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Rayhana et les autres

Christian Rioux   29 janvier 2010  Europe
Rayhana est une belle femme aux longs cheveux roux. Le 12 janvier dernier, en plein Paris, deux hommes s'approchent d'elle et l'aspergent d'essence. Avec une cigarette allumée, l'un d'eux tente d'immoler cette Algérienne de 45 ans. Cette agression serait un simple fait divers si Rayhana n'avait pas écrit une pièce de théâtre qu'elle interprète chaque soir au petit théâtre des Métallos dans le XIe arrondissement. La pièce met en scène des femmes voilées et raconte l'histoire d'une Algérienne de 16 ans que son frère cherche à tuer parce qu'elle est enceinte. Il faut, bien sûr, se garder de conclusions hâtives, mais Rayhana ne voit pas d'autres raisons à cette agression.

Aujourd'hui, le petit théâtre est sous la protection des policiers et l'enquête a été confiée à la brigade antiterroriste.

Lorsqu'on est loin de ces réalités, il est facile de croire que le débat sur le port de la burqa en France n'est dû qu'au caprice de quelques laïcards ou, pire, qu'il est la manifestation d'une manipulation politique à la veille des élections régionales. Il n'en est pourtant rien.

Devant le sort de Rayhana, on saisit toute l'inconscience de ces élites bien-pensantes qui, comme la Fédération des femmes du Québec, prétendent que le débat sur le voile est une simple affaire de choix individuel dans lequel les démocraties n'auraient pas à s'immiscer.

Faudra-t-il d'autres attentats de ce genre pour comprendre que le voile, dont la burqa n'est que la manifestation extrême, est aujourd'hui un symbole plus politique que religieux? «La pointe émergée de l'iceberg», dit fort justement le député français André Gerin. Nos relativistes font mine de croire que le voile est une simple trace du passé, un résidu de pratiques misogynes ancestrales, alors qu'il est au contraire le symbole du nouvel intégrisme qui afflige les pays musulmans et nombre de pays européens.

Le voile que portent aujourd'hui les jeunes filles d'Alger, de Clichy-sous-Bois et des environs du marché Jean-Talon, à Montréal, est un voile que leurs mères n'ont jamais porté. Ce n'est pas celui que portaient encore les grands-mères des villages de la province tunisienne ou marocaine. C'est celui qui est né de la révolution islamiste en Iran, des massacres perpétrés par les intégristes en Algérie et que brandissait l'assassin de Théo Van Gogh à Amsterdam.

Mettons de côté le débat juridique complexe sur l'interdiction de la burqa dans l'espace public qui se poursuit en France. L'essentiel n'est pas là. Il est, comme l'ont bien compris les membres de la mission française sur le voile intégral, dans la dénonciation d'un phénomène qu'une partie de nos élites s'applique à ne pas voir sous prétexte de multiculturalisme, de diversité, de tolérance, d'interculturalisme ou de «laïcité ouverte». C'est pourquoi l'Assemblée nationale française s'apprête à voter unanimement une résolution condamnant le voile intégral comme contraire aux valeurs de la France et de son identité.

Il serait faux de sous-estimer l'importance d'une telle prise de position soutenue par toutes les fractions de la société, y compris l'immense majorité des musulmans. Comme l'affirmait l'écrivain Abdelwahab Meddeb, «l'essentiel est que l'État réagisse». Bref, qu'il exprime ce que les citoyens ordinaires pensent à l'égard de pratiques aussi scandaleuses, mais que nos élites ont peur de dénoncer haut et fort tant elles ont capitulé devant toutes les formes de multiculturalisme ou la simple peur de se faire accuser de racisme.

Une fois reconquis le droit de parler, l'autre priorité consiste à protéger ces femmes à qui le voile est imposé par la force ou la pression sociale et religieuse. Les commissaires demandent aux fonctionnaires de signaler à la protection de la jeunesse les cas où des mineures porteraient la burqa. Ils proposent aussi d'offrir l'asile politique à ces femmes venues de pays où elle est plus ou moins obligatoire.

«Voyons, les Français n'ont-ils pas d'autres problèmes que la burqa?», me demandait récemment une amie féministe. Les multiculturalistes, dans leur passion pour tout ce qui est exotique, traitent la question avec désinvolture. Ils ne cessent de rappeler qu'il n'y aurait pas plus de 2000 femmes portant le voile intégral en France. Une misère! Essayons d'appliquer le même raisonnement aux femmes battues. Suffirait-il de démontrer qu'il n'y a que 2000 femmes battues au Québec pour convaincre les gouvernements d'adoucir nos lois? La caractéristique du multiculturalisme, c'est de pratiquer le deux poids deux mesures dès que l'on vient d'ailleurs. Et encore plus lorsque le prétexte est religieux.

Ce qui étonne le plus, c'est le ralliement d'une certaine gauche à ces idées. Et même d'une frange du mouvement féministe. Porter le voile serait même «libérateur», selon la féministe américaine Naomi Wolf! On aura tout entendu. C'est avec raison qu'une féministe algérienne comme Wassyla Tamzani vit cette «amnésie des féministes post-modernes» comme une véritable trahison qu'elle identifie à un «renoncement de la pensée européenne» (Une femme en colère. Lettre d'Alger aux Européens désabusés, Gallimard).

Ce débat ne concerne pas que les Français, mais tous ceux qui sont épris de liberté.
 
