Les Polonais enterrent leur président
Plusieurs dirigeants étrangers n'ont pu assister aux funérailles nationales
Photo : Agence Reuters Michal Zagumny
La foule a applaudi et a agité des drapeaux polonais lors de la procession funéraire qui s’est déroulée dans la vieille ville de Cracovie.
Varsovie — Les funérailles nationales du président polonais Lech Kaczynski et de son épouse Maria, tués le 10 avril dans un accident d'avion en Russie, ont été célébrées hier à Cracovie, en présence notamment du président russe Dimitri Medvedev. De nombreux dirigeants étrangers, dont Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Stephen Harper n'avaient pu faire le déplacement, en raison des perturbations aériennes provoquées par le nuage de cendres volcaniques en provenance d'Islande.
Célébrée par l'archevêque de Cracovie, Stanislaw Dziwisz, la messe funèbre en latin, au son du Requiem de Mozart, a commencé à 14h en la basilique Sainte-Marie de Cracovie, qui date du XIIIe siècle. La fille du couple présidentiel polonais, Marta, et le frère jumeau du chef de l'État défunt, Jaroslaw, étaient assis au premier rang, derrière les cercueils enveloppés du drapeau polonais.
Le président par intérim, Bronislaw Komorowski, le premier ministre, Donald Tusk, les chefs d'État estonien, belarus, arménien, letton, lituanien, tchèque et ukrainien étaient également présents. Au-dehors, quelque 150 000 personnes étaient massées sur le parvis de la basilique et dans les rues de l'ancienne capitale des rois de Pologne.
«La sympathie et l'aide que nous avons reçue de nos frères russes ont insufflé une nouvelle vie à l'espoir de relations plus proches et d'une réconciliation entre nos deux nations slaves», a observé durant l'office Mgr Dziwisz. «J'adresse ces mots au président russe», a-t-il souligné.
La présence de Dimitri Medvedev est considérée en Pologne comme un nouveau signe de réchauffement des relations avec la Russie, historiquement mauvaises et particulièrement empoisonnées par le massacre de quelque 22 000 officiers polonais à Katyn (Russie) en 1940. Attribuée aux nazis, cette exécution sur ordre de Staline était en fait l'oeuvre du NKVD, la police secrète soviétique.
À l'issue de la cérémonie, une procession funéraire s'est déroulée dans la vieille ville de Cracovie. Tout le long du trajet jusqu'à la cathédrale du Wawel où le couple présidentiel a été inhumé, la foule a applaudi, agité des drapeaux polonais et scandé: «Lech Kaczynski! Nous te remercions!».
L'inhumation dans la crypte de la cathédrale du Wavel où reposent rois de Pologne et figures illustres de l'histoire du pays comme Josef Pilsudki, considéré comme le père de l'indépendance polonaise, a donné lieu à divers débats et polémiques en Pologne. Certains, dont le réalisateur Andrzej Wajda, ont estimé qu'il n'y avait «pas de raison» d'inhumer Lech Kaczynski à Wawel «avec les rois polonais, à côté de Jozef Pilsudski», même si M. Kaczynski était un homme «bon et humble».
Dignitaires étrangers absents
Les cérémonies se sont déroulées en l'absence de nombreux dirigeants étrangers, qui se sont décommandés en raison de la paralysie du trafic aérien consécutive à l'éruption volcanique. Le président américain Barack Obama, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se sont ainsi fait représenter.
M. Harper et la délégation canadienne, à laquelle prenaient part les trois chefs des partis d'opposition, devait quitter le Canada samedi matin. Le vol a ensuite été reporté à 15h samedi après-midi, avant d'être annulé.
Selon les indications données par le gouvernement, le Canada devait être représenté par son ambassadeur en Pologne, Dan Costello. Le gouvernement devait également envoyer le drapeau unifolié placé en berne en haut de la Tour de la Paix, la semaine dernière, un drapeau polonais et le livre des condoléances signé par les parlementaires, le personnel du Parlement et membres du public.
Lech Kaczynski, son épouse et 94 autres personnes, dont de nombreux hauts dignitaires polonais, comme le chef d'état-major des armées et le gouverneur de la banque centrale, ont été tués le 10 avril dans l'accident de leur Tupolev-154 à Smolensk, dans l'ouest de la Russie. Ils se rendaient à une cérémonie commémorative du massacre de Katyn. Les enquêteurs russes privilégient la piste d'une erreur de l'équipage du Tupolev-154, qui a tenté de se poser malgré un épais brouillard.
