sarkozy reste posée» pour le politologue Philippe Braud, qui estime que «la principale contrainte qui pèse sur Sarkozy, c'est l'extraordinaire niveau d'exaspération par rapport à son style gesticulatoire».
«Le paradoxe de la France en cette rentrée, par rapport à d'autres pays européens, c'est qu'elle résiste plutôt pas trop mal à la crise économique, [...] mais traverse une crise morale» dont le président «est le dépositaire», renchérit Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap.
L'opinion publique «ne nie pas» les problèmes de sécurité ou la nécessité d'une réforme des retraites, mais se démarque d'un gouvernement perçu comme menant une «politique injuste qui favorise les riches», affirme Frédéric Dabi de l'Institut de sondages Ifop.
La question sécuritaire
Censé rendre au chef de l'État la maîtrise de l'agenda politique, le virage sécuritaire estival n'a pas profité à M. Sarkozy.
Après plusieurs faits divers médiatiques, M. Sarkozy avait annoncé le 30 juillet que les camps illégaux de Roms seraient démantelés et certains criminels d'origine étrangère déchus de leur nationalité française.
Cette politique établissant un lien entre insécurité et immigration, violemment critiquée en France, a suscité la réprobation, de l'ONU au Vatican.
Pour Frédéric Dabi, ce récent tour de vis fait fuir un peu plus les jeunes et les cadres: «Sarkozy a peu de marges de manoeuvre. Il est assez frappant de voir sa cote de popularité stagner entre 30 et 35 % depuis le début de l'année.»
Les prévisions de croissance ont été abaissées à 2% au lieu de 2,5% pour 2011 et le pouvoir a confirmé la rigueur budgétaire avec l'annonce de la suppression en septembre de 10 milliards d'euros d'exonérations fiscales.
Dans ce contexte morose, la réforme des retraites, chantier phare de la fin du mandat de Nicolas Sarkozy dont l'examen doit débuter le 7 septembre au Parlement, s'annonce difficile et va remettre sur le devant de la scène le ministre du Travail Éric Woerth.
Nicolas Sarkozy a présidé hier son premier Conseil des ministres de rentrée, avec le souci de calmer la polémique sur sa politique sécuritaire.
Le président a demandé aux membres du gouvernement de «redoubler de dialogue, de pédagogie, face aux inquiétudes et interrogations», tout en prévenant qu'il ne céderait «pas à ceux qui cherchent la polémique systématique».
Selon un sondage TNS-Sofres publié hier, Nicolas Sarkozy serait laminé au second tour de l'élection présidentielle, si elle avait lieu aujourd'hui, par le socialiste et actuel président du FMI Dominique Strauss-Kahn (59 % contre 41 %), et également nettement battu par la patronne du Parti socialiste Martine Aubry (53 %-47 %).
Une nette majorité de sondés (62 %) ne souhaite d'ailleurs pas que Nicolas Sarkozy se représente à la présidentielle en 2012, d'après un autre sondage réalisé par Ipsos. Dans le cas d'une nouvelle candidature,
57 % des Français pensent qu'il ne serait pas réélu, contre 38 % qui jugent qu'il l'emporterait.
Exaspération
À moins de deux ans de la présidentielle, «la question de la candidature de Nicolas Sarkozy reste posée» pour le politologue Philippe Braud, qui estime que «la principale contrainte qui pèse sur Sarkozy, c'est l'extraordinaire niveau d'exaspération par rapport à son style gesticulatoire».
«Le paradoxe de la France en cette rentrée, par rapport à d'autres pays européens, c'est qu'elle résiste plutôt pas trop mal à la crise économique, [...] mais traverse une crise morale» dont le président «est le dépositaire», renchérit Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap.
L'opinion publique «ne nie pas» les problèmes de sécurité ou la nécessité d'une réforme des retraites, mais se démarque d'un gouvernement perçu comme menant une «politique injuste qui favorise les riches», affirme Frédéric Dabi de l'Institut de sondages Ifop.
La question sécuritaire
Censé rendre au chef de l'État la maîtrise de l'agenda politique, le virage sécuritaire estival n'a pas profité à M. Sarkozy.
Après plusieurs faits divers médiatiques, M. Sarkozy avait annoncé le 30 juillet que les camps illégaux de Roms seraient démantelés et certains criminels d'origine étrangère déchus de leur nationalité française.
Cette politique établissant un lien entre insécurité et immigration, violemment critiquée en France, a suscité la réprobation, de l'ONU au Vatican.
Pour Frédéric Dabi, ce récent tour de vis fait fuir un peu plus les jeunes et les cadres: «Sarkozy a peu de marges de manoeuvre. Il est assez frappant de voir sa cote de popularité stagner entre 30 et 35 % depuis le début de l'année.»
Les prévisions de croissance ont été abaissées à 2% au lieu de 2,5% pour 2011 et le pouvoir a confirmé la rigueur budgétaire avec l'annonce de la suppression en septembre de 10 milliards d'euros d'exonérations fiscales.
Dans ce contexte morose, la réforme des retraites, chantier phare de la fin du mandat de Nicolas Sarkozy dont l'examen doit débuter le 7 septembre au Parlement, s'annonce difficile et va remettre sur le devant de la scène le ministre du Travail Éric Woerth.
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