 
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  • Normand Demers
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 03h29
    Le voile ?
    Je vis au Pakistan depuis quelques années et même ici le port du voile augmente parce que beaucoup de femmes ont peur des intégristes. Mes collègues et amis Pakistanais me disent qu'il y a 20 ans il était rare de voir des femmes portant le niqab ou la burqua, qui sont très loin de la tradition vestimentaire des Pakistanaises en dehors de l'univers culturel Pashtoune. Maintenant, même au Punjab et ici au Sindh, ça devient de plus en plus commun.En Occident et ailleurs où c'est possible on devrait définitivement l'interdire. Même dans un environnement Musulman comme ici à Karachi, ça semble une pratique complètement rétrograde

    Normand Demers

  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 29 janvier 2010 06h16
    Attention aux amalgames. M. Rioux en est friand.
    Si la rigueur prenait la premeière place dans ce genre de chronique, on n'écirait pas "l'inconscience de ces élites bien-pensantes qui, comme la Fédération des femmes du Québec, prétendent que le débat sur le voile est une simple affaire de choix individuel dans lequel les démocraties n'auraient pas à s'immiscer."

    Il faut absolument distinguer, maintenant et toujours, entre le foulard, que l'on appelle voile pour mieux l'interdire, et la burqa qu'une grande majorité de de femmes et d'hommes en France et ici veulent et insistent qi'elle soit interdite.

    Il me semble que l'on peut facilement se ralllier à l'idée que des jeunes ou moins jeunes portent, pour toute sorte de raisons, des casquettes, tuques ou foulards, sans déranger qui que ce soit. Ni m'imposer à moi ou à quiconque l'obligation de faire comme eux.

    Il en va tout autrement de la burqa. L'égalité entre les individus, le respect de la femme, le principe même de la vie en société, la sécurité dans nos rues et dans nos parcs sont tous violés par cette burqa dont on a une immense difficulté à croire qu'elle peut être portée volontairement.

    On peut en toute logique faire campagne très activement pour que le port de la burqa soit interdit, comme je le fais depuis longtemps, inviter tous les lecteurs à en faire autant, et tolérer que des jeunes filles portent un foulard, comme bien des garçons portent tuques, casquettes et autres kippa.

    S.V.P. Soyons clairs, les résultats seront plus rapides.

    Georges Paquet

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 07h48
    Pas d'accord.
    "Le voile que portent aujourd'hui les jeunes filles d'Alger, de Clichy-sous-Bois et des environs du marché Jean-Talon, à Montréal, est un voile que leurs mères n'ont jamais porté."

    Autant je suis un adversaire du voile dans la sphère publiqe autant je ne suis pas d'accord avec ce que vous écrivez. Ce n'est pas vrai ce que vous dites à propos du voile des jeunes filles et de leurs mères. Combattre l'intégrisme n'est pas transformer la réalité historique. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'il n'y a pas longtemps vous avez écrit sur Camus et son Algérie. Non, le voile que porte les jeunes filles fut porté par leurs mères, leurs grands-mères, pas toutes mais en grande majorité oui. Revoyez SVP la tradition, les photos, les films et faites des voyages dans l'histoire etc. On ne pourra lutter contre le radicalisme musulman si on reste honnête et c'est votre devoir en tant que journaliste de l'être. Le voile fait partie d'une tradtion profonde et enracinée das la culture musulmane non un effet de mode ou de revendication seulement (il y a toute une littérature pour cela). C'est donc à cette tradition dont il nous faut réfléchir. Merci.

  • Montrealistement
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 08h22
    quand seulement quand
    les femmes pourront, si elles en ont envie et sans se poser de questions ni s'inquiéter de leur sort, quand les femmes pourront se promener en monokini sur les plages du Moyen-Orient, je serai parfaitement d'accord avec le port de la burka.

  • ALemmel
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 08h44
    Sur le même thème
    Belle conclusion sur le même tème de Jean Daniel, du Nouvel Obs : "entre la tombe itinérante de ces inconnues et le voile qui soulignait la beauté d'une Benazir Bhutto, il y a l'abîme qui sépare le secret des ténèbres et la générosité de la lumière"

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    vendredi 29 janvier 2010 09h19
    Distinctions nécessaires
    Comme les Français sont en train de faire, il est important de distinguer le voile intégral (burqa ou niqab) du simple voile ou foulard. C'est le voile intégral que les Français veulent interdire même dans les rues et parcs. Mais il n'est pas certain qu'ils arrivent à en faire une loi générale. Leur laïcité semble stricte depuis 1905. Mais elle perd du terrain alors que celle du Québec en gagne à ce sujet. Prenons les subventions aux écoles privées : chez nous, elles ne sont plus qu'à 60% alors qu'en France, elles sont à 80%. Et l'hexagone subventionne encore des constructions de mosquées. Je lis à propos du projet de subvention de la mosquée d'Annecy invalidé par le tribunal ceci : « Au fond, les musulmans n’ont pas besoin de toutes ces subventions et autres financements borderline. Ce dont ils ont besoin, c’est de se prendre réellement en main et de rompre avec cet état d’esprit très français qui consiste à tout attendre de l’État. » Oui, à propos de laïcité, la France a au moins autant de chemin à faire que le Québec.

    Pour ce qui est de l'acceptation de signes religieux, y compris le foulard, dans les services étatiques, tant Françoise David que la FFQ ont tort selon moi de persévérer dans cette position de moins en moins défendable, si nous voulons instaurer chez nous une laïcité véritable. Ceux qui s'y opposent (et la plupart des féministes en sont) sont de plus en plus nombreux et nombreuses, même dans les rangs du clergé et des religieux catholiques. Il faudrait bien qu'un jour notre gouvernement en prenne acte et agisse dans le sens de la majorité des citoyens québécois.

