Paris entame les expulsions de Roms
La politique sécuritaire de Sarkozy suscite un malaise tant à gauche qu'à droite
Photo : Agence France-Presse Jeff Pachoud
L’an dernier, la France a renvoyé 10 000 Roms en Roumanie et en Bulgarie.
Paris — Les premières expulsions de Roms en situation irrégulière en France vers leurs pays d'origine, la Roumanie et la Bulgarie, auront lieu demain, alors que la politique sécuritaire du président Nicolas Sarkozy continue de susciter le malaise, à gauche, mais aussi à droite.
Soixante-dix-neuf Roms, qui ont accepté l'aide au retour volontaire de 300 euros (400 dollars) et de 100 euros (135 dollars) par enfant mineur, seront reconduits demain à Bucarest par un vol affrété dans le cadre d'un retour volontaire dans leur pays d'origine, a annoncé hier le ministre français de l'Immigration, Éric Besson. Il s'agit du 25e vol de ce type organisé depuis le début de l'année en direction de la Roumaine et de la Bulgarie, selon lui.
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé pour sa part que 51 camps illégaux de Roms avaient été démantelés cet été à travers la France. Il y en aurait au total près de 600 selon lui. «En tout, ce sont quelque 700 Roms qui seront raccompagnés dans leurs pays d'ici la fin du mois» en avions commerciaux, a-t-il annoncé.
Un retour ?
En 2009, 10 000 Roms ont été reconduits par 44 vols de France vers la Roumanie et la Bulgarie, avec un billet d'avion et 300 euros par adulte, selon les autorités françaises qui reconnaissent toutefois que les personnes expulsées, membres de l'Union européenne, pourront revenir en France.
La Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l'UE en 2007. En vertu d'un régime transitoire, leurs ressortissants peuvent entrer en France sans formalité particulière et y rester durant trois mois sans avoir à justifier d'une activité. Au-delà des trois mois, ils doivent avoir un emploi, suivre des études ou justifier de ressources suffisantes. Ces Roms sont estimés à 15 000 en France.
Outre ces expulsions en série, le président Sarkozy, qui vient d'annoncer un nouveau tour de vis dans la lutte contre l'insécurité, a récemment prévenu qu'il entendait priver de la nationalité française certains criminels d'origine étrangère.
Paris a été vivement critiqué à l'ONU pour ce lien établi entre immigration et insécurité. En France, le pouvoir a été accusé à gauche de promouvoir un «racisme d'État».
«Cette politique de l'humiliation donne une vision dégradante de l'action publique. La France n'est pas un pays raciste. Mais en activant les pulsions du racisme, l'exécutif bafoue nos principes et nos valeurs», a estimé hier le quotidien Le Monde.
Pleinement assumé par le gouvernement, le discours de fermeté qui avait en partie valu à Nicolas Sarkozy son élection en 2007 passe désormais mal dans une partie de la majorité.
«Cette politique est choquante. On se moque des Français. Les problèmes de sécurité ne tiennent pas à quelques camps de Roms [...]. C'est de la poudre aux yeux», a affirmé lundi le député du parti présidentiel UMP François Goulard, proche de l'ex-premier ministre Dominique de Villepin.
Le député UMP Bernard Debré a pour sa part mis en garde hier contre le fait d'établir un lien direct entre l'insécurité et l'immigration. «Il y a des terroristes français, il y a des criminels français», a-t-il dit.
Soixante-dix-neuf Roms, qui ont accepté l'aide au retour volontaire de 300 euros (400 dollars) et de 100 euros (135 dollars) par enfant mineur, seront reconduits demain à Bucarest par un vol affrété dans le cadre d'un retour volontaire dans leur pays d'origine, a annoncé hier le ministre français de l'Immigration, Éric Besson. Il s'agit du 25e vol de ce type organisé depuis le début de l'année en direction de la Roumaine et de la Bulgarie, selon lui.
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé pour sa part que 51 camps illégaux de Roms avaient été démantelés cet été à travers la France. Il y en aurait au total près de 600 selon lui. «En tout, ce sont quelque 700 Roms qui seront raccompagnés dans leurs pays d'ici la fin du mois» en avions commerciaux, a-t-il annoncé.
Un retour ?
En 2009, 10 000 Roms ont été reconduits par 44 vols de France vers la Roumanie et la Bulgarie, avec un billet d'avion et 300 euros par adulte, selon les autorités françaises qui reconnaissent toutefois que les personnes expulsées, membres de l'Union européenne, pourront revenir en France.
La Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l'UE en 2007. En vertu d'un régime transitoire, leurs ressortissants peuvent entrer en France sans formalité particulière et y rester durant trois mois sans avoir à justifier d'une activité. Au-delà des trois mois, ils doivent avoir un emploi, suivre des études ou justifier de ressources suffisantes. Ces Roms sont estimés à 15 000 en France.
Outre ces expulsions en série, le président Sarkozy, qui vient d'annoncer un nouveau tour de vis dans la lutte contre l'insécurité, a récemment prévenu qu'il entendait priver de la nationalité française certains criminels d'origine étrangère.
Paris a été vivement critiqué à l'ONU pour ce lien établi entre immigration et insécurité. En France, le pouvoir a été accusé à gauche de promouvoir un «racisme d'État».
«Cette politique de l'humiliation donne une vision dégradante de l'action publique. La France n'est pas un pays raciste. Mais en activant les pulsions du racisme, l'exécutif bafoue nos principes et nos valeurs», a estimé hier le quotidien Le Monde.
Pleinement assumé par le gouvernement, le discours de fermeté qui avait en partie valu à Nicolas Sarkozy son élection en 2007 passe désormais mal dans une partie de la majorité.
«Cette politique est choquante. On se moque des Français. Les problèmes de sécurité ne tiennent pas à quelques camps de Roms [...]. C'est de la poudre aux yeux», a affirmé lundi le député du parti présidentiel UMP François Goulard, proche de l'ex-premier ministre Dominique de Villepin.
Le député UMP Bernard Debré a pour sa part mis en garde hier contre le fait d'établir un lien direct entre l'insécurité et l'immigration. «Il y a des terroristes français, il y a des criminels français», a-t-il dit.
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