Les dirigeants polonais ont décidé d'attendre les obsèques de Lech Kaczynski pour arrêter la date de l'élection présidentielle anticipée. Le président du Parlement Bronislaw Komorowski, qui assure l'intérim à la tête de l'État, a précisé que la date du scrutin serait annoncée le 21 avril.
Célébrée par l'archevêque de Cracovie, Stanislaw Dziwisz, la messe funèbre en latin, au son du Requiem de Mozart, a commencé à 14h en la basilique Sainte-Marie de Cracovie, qui date du XIIIe siècle. La fille du couple présidentiel polonais, Marta, et le frère jumeau du chef de l'État défunt, Jaroslaw, étaient assis au premier rang, derrière les cercueils enveloppés du drapeau polonais.
Le président par intérim, Bronislaw Komorowski, le premier ministre, Donald Tusk, les chefs d'État estonien, belarus, arménien, letton, lituanien, tchèque et ukrainien étaient également présents. Au-dehors, quelque 150 000 personnes étaient massées sur le parvis de la basilique et dans les rues de l'ancienne capitale des rois de Pologne.
«La sympathie et l'aide que nous avons reçue de nos frères russes ont insufflé une nouvelle vie à l'espoir de relations plus proches et d'une réconciliation entre nos deux nations slaves», a observé durant l'office Mgr Dziwisz. «J'adresse ces mots au président russe», a-t-il souligné.
La présence de Dimitri Medvedev est considérée en Pologne comme un nouveau signe de réchauffement des relations avec la Russie, historiquement mauvaises et particulièrement empoisonnées par le massacre de quelque 22 000 officiers polonais à Katyn (Russie) en 1940. Attribuée aux nazis, cette exécution sur ordre de Staline était en fait l'oeuvre du NKVD, la police secrète soviétique.
À l'issue de la cérémonie, une procession funéraire s'est déroulée dans la vieille ville de Cracovie. Tout le long du trajet jusqu'à la cathédrale du Wawel où le couple présidentiel a été inhumé, la foule a applaudi, agité des drapeaux polonais et scandé: «Lech Kaczynski! Nous te remercions!».
L'inhumation dans la crypte de la cathédrale du Wavel où reposent rois de Pologne et figures illustres de l'histoire du pays comme Josef Pilsudki, considéré comme le père de l'indépendance polonaise, a donné lieu à divers débats et polémiques en Pologne. Certains, dont le réalisateur Andrzej Wajda, ont estimé qu'il n'y avait «pas de raison» d'inhumer Lech Kaczynski à Wawel «avec les rois polonais, à côté de Jozef Pilsudski», même si M. Kaczynski était un homme «bon et humble».
Dignitaires étrangers absents
Les cérémonies se sont déroulées en l'absence de nombreux dirigeants étrangers, qui se sont décommandés en raison de la paralysie du trafic aérien consécutive à l'éruption volcanique. Le président américain Barack Obama, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se sont ainsi fait représenter.
M. Harper et la délégation canadienne, à laquelle prenaient part les trois chefs des partis d'opposition, devait quitter le Canada samedi matin. Le vol a ensuite été reporté à 15h samedi après-midi, avant d'être annulé.
Selon les indications données par le gouvernement, le Canada devait être représenté par son ambassadeur en Pologne, Dan Costello. Le gouvernement devait également envoyer le drapeau unifolié placé en berne en haut de la Tour de la Paix, la semaine dernière, un drapeau polonais et le livre des condoléances signé par les parlementaires, le personnel du Parlement et membres du public.
Lech Kaczynski, son épouse et 94 autres personnes, dont de nombreux hauts dignitaires polonais, comme le chef d'état-major des armées et le gouverneur de la banque centrale, ont été tués le 10 avril dans l'accident de leur Tupolev-154 à Smolensk, dans l'ouest de la Russie. Ils se rendaient à une cérémonie commémorative du massacre de Katyn. Les enquêteurs russes privilégient la piste d'une erreur de l'équipage du Tupolev-154, qui a tenté de se poser malgré un épais brouillard.
Les dirigeants polonais ont décidé d'attendre les obsèques de Lech Kaczynski pour arrêter la date de l'élection présidentielle anticipée. Le président du Parlement Bronislaw Komorowski, qui assure l'intérim à la tête de l'État, a précisé que la date du scrutin serait annoncée le 21 avril.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