    Jean-Pierre Audet

  • Minona Minona
    Inscrite
    vendredi 29 janvier 2010 10h15
    Double manipulation
    La frange de la gauche qui refuse de voir les manifestations de l'intégrisme religieux, musulman, (contrairement à l'intégrisme chrétien qu'elle dénonce régulièrement), ne se rend même pas compte qu'elle est manipulée par ces intégristes, parfois au sein même de certaines organisations comme la FFQ ou Québec Solidaire.

    En fait, il s'agit d'une double manipulation, ou du moins une tentative de manipulation des deux côtés. Ainsi lorsque Françoise David affirme qu'il faut permettre le voile dans les institutions gouvernementales, elle est motivée par la conviction que cela permettrait aux femmes voilées de mieux s'intégrer et qu'elles finiraient par retirer leur voile à la longue. Elle espère donc sincèrement que le voile islamique finira par être abandonné.

    Les musulmans et musulmanes qui gravitent autour de Québec Solidaire le savent bien mais ils la laisse croire ce qu'elle veux et je ne serais pas étonnée que plusieurs d'entre eux se servent de son parti pour faire avancer l'Islam politique dans l'espace public. Lorsque le hidjab et, qui sait, peut-être même la burka seront banalisés dans l'espace public, dans les écoles et dans les institutions gouvernementales, quel besoin auront les femmes de se dévoiler? Banaliser le voile ne permet pas l'intégration mais au contraire facilite le refus d'intégration.

  • michel lebel
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 10h44
    Le visage découvert et un livre blanc sur la laïcité
    Je crois que le Code criminel interdit de se promener sur la voie pubique le visage couvert. Du simple bon sens pour qui vit en société. Pas nécessaire d'entrer ici dans un débat philosophique. Donc, oui au voile islamique ou hidjab, mais non à la burqa et au niqab(qui cachent le visage).
    Dans les établissements publics(services de l'État, incluant les écoles), je serais opposé au port de signes religieux, à moins qu'Ils ne soient discrètement portés. Si une telle discrétion soulève des débats à plus finir, il faudrait abandonner cette pratique. Enfin il serait souhaitable que le gouvernement du Québec publie un livre blanc sur la laïcité. Mieux vaut prévenir que guérir...

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 29 janvier 2010 11h17
    La mère Patrie a parlé
    Christian Rioux dit beaucoup de choses intéressantes dans ce texte. Entre autre, que les élites auraient plus ou moins perdu le sens commun tant elles ont "capitulé devant toutes les formes de multiculturalisme ou la simple peur de se faire accuser de racisme" et elles doivent maintenant se référer à ce que pensent les citoyens ordinaires pour se rendre aux évidences et retrouver le droit de parler. N'est-ce pas délicieusement ironique? Et que pense le citoyen ordinaire au sujet de la burqa? Que c'est scandaleux, point. Ainsi, on met un terme à la dérive religieuse et l'Assemblée nationale française "s'apprête à voter unanimement une résolution condamnant le voile intégral comme contraire aux valeurs de la France et de son identité." J'aurais aimé que le Québec n'attende pas le feu vert de la mère Patrie pour entamer une réflexion dans le même sens mais quand on est colonisé...et la vérité sort-elle dorénavant de la bouche du citoyen ordinaire qui, lui, est encore libre de parler?

  • Monique Laberge
    Abonnée
    vendredi 29 janvier 2010 12h31
    En effet!
    Vous soulignez à juste titre que le voile porté n'est certainement pas celui des grand-mères de ces femmes, vous soulignez à juste titre ce que la FFQ -et nos soit-disant élites politiques (entre autres Ignatieff hier..) refusent non seulement d'admettre -mais en plus de discuter (sauf pour nous dire que toute personne n'adhérant pas au multiculturalisme ne saurait être que raciste et islamophobe...)-, que ce voile est d'abord politique, bien ancré dans la mouvance intégriste, et dans cette "stratégie de grignotage" dénoncée par Abdelwahab Meddeb dont vous nous informiez hier. Merci M. Rioux!

  • Pierre Marcotte
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 12h35
    La majorité silencieuse
    On dira encore que c'est une infime minorité qui met le feu au femmes, un ou deux actes isolés qui font parler d'eux et qui semblent refléter la majorité.
    Si la majorité des musulmans sont contre l'immolation publique, qu'elle réagisse, bon Dieu ! Qu'elle dénonce ces deux crapules aux autorités pour qu'ils répondent à des accusations de tentative de meurtre.
    L'Islam fait beaucoup parler de lui ces temps-ci, et c'est rarement pour dire que tout va bien. Attentats, attaques sauvages, crimes "d'honneur", violence et barbarie, voilà ce qu'on voit de cette religion.
    Toute secte ou religion qui interdit aux femmes de se montrer le visage est suspect et rétrograde. L'humilité est une chose, la honte en est une autre. Les hommes musulmans sont-ils insécurs au point de refuser de montrer leur(s) femme(s) aux autres hommes ? Ou croient-ils que nous ne sommes que des crapules, des bêtes assoiffés de sexe qui attaquent les femmes continuellement ?
    Au Québec, faites comme les Québécois. Un homme qui afflige une telle discipline honteuse à sa femme ne peut pas se considérer Québécois.
    Ma femme ne se promènerait pas en maillot 2-pièces sur les plages du Pakistan, on sait comment ça marche là-bas ! Allah est grand ? Au Québec, l'égalité homme-femme est au-dessus de toutes les religions. La justice, l'égalité et la dignité humaine, voilà ma religion !

