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Catalogne - Coup dur pour la tradition taurine

L'interdiction des corridas provoque la consternation des «aficionados»

Agence France-Presse   29 juillet 2010  Europe
C’est finalement le taureau, et les défenseurs des animaux, qui auront eu raison du toreador et de la tradition taurine espagnole.<br />
Photo : Agence France-Presse Alberto Simon
C’est finalement le taureau, et les défenseurs des animaux, qui auront eu raison du toreador et de la tradition taurine espagnole.
Barcelone — Le Parlement régional de Catalogne a porté un coup dur à la tradition taurine espagnole en approuvant hier l'interdiction des corridas sur son territoire, provoquant l'euphorie des défenseurs des animaux et la consternation des «aficionados».

Les députés catalans ont voté, par 68 voix pour et 55 contre, en faveur d'une «initiative législative populaire» (ILP, permettant à de simples citoyens de proposer un texte de loi) qui réclamait la fin de ces spectacles «barbares».

La Catalogne est ainsi devenue la deuxième région d'Espagne à interdire les corridas, après l'archipel des Canaries, qui avait banni les spectacles tauromachiques en 1991.

La décision, acquise grâce notamment au vote favorable des indépendantistes de gauche d'ERC et d'une partie des nationalistes de centre droit de CiU, a provoqué les vivas des militants antitaurins de l'association «Prou!» («Assez!» en catalan), à l'origine du vote.

À l'extérieur du parlement régional, l'ambiance était tendue entre les quelques dizaines de manifestants pro et antitaurins, réunis à l'occasion de ce vote «historique».

La prohibition a provoqué la consternation dans le monde tauromachique espagnol, qui traverse une période morose en raison de la crise économique et d'une relative désaffection des spectateurs.

C'est une «agression» contre une tradition espagnole qui va provoquer une «prise de conscience et une mobilisation» du monde taurin espagnol, a estimé l'imprésario français Simon Casas, lui-même ancien torero.

M. Casas a toutefois reconnu que cette interdiction n'était pas une «grande perte» dans une région où la tauromachie avait déjà pratiquement disparu.

Pour le torero espagnol Manuel Jesus «El Cid», la décision catalane est «un véritable attentat contre la liberté», et l'association pro-corrida «Plateforme pour la défense de la Fiesta» a annoncé un recours auprès du Tribunal constitutionnel.

À l'inverse, le vote catalan a provoqué l'euphorie des défenseurs des animaux. Cette «victoire représente la porte ouverte à l'abolition de la tauromachie dans le monde entier», a affirmé Aïda Gascon, directrice de l'association AnimaNaturalis.

La décision catalane a été aussi saluée en France. «C'est une victoire de la dignité sur la cruauté. La corrida est d'un sadisme incroyable, nous n'en sommes plus aux jeux du cirque et il faut mettre un terme immédiat à cette torture des animaux», a déclaré la défenseuse des droits des animaux Brigitte Bardot.

Avant le vote au Parlement de Barcelone, le débat s'était cantonné à la défense du droit des animaux pour les uns et à celle de la liberté des aficionados pour les autres, sans glisser sur le terrain politique.

Mais les milieux conservateurs espagnols ont rapidement accusé les députés catalans d'arrière-pensées nationalistes et identitaires contre cette tradition très «espagnole».

Certains y ont vu un réflexe revanchard après le rejet fin juin par le Tribunal constitutionnel d'une partie des prérogatives accordées à la Catalogne dans son nouveau statut d'autonomie.

La prohibition de la «Fiesta nationale» espagnole n'a «rien à voir avec la maltraitance animale», mais vise à «rompre les liens» entre la Catalogne et l'Espagne, a déclaré la présidente conservatrice de la région de Madrid, Esperanza Aguirre.

Anticipant la décision catalane, plusieurs régions espagnoles, dont celle de Madrid, avaient annoncé leur intention d'inscrire la tauromachie à leur «patrimoine culturel» pour la protéger.

Le Parti populaire d'opposition (PP, droite) a annoncé hier qu'il déposerait rapidement au Parlement national une initiative pour défendre la liberté des citoyens d'assister à cette «manifestation d'intérêt culturel».
 
 
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  • Mathieu Forget
    Abonné
    jeudi 29 juillet 2010 09h03
    Felicitats Catalunya !
    La tortura no és cultura ! Ou si vous préférer en français, « La torture n'est pas de la culture »

    Je n'ai jamais compris l'intérêt d'aller assister à un spectacle où l'essentiel de celui-ci est le massacre d'un animal...

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    mercredi 4 août 2010 12h48
    Estic perdut !
    Avec toutes les émissions de télé-réalité qui magnifient la violence entre les personnes (re: La chaise qui vous brisera ou vous rendra riche, la cuisine où les cuisiniers ne sont pas partenaires mais adversaires), je ne serais pas surpris qu'un jour on assiste à des compéticiens qui se termineront par la mort d'une personne...

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    mercredi 4 août 2010 14h29
    La Catalogne contre la tauromachie
    De toutes façons, plus personne en Catalogne n'allait aux corridas. N'oublions pas que les Canaries ( pas catalanes du tout) ont précédé la Catalogne il y a 20 ans.

  • Guillermo Navarro Garcia
    Inscrit
    jeudi 5 août 2010 10h30
    Feria de Millas
    Je passe mes vacances en France cette année et cette fin de semaine je vais à la feria de Millas en Catalogne, nord, également appelée département des Pyrénées Orientales. J'y suis déjà allé il y a 5 ans. Il y aura une corrida (une novillada plus exactement). Si la législation française reste ce qu'elle est, les corridas continueront dans cette partie de la Catalogne.

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