  • Kim Cornelissen
    Inscrite
    vendredi 29 janvier 2010 13h19
    Ne pas tirer sur les messagères...
    Ce qui est irritant dans le débat sur le voile et la burka - cette dernière me faisant littéralement frissonner -, c'est que l'on vise les femmes et les filles qu'on met sur la sellette plutôt que de toucher directement la société qui est derrière. On vise la pointe de l'iceberg plutôt que de questionner les gens qui se cachent derrière. Les femmes doivent protéger leur pudeur pour ne pas exciter les hommes; ce sont donc les hommes auxquels il faut s'intéresser et questionner quant à leur capacité de se contrôler... Dans le débat de l'hypersexualité des filles comme du port de la burka, ce sont les messagères d'une société ou de l'autre. Comment réagirait-on si des hommes portaient la burka ou le g-string apparent par solidarité, ou pour démontrer l'absurdité de telles pratiques?

    Par ailleurs, pourquoi n'a-t-on jamais de témoignages ou de réflexions des religieuses québécoises à ce sujet? Le plus grand nombre ne portent plus le voile, mais elles ont certainement une réflexion très intéressante à faire là-dessus, entre autres parce qu'il s'agit d'un geste lié au religieux mélangé au politique?

  • Jean Francois Bissonnette
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 13h20
    Pas des autruches
    Je trouve pour le moins réductrice votre caricature des "élites" "relativistes" et "multiculturalistes". La valorisation de la différence culturelle n'implique pas forcément d'etre aveugle aux difficultés. Oui, les rares fois où il m'est arrivé de voir une femme portant le niqab, j'en fus un peu troublé. Mais avant de juger, j'essaie de comprendre pourquoi je ressens un tel trouble, s'il est justifié. C'est une question d'attitude, d'éthique.
    Par ailleurs, je ne peux m'empecher d'etre inquiet à l'idée de mesures radicales comme l'interdiction. Cette prudence, elle s'impose par la conscience des limites de nos propres valeurs. Les pays occidentaux sont fondés sur le primat de la liberté, y compris la liberté de conscience et de religion. Que certains intégristes cherchent à tester ces limites, c'est sans doute vrai. Mais nous, jusqu'où irons-nous dans la répudiation de nos principes fondateurs, cela à cause d'une pratique culturelle que nous jugeons sans comprendre?

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 18h49
    toc toc toc ... Elles sont folles ces féministes !
    Alors, si je les comprend bien, nos religieuses d'avant 1960 étaient des féministes libératrices !

  • gaetanfo
    Abonné
    vendredi 29 janvier 2010 20h05
    Multiculturalisme ?
    Il échappe à Monsieur Rioux que l'on peut être pour le port libre
    du voile ou du maillot de bain, au nom de la liberté plutôt
    que des «accomodements raisonnables». Avec toutes les
    restrictions qu'exige l'ordre public. Mais quant à`choisir entre
    le voile des religieuses et celui des musulmanes...

  • Mohamed Lotfi
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 22h56
    Le voile est politique..
    Le voile est politique, il souffrent de deux aveuglements.

    L'aveuglement de celles qui le portent en croyant que la religion est la seule raison qui justifie le port du voile.
    L'aveuglement de ceux qui le dénoncent dans certains pays occidentaux sans reconnaître leur part de responsabilité dans l'émergence du phénomène puisque le voile comme symbole politique est née aussi d'un rapport de force dominant dominé nord-sud..

    ''Le voile islamique n'est pas uniquement le symbole d'une appartenance religieuse. Il est aussi l'expression politique d'une déception. Il y a 30 ans, dans certains pays, le voile islamique n'existait pas. Les femmes ne se sentaient pas moins bonnes musulmanes que les musulmanes voilées d'aujourd'hui. Elles étaient modernes et aspiraient à plus de droits. Elles espéraient retrouver leur liberté dans la démocratie. Mais la démocratie n'a jamais vraiment été au rendez-vous. Avec la complicité tacite des grandes démocraties, on a tué dans l'œuf tout élan démocratique des pays nouvellement indépendants, guerre froide oblige...

    Sans démocratie, il n'y a pas de véritable justice, et sans justice, il n'y a pas de véritable paix sociale. Devant cette impasse, dans plusieurs pays musulmans, le repli sur soi est devenu le seul recours de milliers d'hommes et de femmes. La religion, lieu de toutes les espérances, a pris une place d'une ampleur égale au vide qui sépare les riches devenus plus riches et les pauvres devenus plus pauvres, créant ainsi des situations socioéconomiques désastreuses. L'immigration est devenue une solution de survie non seulement pour fuir la misère mais aussi pour réaliser le rêve de liberté. Néanmoins, certains immigrants arrivent avec les traces d'amertume d'un certain passé. Voilà pourquoi les pays du Nord n'ont pas échappé au phénomène islamique. Nous sommes au stade où le repli sur soi des uns provoque le repli sur soi des autres.''

    http://www.ledevoir.com/non-classe/140775/lettre-a

    ''Je reproche aux femmes dites modernes et libérées de ne pas réagir et de ne pas faire entendre leur voix au delà des conversations de salon. Comme si les images des manifestations mondiales du 17 janvier 2004 nous parvenaient d'une autre planète. Il y a, dans le fruit que le féminisme a apporté à des millions de femmes occidentales, une part de confort et de quiétude qui m'inquiète.''

    http://www.ledevoir.com/non-classe/48224/agora-dev

  • André/Andrés 71
    Inscrit
    vendredi 29 janvier 2010 23h14
    Question de principe
    Ce que les gens (civils, religieux, législateurs) devraient se demander avant de juger, absoudre et/ou condamner:

    "Que se passerait-il si tout le monde sans exception agissait de la même façon ?"

    Poser la question, c'est y répondre... TOUT LE MONDE SE CAMOUFLE SOUS LA BURKA... = Un peuple de fantômes ambulants, d'excisées ou de castrés, de voyeurs invisibles, etc.

    Le joyeux retraité de Mazatlán
    La Perle du Pacifique

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    samedi 30 janvier 2010 01h32
    L' authenticité SVP!
    « Ce n'est pas celui que portaient encore les grands-mères des villages de la province tunisienne ou marocaine. »

    Un article qui se base sur des affirmations loin de la réalité de la société maghrébine me pose toujours un grand problème.

    Les femmes au Maghreb couvraient tout le corps de la tête jusqu’aux pieds avec un grand tissu par tradition. le foulard est plus petit et plus pratique.

    Nous attendons avec impatience la charte et les lois et nous n’avons pas de problème à respecter la volonté et la décision du peuple. Reste que ce peuple doit avoir la volonté de respecter notre besoin de travailler dans les institutions publiques selon nos compétences et de ne pas nous pousser à nous ghettoïser. Êtes vous prêt M. Rioux à défendre et à écrire pour nous soutenir et pour réclamer plus d’équité?

  • Daniel CUHM
    Inscrit
    samedi 30 janvier 2010 14h29
    à peine agressée, déjà récupérée...
    Il y a quand même un problème avec cet article c'est que Rayna, interviewée par la presse suite à son agression sur ce qu'elle pensait de l'éventualité d'une loi interdisant le port du voile intégral dans la rue, elle a qualifié cette idée de... ridicule (sic) ! Elle a déclaré : « Je suis athée, de culture musulmane et contre tout signe religieux. Quand je suis arrivée en France, j’étais outrée par le nombre de femmes voilées. Mais on comprend vite le fond des choses avec ces poulaillers des cités… ». « de plus en plus de jeunes partent en Europe rasés et reviennent barbus. Forcément, ils viennent dans un pays qui prône l’égalité et la fraternité et se rendent comptent qu’ils ne sont, finalement, que des « arabes » »

  • Normande Poirier
    Inscrite
    samedi 30 janvier 2010 16h02
    Voile musulman au Québec
    Bravo M. Christian Rioux pour vos chroniques sur le débat entourant la question du voile au Québec et la question de la burqa en France, et plus particulièrement pour votre texte incisif du 29 janvier. Féministe de la première heure, je ne comprends pas la position de Québec Solidaire. Mme Françoise David a fait reconnaître que le fait d'interdire le voile dans les services publics aurait comme conséquence d'écarter les mulsulmanes du monde du travail et de constituer un obstacle à leur intégration dans la société québécoise. Je ne partage pas cette vision des choses que je trouve contraire aux objectifs de la laïcité qui suggèrent de bannir tout symbole religieux des services publics, en passant par le signe de croix, le crucifix et le Notre-Père. Je ne pense pas que les femmes musulmanes doivent être l'objet d'une exception et échapper à la règle qui devra être la même pour tous. Cette supposée protection dont on souhaite les faire profiter a des relents de paternalisme.

  • Paulyne Gauvin
    Abonnée
    samedi 30 janvier 2010 19h21
    Amalgames et laïcité ouverte
    Monsieur Rioux,

    Qu’est-ce, exactement, qui vous permet de suggérer que les défenseurs de la liberté de porter le voile, et plus largement les défenseurs d’une laïcité “ouverte”, sont nécessairement des opposants à l’interdiction de la burqa? C’est de la burqa qu’il est question dans le Rapport de l’Assemblée nationale française, pas du voile. L’amalgame va-t-il de soi?

    Quelque soit la validité de l’analyse que vous faites de ces deux comportements comme étant d’origine politique, il m’apparaît une fois de plus que ce que vous visez est de disqualifier toute option pour la laïcité autre que radicale, intransigeante, idéologique, “laïciste”. Une position “éditoriale”, qui pourrait peut-être mieux s’affirmer comme tel plutôt que saisir toute occasion pour s’imposer, fût-ce à même divers amalgames.

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 30 janvier 2010 19h54
    @ monsieur Paquet
    «,,,et tolérer que des jeunes filles portent un foulard, comme bien des garçons portent tuques, casquettes et autres kippa.»

    Quelle ignorance!

    Comparer le voile islamique et une tuque, c'est comparer le colombe et le corbeau. Il n'y a aucune ressemblance possible. Le voile est un esymbole religieux de l'islam intégriste; pas la tuque, pas la casquette et surtout pas le châle que portait ma mère lorsqu'elle était jeune fille. Son châle était une tenue vestimentaire; pas le voile islamique.

    Faites une recherche et vous verrez; mais, de grâce ne faites pas des comparaisons qui ne tiennent pas la route.

    Lisez l'excellent texte de Denise Bombardier dans le journal Le Devoir d'aujourd'hui, et vous comprendrez 'immensité de votre erreur.

  • Lamy Guillaume
    Inscrit
    dimanche 31 janvier 2010 23h32
    La position de Naomi Wolf par rapport au voile
    Naomi Wolf ne dit pas que le voile est automatiquement libérateur, mais que certaines femmes qui le portent se sentent protégées du culte de la femme-objet. L'extrait qui suit explique sa position.

    Naomi Wolf :
    « Indeed, many Muslim women I spoke with did not feel at all subjugated by the chador or the headscarf. On the contrary, they felt liberated from what they experienced as the intrusive, commodifying, basely sexualising Western gaze. Many women said something like this: "When I wear Western clothes, men stare at me, objectify me, or I am always measuring myself against the standards of models in magazines, which are hard to live up to - and even harder as you get older, not to mention how tiring it can be to be on display all the time. When I wear my headscarf or chador, people relate to me as an individual, not an object; I feel respected." This may not be expressed in a traditional Western feminist set of images, but it is a recognisably Western feminist set of feelings.»

    Plus loin :
    « I do not mean to dismiss the many women leaders in the Muslim world who regard veiling as a means of controlling women. Choice is everything. But Westerners should recognize that when a woman in France or Britain chooses a veil, it is not necessarily a sign of her repression. And, more importantly, when you choose your own miniskirt and halter top - in a Western culture in which women are not so free to age, to be respected as mothers, workers or spiritual beings, and to disregard Madison Avenue - it's worth thinking in a more nuanced way about what female freedom really means.»

    L'article : 'Behind the veil lives a thriving Muslim sexuality', The Sydney Moring Herald, 30 août, 2008.
    http://tinyurl.com/4tenkv

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    mardi 2 février 2010 11h36
    Merci pour l'information venant de Naomi Wolf
    Je partage une partie de cette remarque de Naomi Wolf. La femme occidentale risque d'être davantage obsédée par le paraître que par l'être. L’homme aussi. Mais de là à affirmer que le voile permet à la femme d'être considérée comme un individu plutôt que comme un objet... OUF !

    Demeurons, de grâce, des êtres à la fois corporels et spirituels. Et sexués de surcroît. Quand j'échange avec une belle femme dont je peux voir le visage et la chevelure, je ne la considère pas davantage comme un objet, surtout quand sa conversation est à la hauteur de sa distinction extérieure. Je n'en expérimente pas moins une certaine attirance qui met du piquant dans l'échange d'idées. Devrais-je renier mes pulsions pour être certain de la respecter comme être humain ? Voyons donc ! Nous sommes heureusement, au Québec, sortis du puritanisme anglo-saxon, ainsi que du jansénisme français. Nous n'allons pas nous laisser de nouveau laver le cerveau avec des considérations qui peuvent sembler profondes parce qu'elles nient l'évidence : un habillement qui met habilement en valeur le corps féminin n'a rien de dévaluant pour la femme qui le porte, même si certains hommes la regardent avec une certaine concupiscence respectueuse. Où est le mal, grands dieux !

    On sert trop souvent l'argument du vieillissement de la femme. Et l'homme, lui, il ne vieillirait pas ? J'ai des amies dans les «nonantes», comme disent nos amis Belges. Celles qui savent agencer harmonieusement leur habillement demeurent aguichantes à un âge aussi avancé. Elles sont féminines et aiment le montrer. Ce serait les considérer comme des choses que de reconnaître leur art de demeurer belles ? Et même souffrante et moins bien conservée, aucune femme ne devrait avoir honte de montrer aussi bien ses formes que sa chevelure. Et que les purs esprits aillent se faire reconnaître ailleurs dans leur pureté cadenassée et surtout cadenassante (je pense aux hommes de ces femmes voilées).

    Jean-Pierre Audet

  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 2 février 2010 20h44
    M. Augustin Rehel. Vous n'êtes peut-être pas ignorant, mais vous êtes peut-être intolérant...
    Cher Monsieur, comme vous, je sais très bien que le foulard, pour certaines personnes a une connotation religieuse. Le Kippa, la même chose.

    Mais ce qui me surprend au plus haut point, c'est que quelqu'un comme vous, qui se permet de traiter les autres d'ignorants se permette d'interdire à des jeunes gens ou à des jeunes filles de porter foulards, kippa, tuques ou casquettes pour la simple raison qu'ils symbolisent quelque chose pour certains et rien pour les autres.

    Dites-moi. Qu'est-ce qui vous dérange qu'un jeune homme porte le kippa ou qu'une jeune fille porte un foulard? Ne seriez vous pas un peu intolérant?

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 10h12
    Votre comparaison
    Je répète qu'il est vraiment ignorant de comparer le voile islamique avec des tuques et des casquettes.

    Qu'est-ce qu'il y a d'intolérant à vouloir protéger le caractère identitaire de sa nation? Suis-je le seul?

    Je sais aussi qu'il y a des Québécois comme vous qui n'avez pas cette fierté à défendre les vôtres, mais c'est votre problème.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 08h57
    Fini les discussions
    Tout a été dit sur la religion islamique et autres religions dont les adeptes requièrent des accommodements. Tolérence zéro sur toute demande d'accomodements. Qu'ils fassent leurs dévotions dans leur lieu de culte et à la maison. De plus, fini les exemptions d'impôts et de taxes. Pourquoi pensez vous qu'il y ait prolifération de religions et de sectes, c'est tout simplement parce que nos lois leur accorde des privilèges fiscaux.

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    vendredi 5 février 2010 17h03
    F i fi n i ni, FINI
    Le PET l'avait déjà dit : « Fini les folies ! ».

    Fini les exemptions d'impôts !

    Les sectes pourront moins proliférer, pour la paix des consciences.

    JPA

  • M. Julien
    Abonné
    vendredi 5 février 2010 20h45
    À quand les premiers jeux talibans au Canada?
    N’en déplaise à ceux et celles pour qui la question du port de la burqa relève du simple choix vestimentaire et pour qui ce choix se doit à tout prix d’être protégé par nos Chartes, au nom du sacro-saint principe de la liberté de conscience et de religion, ceux et celles au nombre desquels on retrouve une poignée d’intellectuels, avérés ou autoproclamés, qui ont fait des principes du multiculturalisme, de l’interculturalisme et du pluralisme à tout crin, une religion en soi, je considère que l’on fait fausse route quand on circonscrit le débat au seul aspect vestimentaire, fusse-t-il à connotation religieuse ou culturelle, car c’est de tout autre chose dont il s’agit ici.

    Il n’est pas question ici du chandail des Canadiens de Montréal, de l’accoutrement de Don Cherry ou de la ceinture fléchée du Bonhomme Carnaval. C’est d’un instrument de torture moyenâgeux digne de l’Inquisition, voire de l’ère du néolithique, dont il s’agit ici. Je reviendrai ultérieurement sur la notion de châtiment cruel et inusité, dont relève le port imposé de cette chose, tel que défini par la Cour Suprême du Canada.

    La croix gammée est au nazisme ce que la burqa est au talibanisme et à l’intégrisme religieux. Deux symboles extrêmement puissants de soumission et de domination. Et j’ai bien peur que la burqa ne soit que la pointe de l’iceberg si je me fie, entre autres considérations au nombre croissant de celles qui le portent dans nos grandes agglomérations occidentales, y compris à Montréal, Toronto et Vancouver, dont un nombre de plus en plus imposant de très jeunes filles.

    En matière d’intégrisme religieux, toutes dénominations confondues, une vigilance de tous les instants s’impose plus que jamais en ce moment, et il ne faut surtout pas se fier à nos gouvernants et aux tribunaux, encarcannés dans les Chartes jusqu’au cou, pour faire preuve de vision sur cette question. Hier encore, le Ministre Canon, bras droit de notre premier Ministre au comportement de plus en plus idéologique et antidémocratique, affirmait que la pression populaire n’y étant pas il n’y a pas lieu d’intervenir sur la question. Pas question donc d’imiter la France et d’initier un débat sur le sujet. C’est ce qu’on appelle « gouverner à la petite semaine ».

    La liberté de conscience et de religion n’est même pas en cause ici puisqu’il est admis que le Coran n’obligerait pas le port de ce scaphandre. Et même s’il l’obligeait, il ne faudrait surtout pas l’accepter pour autant.

    Les histoires d’horreur liées à l’intégrisme et à l’extrémisme religieux ne datent pas d’hier. Et elles sont légion. Les affres de l’Inquisition ont beau être choses du passé, du moins jusqu’à ce jour, celles de l’intégrisme et de l’extrémisme religieux moderne, encore là toutes dénominations confondues, sont chose courante dans les pays où règne la loi de la terreur religieuse, comme en Afghanistan par exemple. Quoi de mieux que les bonnes vieilles méthodes orthodoxes intégristes de certaines religions pour mettre à genoux tout un peuple! N’oublions pas que « les religions sont avant tout des institutions d’affaires de nature politique » (L’Allumeur de réverbère, éditions Alternativa, Zone libre) et qu’elles disposent d’un pouvoir pratiquement absolu sur leurs ouailles, du moins sur les plus soumises d’entre elles.

    Parlant de l’Afghanistan, que sommes-nous censés être allés y faire au fait? Ne sommes-nous pas censés y être allés pour promouvoir le respect des droits et libertés et la démocratie? On aura compris ici que « promouvoir » tient lieu d’euphémisme, le mot « imposer » n’étant pas de mise dans la bouche de nos représentants sur cette question, Combien de pertes humaines et monétaires à ce jour ont été consacrées à cette prétendue bonne et juste cause? Et combien d’autres à venir encore? Comment se fait-il que ces milliers de femmes encarcannés dont nous volons au secours depuis des années à des milliers de kilomètres d’ici nous arrivent en si grand nombre par la porte d’en arrière tout en conservant et perpétuant ce qu’il est convenu d’appeler leurs traditions? Mais que se passe-t-il donc? Quelque chose ne tourne pas rond dans tout cela.

    Comment expliquer que ces femmes que l’on est censé libérer de leurs entraves là-bas, ces milliers de femmes opprimées dont les tortionnaires à la solde de la dictature théocratique s’assurent d’en brûler chaque jour un certain nombre sur la place publique, histoire de donner l’exemple, soient en train de proliférer de la sorte chez nous tout en perpétuant les mêmes prétendues traditions dont on nous fait croire qu’elles veulent se départir? D’aucuns voudraient bien croire à première vue que c’est pour fuir l’enfer de l’Afghanistan, mais il semble que non justement puisque la tradition se perpétue.

    «Les graines d’un futur régime théocratique auraient-elles déjà commencé à germer sur nos propres terres »? (Une césure dans le temps, éditions Alternativa, Zone libre)

    Qui dit burqa dit madrasa et qui dit burqa et madrasa dit extrémisme religieux. Invoquera-t-on un jour les Chartes pour défendre le principe de la mise sur pied de madrasas au motif qu’il serait discriminatoire de s’y opposer au nom du sempiternel sacro-saint principe de la liberté de conscience et de religion, et pour être plus certaine encore, de la liberté d’expression?

    Combien de fatwas pèsent actuellement sur tous ces écrivains, artistes et intellectuels, au nombre desquels plusieurs femmes, dont Talisma Nasreen, tous condamnés à mort pour avoir osé contester l’ordre intégriste établi et ainsi défier la loi du Guide suprême? À quand la première fatwa sur notre territoire? À quand notre première Rayana aspergée d’essence? (À ce sujet, lire l’article de Christian Rioux dans Le Devoir du 29 janvier 2010)

    À quand le fouet ou la crucifixion pour notre premier caricaturiste à oser représenter publiquement le saint des saints?

    À quand la première bombe humaine à exploser en pleine rue ou dans le métro à l’heure de pointe?

    Combien d’excisions pratique-t-on annuellement ici même dans notre propre pays? Ne comptons pas sur nos gouvernants pour nous le faire savoir.

    A-t-on oublié qu’un procès pour crime d’honneur est actuellement en cours à Kingston en Ontario? Pour qui ne le saurait pas ou l’aurait oublié, trois personnes sont accusées d’avoir assassiné quatre femmes qui auraient contrevenu aux règles de stricte observance de leur religion machiste? Au fait, comment se fait-il que les médias ne nous parlent pas de ce procès, et encore moins nos gouvernants?

    Pour les intégristes musulmans, comme pour tous les intégristes religieux, politique et religion vont de pair, l’un ne va pas sans l’autre. Faut-il attendre le jour où ils seront démographiquement en position de contrôle avant d’agir? Rien n’est acquis en ce monde, surtout pas de nos jours! D’aucuns voudraient-ils troquer les Chartes pour la charia? Souvenons-nous qu’il s’en est fallu de peu récemment pour que l’Ontario autorise la charia. Il a fallu que les citoyens descendent dans la rue pour contraindre le gouvernement à faire marche arrière.

    Plus que jamais la vigilance s’impose. « Il ne faut pas attendre le jour où la religion nous sera imposée par la force, [...] où nos mères, nos sœurs, nos conjointes et nos filles se verront imposer en permanence le port d’un scaphandre d’acier à double coque cadenassé à double tour en remplacement de l’actuel scaphandre de bure, leur chapelet leur tenant lieu de tuba, [...] où nous serons témoins, sinon victimes, de nos premières attaques kamikazes, et où nous aurons droit à des séances hebdomadaires, voire quotidiennes, de flagellation, de crucifixion et de lapidation… » (Une césure dans le temps, éditions Alternativa, Zone libre)

    Il n’y a pas plus aveugle que celui que ne veut pas voir.

    Ceux qui ne veulent pas voir pourraient bien être témoins malgré eux, et ce plus tôt que plus tard, de la tenue ici même dans notre beau grand pays, tant convoité et prisé à travers le monde pour son ouverture et sa générosité, des premiers jeux talibans!

    On aura compris que ce n’est pas à la religion musulmane traditionnelle et modérée ni à quelque autre religion traditionnelle et modérée en particulier à laquelle je fais spécifiquement référence dans cet article mais bien à l’intégrisme et à l’extrémisme religieux.

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 6 février 2010 04h58
    Interdire à des jeunes filles de porter un foulard, pour protéger le caractère identitaire de sa nation
    M. Augustin Rehel dit qu'il faut interdire à des jeunes filles de porter un foulard, (ou un voile puisqu'il insiste pour utiliser cet amalgame) afin de protéger le caractère identitait de la nation. Caractère identitIaire, tous en conviendront, qui a été forgé par des enseignantes et des enseignants, des prédicateurs et autres confesseurs, qui portaient voiles, soutanes et autres chasubles.

    Demandons-lui ou est sa logique?

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 07h23
    L'indéfendable
    Arrêtez de défendre l'indéfendable. OK, nos prêtres,frères et soeurs catholiques ont porté la soutane pendant des siècles, mais je n'ai jamais entendu dire qu'ils aient demandé des accommodements en raison de la religion. Ce n'est pas surtout au voile qui ne recouvre que les cheveux auquel nous nous objectons, c'est aux demandes d'accommodements que ça sous-tend.

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 6 février 2010 13h52
    M.Paul Lafrance, la liste des accommodements consentis aux catholiques serait trop longue pour la dérouler ici.
    Comme accomodements, on peut se souvenir des autorisations illimités de stationner, dans la rue ou n'importe où à l'occasion de funérailles ou de mariages.

    Les reçus de charités, aux monants plus ou moins précis, pour obtenir auc catholiques de bonnes réductions d'impôts.

    Les subventions du gouvernement fédéral pour les orphelinats qui déclaraient comme des patients spychiatriques, les orphelins qu'on leur confiait.

    Des bancs, ou des places, vendues d'autant plus chers qu'ils étaient situés en avant de la nef. des ventes aux anchères, à des prix que les petites gens ne pouvaient pas s'offrir.

    Les rues fermées pendant des jours pour accommoder les procesions de la Fête dieu et bien d'autres.

    Vous pouvez en ajouter vous-même.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 11h30
    @ M.Georges Paquet
    Les questions de stationnement, ce ne sont que des accommodements temporaires, comme n'importe qui peut en demander. EX: les parades de carnaval,les courses de chiens, etc. Les reçus de charité: c'était volontaire,pas exigé. Les bancs d'église: encore volontaire, aucune obligation. C'est quand ça devient des exigences et plus est,permanentes que ça devient intolérable. Vos arguments manquent de logique.

  • Georges Paquet
    Abonné
    lundi 8 février 2010 07h25
    Il faudrait à Paul Lafrance, un bon dictionnaire...
    Pour faire la différence entre demander et exiger. On n'exigeait pas des reçus de charité, on les demandait, ou vice-versa...

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 09h01
    George Paquet
    «...qui a été forgé par des enseignantes et des enseignants, des prédicateurs et autres confesseurs, qui portaient voiles, soutanes et autres chasubles.»

    Tiens, Georges Paquet qui compare le voile islamique à la tuque québécoise qui s'en prend à ceux qui ont travaillé pour bâtir le Québec d'aujourd'hui, une société qui fait l'envie de bien des sociétés de par le monde. Mais, en bon «critiqueux» qu'il est, il ne nous dit pas ce qu'il a fait pour le Québec, et on se rend vite compte qu'il ne s'identifie pas à l'aspect identitaire de la société.

    George Paquet oublie aussi que le Québec est la propriété des Québécois et qu'ils sont en droit de demander tous les accommodements nécessaires , en autant qu'ils ne briment pas la vie des autres citoyens.

    Réfléchissez un peu avant d'écrire des sornettes.

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